(New York) Les Bourses européennes ont nettement progressé lundi tandis que Wall Street a fortement rebondi, enthousiasmées par une décrue des taux d’intérêt sur les dettes publiques après plusieurs séances sous tension la semaine dernière.

Agence France-Presse

À la clôture en Europe, Paris avançait de 1,57 %, Londres de 1,62 %, Francfort de 1,64 % et Milan de 1,82 %.

Wall Street a été encore plus euphorique : à la clôture, l’indice Dow Jones a gagné 1,95 % et le NASDAQ 3,01 %, sa plus forte hausse en une séance depuis le 4 novembre. Le S&P 500 a avancé de 2,34 %, sa plus forte progression depuis le 5 juin.

« Le rebond (des marchés d’actions) est attribuable à la détente sur les taux », commente auprès de l’AFP Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France.

Le recul des taux obligataires à dix ans a été généralisé en zone euro lundi : -0,10 % pour la France, -0,34 % pour l’Allemagne, 0,66 % pour l’Italie et 0,32 % pour l’Espagne.

À l’origine de cette détente, la baisse du taux américain à dix ans, particulièrement observé par les investisseurs dans le monde. Il évoluait lundi à 1,43 % après avoir franchi le seuil de 1,50 % en fin de semaine dernière.

La montée des taux depuis début février fait craindre un vent de panique lié à la remontée anticipée de l’inflation en provenance des États-Unis.

Dans le même temps lundi, l’espoir que l’administration Biden approuve bientôt le plan de soutien de 1900 milliards de dollars a contribué à la bonne humeur, tout comme l’optimisme autour du déploiement des vaccins.

Les investisseurs misent sur une reprise rapide de l’économie américaine. Indice supplémentaire que cet espoir a des bases solides, l’activité du secteur manufacturier a progressé plus que prévu en février grâce à une hausse de la demande.

L’activité manufacturière en Chine a connu lors du même mois son plus faible rythme de croissance en neuf mois, pénalisée par les conséquences de la COVID-19, mais en France elle a atteint son plus haut niveau depuis janvier 2018, selon le cabinet IHS Markit.

Plus tôt dans la matinée lundi, l’indice Nikkei à Tokyo avait repris 2,41 %, la Bourse de Hong Kong (indice Hang Seng) avancé de 1,63 % et celle de Shanghai de 1,21 %.  

Paris sur la réouverture de l’économie

Les entreprises des secteurs pouvant profiter d’une réouverture de l’économie ont été plébiscitées lundi.

Le secteur aérien a survolé les échanges, à l’image de Lufthansa (+3,05 % à 12,66 euros), Airbus (+4,97 % à 100,68 euros), IAG (+6,95 % à 205,30 pence, en tête de l’indice FTSE 100) ou encore le fabricant allemand d’éléments de moteurs d’avions MTU Aero Engines (+6,04 % à 208,90 euros).  

À Wall Street, Boeing a engrangé 5,84 % après avoir reçu une commande de 25 appareils 737 MAX par United Airlines.

Les matières premières bien orientées

À Londres, les valeurs liées aux matières premières ont grimpé en raison de l’espoir de reprise économique grâce aux vaccins. Le géant pétrolier BP a pris 1,99 % à 297,55 pence et le groupe minier Anglo American 4,53 % à 2898,00 pence.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, a perdu 1,13 % à 63,69 dollars alors que les investisseurs se positionnaient avant la réunion de l’OPEP+ mercredi et jeudi.

Dans le même temps, le baril américain de WTI pour avril a reculé de 1,40 % à 60,64 dollars.

À Paris, ArcelorMittal a avancé de 3,39 % à 20,02 euros.

L’automobile progresse

À Francfort, Daimler a pris 0,54 % à 66,61 euros, BMW 0,84 % à 72,10 euros tandis que Volkswagen est monté de 1,62 % à 175,82 euros.

À Paris, Renault a pris 1,37 % à 37,64 euros et Stellantis 3,52 % à 13,90 euros. Le premier a vu ses ventes de voitures reculer de 22 % en février sur un an en France, avec une forte baisse de la marque Renault (-35 %) mais une très bonne performance de Dacia (+26 %). Peugeot (groupe Stellantis) est quant à lui resté en tête des ventes, même si elles ont baissé de 17 %.

Du côté des devises et du bitcoin

Vers 20 h 15 GMT, l’euro reculait de 0,25 % face au dollar, à 1,2045 dollar tandis que la livre lâchait 0,05 % à 1,3926 dollar.  

Après être monté de 8 % en journée, le bitcoin abandonnait 0,32 % à 48 705 dollars.