(New York et Toronto) La Bourse de New York a fini en ordre dispersé lundi, dans un marché procédant à une rotation sectorielle depuis les grandes valeurs technologiques vers des secteurs plus dépendants du redémarrage de l’économie américaine.

Agence France-Presse et La Presse Canadienne

L’indice vedette de la place new-yorkaise, le Dow Jones Industrial Average, a gagné 0,97 % à 31 802,44 points.

Le NASDAQ a en revanche chuté de 2,41 % à 12 609,16 points. L’indice à forte coloration technologique de Wall Street est entré à la clôture en zone de correction boursière, ce qui signifie qu’il a perdu plus de 10 % par rapport à son dernier record.

L’indice élargi S&P 500 a, pour sa part, abandonné 0,54 % à 3821,35 points.

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a grimpé lundi de 76,82 points pour terminer la séance avec 18 457,78 points, après avoir touché plus tôt dans la journée le sommet record de 18 595,72 points.

La Banque Royale a détrôné Shopify au sommet de la liste des sociétés les mieux évaluées de la Bourse de Toronto, alors que l’étoile du secteur des technologies pâlissait sur le parquet torontois.

Le secteur des technologies de l’information a été le plus à la traîne de la journée, alors que les rendements obligataires ont continué d’augmenter.

Le rendement des obligations canadiennes de 10 ans a atteint un sommet de 1,538 %, tandis que celui des bons du Trésor américain de 10 ans a atteint 1,61 %.

« Les taux augmentent pour les bonnes raisons », a estimé Angelo Kourkafas, stratège en investissement pour la firme Edward Jones.

Ces hausses sont les signes d’une forte reprise économique qui a marqué un repositionnement sur les marchés boursiers loin des valeurs de croissance comme la technologie, qui ont ouvert la voie pendant la récession.

Contrairement à la correction des titres technos de 2000, cependant, les entreprises technologiques d’aujourd’hui contiennent de grandes entreprises rentables. Les taux d’intérêt ont été augmentés à l’époque pour refroidir un environnement surchauffé, mais les taux actuels restent très bas.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 78,99 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 78,94 cents US de vendredi.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a perdu 1,04 $ US à 65,05 $ US le baril, tandis que celui de l’or a effacé 20,50 $ US à 1678,00 $ US l’once. Le prix du cuivre a quant à lui grimpé de 1,75 cent US à 4,09 $ US la livre.

Espoir d’un redémarrage

Concernant les résultats à New York, « il s’agit très clairement d’une rotation, car l’on voit les matières premières, les valeurs industrielles, l’énergie bien se porter alors que la tech et les services de communication sont frappés le plus lourdement », explique Art Hogan de National Securities.

Ces fortunes diverses s’expliquent en grande partie par les espoirs autour d’un redémarrage de l’économie américaine, qui profiterait d’avantage aux secteurs les plus frappés par la pandémie aux dépens des géants de la tech, qui ont beaucoup bénéficié de l’économie du confinement.

Les acteurs du marché ont d’autant plus de raisons d’anticiper une reprise que le plan de relance de Joe Biden de 1900 milliards de dollars, validé le week-end dernier par le Sénat, devrait être adopté mardi par la Chambre des représentants avant sa promulgation par le président américain.

Les progrès de la campagne de vaccination aux États-Unis laissent également présager d’une forte croissance courant 2021.

Mais ces prévisions renforcent aussi les craintes d’une surchauffe de l’économie et d’une inflation difficile à maîtriser.

Cela a conduit depuis le début de l’année à un vaste mouvement de vente des bons du Trésor américain et, par conséquent, à une hausse de leur rendement. Le taux obligataire à 10 ans s’établissait aux alentours de 1,60 % lundi après-midi.

Parmi les valeurs du jour, GameStop, valeur très appréciée des boursicoteurs, s’est envolé de plus de 41 %. La chaîne de magasins de jeux vidéo, à l’origine d’une fièvre spéculative à Wall Street fin janvier, a annoncé que l’actionnaire activiste Ryan Cohen allait diriger un comité au sein du conseil d’administration chargé d’accélérer la transformation digitale de l’entreprise.

General Electric est monté de 4,2 %. Selon le Wall Street Journal, le conglomérat américain serait sur le point de céder son activité de location d’avions à l’irlandais AerCap Holdings (+13,3 %), l’un des plus gros noms du secteur, pour plus de 30 milliards de dollars.

Disney a pris 6,3 %, profitant de la réouverture en capacité réduite de ses parcs d’attractions en Californie à compter du 1er avril, près d’un an après leur fermeture provoquée par la pandémie.

La société américaine d’investissement Apollo Global Management a baissé de 4,2 % après l’annonce du rachat du groupe Athene (+6 %), spécialisé dans l’épargne-retraite, dans une transaction valorisant Athene à 11 milliards de dollars.

Dans un autre dossier, une source proche a affirmé à l’AFP, à la suite d’informations de presse, qu’Apollo négociait le rachat des actifs les plus rentables du groupe britannique en pleine déroute Greensill, spécialisé dans les financements de court terme pour les entreprises.