(New York) Les Bourses européennes ont retrouvé de l’appétit pour le risque jeudi, rebondissant avec Wall Street, encouragées par une bonne surprise du côté du chômage, mais le marché restait nerveux en raison de complications dans les campagnes de vaccination.

Agence France-Presse

Après une grande partie de la journée en berne, les places européennes ont réussi à inverser la vapeur de façon spectaculaire : Paris a pris +0,93 % et Francfort s’est hissé à +0,33 %, après être descendues bien bas en première partie de séance. Milan a rebondi de 1,10 %. Londres était en revanche la seule grande place à reculer : -0,63 %.

Wall Street est repartie de l’avant après avoir fortement baissé la veille, secouée par des agitations spéculatives et une réunion de la Fed : le Dow Jones a gagné 0,99 %, le NASDAQ 0,50 %.

« La tendance sur les actions s’est améliorée après que les inquiétudes liées aux fonds spéculatifs se sont dissipées », a commenté David Madden, analyste pour CMC Markets.  

« Il y a eu des annonces selon lesquelles certaines plateformes de trading ayant facilité la bataille d’investisseurs particuliers avec certains fonds spéculatifs ont imposé des restrictions sur certaines actions, ce qui a aidé à faire tomber les craintes », détaille-t-il.

Des courtiers en ligne américains ont limité les échanges des actions GameStop et AMC notamment sur leurs plateformes, en raison de l’extrême volatilité autour de ces titres qui font l’objet d’une bataille boursière entre fonds d’investissements et petits actionnaires s’organisant via des réseaux sociaux.

La Banque centrale américaine (Fed) a clairement indiqué mercredi qu’elle maintiendrait sa politique monétaire accommodante. Mais elle a diagnostiqué un « affaiblissement » de l’activité de l’emploi ces derniers mois et un « long chemin avant une pleine reprise économique ».

Ce que confirment les chiffres du jour : l’économie américaine a connu en 2020 sa pire année depuis la Seconde Guerre mondiale, le PIB s’étant contracté de 3,5 % par rapport à 2019.

Mais les investisseurs ont été rassurés par les inscriptions au chômage, qui ont reculé plus qu’anticipé à 847 000 la semaine dernière.

Sur le front du vaccin, le bras de fer entre le laboratoire britannique AstraZeneca et Bruxelles se poursuit, la Commission européenne ayant demandé une inspection dans une usine en Belgique.  

La chancelière allemande Angela Merkel a convoqué pour lundi une réunion des autorités allemandes et des fabricants de vaccins, au moment où les tensions sur la distribution des doses ne cessent d’enfler.

Les cours du pétrole se sont repliés, le cours du baril de pétrole WTI à New York pour livraison en mars cédant 1 % à 52,34 dollars, et le baril de Brent à Londres pour la même livraison 0,50 % à 55,53 dollars. Le dollar perdait 0,21 % pour sa part face à l’euro vers 20 h GMT.

L’aérien se reprend

Parmi les valeurs en vue en Europe jeudi, l’aérien s’est repris après un trou d’air matinal. Le transporteur aérien britannique EasyJet a grimpé (+4,48 % à 746,00 pence) après avoir eu du mal en début de séance dans la foulée de la publication d’un effondrement de son chiffre d’affaires fin 2020 et de capacité minimale pour le trimestre en cours.

Air France-KLM a gagné 3,18 % à 5,02 euros et Aéroports de Paris 2,22 % à 98,80 euros.  

Lufthansa a grimpé de 6,28 % à 10,91 euros.

American Airlines, objet de spéculation, a grimpé de 9,30 % à 18,10 dollars malgré une perte annuelle de 9 milliards de dollars.

AstraZeneca dans la tourmente

AstraZeneca a été pénalisé (-1,67 % à 7649,00 pence) sur fond d’interrogations sur l’efficacité de son vaccin chez les personnes âgées, et alors qu’il subit les foudres de l’UE pour des retards de livraisons.

Commerzbank restructure

La deuxième banque allemande (+6,24 % à 5,75 euros, au MDax) a annoncé jeudi un projet de restructuration visant à faire 1,4 milliard d’euros d’économies d’ici 2024, en supprimant 10 000 emplois équivalent temps plein et en fermant 40 % de ses filiales allemandes.