(Paris) Les Bourses européennes ont fortement reculé mardi, face à une conjonction de facteurs négatifs qui pourraient peser sur les perspectives de croissance mondiale.

Agence France-Presse

Paris a perdu 2,17 %, Francfort 2,09 % et Milan 2,14 %. En comparaison, la place boursière de Londres a limité ses pertes (-0,50 %) grâce à la progression des valeurs du secteur pétrolier.

La Bourse de New York continuait d’évoluer en nette baisse. Vers 13 h 15, le Dow Jones perdait 1,59 %, le S&P 500 1,98 % et le NASDAQ 2,71 %.

Tout d’abord, « il y a cette hausse des prix de l’énergie qui crée de l’inflation, donc en répercussion les taux d’intérêt se tendent », explique à l’AFP Philippe Cohen, gérant à Kiplink Finance.

L’inflation réduit les gains liés aux obligations et provoque donc en général une hausse des taux d’intérêt.

En plus du gaz dont le prix bondit en Europe, le baril de Brent, la référence européenne de pétrole brut, a atteint mardi 80 dollars pour la première fois depuis trois ans, en raison d’une hausse de la demande alors que l’offre reste limitée.

En Chine, des coupures de courant pénalisent de nombreuses usines, ce qui pourrait avoir un impact sur toute l’économie mondiale, dépendante de l’appareil productif chinois.

« En plus, on envisage que les banques centrales ne vont pas pouvoir tenir longtemps ce statu quo de leur politique monétaire » face à une forte inflation, ajoute M. Cohen, ce qui rajoute de la tension sur les taux.

Le taux d’emprunt à dix ans des États-Unis sur le marché obligataire a en effet grimpé jusqu’à 1,56 %, son plus haut niveau depuis mi-juin.

« Paradoxalement, Jerome Powell et Christine Lagarde », les patrons des banques centrales américaine et européenne, « restent mesurés », constate M. Cohen en référence aux interventions de ces deux dirigeants mardi.

Autre source d’inquiétude, aux États-Unis, la secrétaire au Trésor Janet Yellen a prévenu que le pays aurait épuisé le 18 octobre toutes les mesures exceptionnelles pour financer le budget du pays si le plafond de la dette n’était pas relevé.

Un blocage des financements publics pourrait provoquer « des perturbations importantes sur les marchés financiers », a-t-elle ajouté.

Le secteur pétrolier monte encore

Les valeurs pétrolières ont profité encore un peu de l’envolée récente des cours du pétrole, qui se retournaient et perdaient désormais du terrain. Déjà en forte hausse la veille, TotalEnergies a pris 1,30 % à 41,60 euros après avoir annoncé son intention d’augmenter sa production de pétrole au cours de la décennie, avant de la diminuer. À Londres, BP a avancé de 1,60 % à 337 pence et Royal Dutch Shell de 2,26 % 1631 pence.

Vers 13 h 15, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre était en baisse de 0,72 % par rapport à la clôture de la veille, à 79 dollars à Londres.

À New York, le baril de WTI pour le même mois perdait 0,62 % à 74,98 dollars.

Les tech font grise mine

Les titres technologiques chutaient car une hausse rapide des taux d’intérêt rogne la future trésorerie de ces groupes et leur capacité à financer leur croissance et leurs rachats d’actions.

À New York, les actions de Facebook (-4,05 %), Amazon (-3,24 %), Apple (-2,33 %) et Alphabet, maison-mère de Google (-3,96 %) étaient toutes touchées.

À Paris, Capgemini (-5,73 %) et STMicroelectronis (-4,99 %) ont fini en queue de l’indice vedette CAC 40. Dassaut Systèmes a lâché 4,44 %.

À Francfort, le fabricant de puces électroniques Infineon a perdu 5,89 %.

Adidas touché par le confinement au Vietnam

L’équipementier sportif Adidas (-4,25 % à 266,75 euros) connait des arrêts de production au Vietnam en raison des mesures sanitaires locales liées à la COVID-19, mais cherche à « limiter les effets du confinement actuel » par exemple en délocalisant « temporairement la production vers d’autres pays », a indiqué le groupe dans un communiqué à l’AFP.

Go-Ahead écarté du sud-est de l’Angleterre

Le titre du groupe de transport britannique Go-Ahead s’est enfoncé de 24,93 % à 769,50 pence, après que le gouvernement britannique a annoncé reprendre les activités d’une de ses filiales, Southeastern, qui dessert la capitale britannique et le sud-est de l’Angleterre.

Le dollar se renforce, le bitcoin se replie

Le dollar se renforçait en raison de la forte hausse des rendements obligataires américains. L’euro cédait 0,13 % à 1,1684 dollar vers 13 h 10.

Le bitcoin lâchait 3,35 % à 41 275 dollars.