Chaque dimanche, nous braquons les projecteurs sur des éléments de l’actualité financière et boursière qui peuvent être utiles à l’investisseur, mais qui pourraient être passés sous le radar

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

Les évaluations élevées dans certains secteurs font craindre tôt ou tard un « moment de vérité ».

C’est ce qu’affirment cette semaine les experts du Groupe Ouellet Bolduc, affilié à Desjardins, dans une communication à leurs clients.

« La remontée boursière fulgurante a entraîné une bulle, notamment dans le secteur du logiciel infonuagique et des véhicules électriques/énergies vertes, mais aussi d’autres secteurs qui ont une aura de nouveauté », souligne de son côté le gestionnaire de portefeuille Stéphane Préfontaine.

Dans sa lettre financière publiée cette semaine, le président de Préfontaine Capital admet que la transformation vers une économie plus propre, numérique, dématérialisée et automatisée est une réalité incontestable.

« L’idée de départ est donc bonne. Le problème, comme en 1997-2000 avec les dotcoms, est que cette bonne idée fait l’objet d’une enflure graduelle où, arrivés à un certain point, les investisseurs ne considèrent plus le prix payé et sont motivés par la peur du regret de ne pas participer à la hausse, par la dopamine sécrétée lors d’un investissement et par la tendance à n’écouter que ce que l’on espère être vrai », précise-t-il.

« Bien qu’il soit vrai que certains secteurs croîtront plus rapidement et que l’innovation sera le moteur du redressement économique, cela ne veut pas dire que nous pouvons facilement identifier les entreprises qui gagneront la féroce concurrence dans ces secteurs et que la croissance parfois fulgurante des premières années de certaines entreprises se poursuivra suffisamment longuement pour justifier leurs valeurs actuelles en Bourse. »

Stéphane Préfontaine termine en rappelant que les bulles peuvent durer longtemps, « ce qui vient tester nos convictions et notre patience, car nous aurons l’air fou pendant toutes les années où nous jugerons les prix détachés de la réalité ».

« Les augmentations de prix se nourrissant elles-mêmes, leur rythme d’amplification s’accentue et provoque une tentation irrésistible. Jusqu’au jour où la réalité rattrapera les prix exagérés, et la chute se passera alors très violemment, à un moment imprévisible. »

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MTY donne des maux de tête à ses actionnaires depuis le début de la pandémie. Dans sa lettre financière présentée cette semaine, Medici revient sur son investissement dans l’entreprise montréalaise en signalant que les franchisés se sont avérés plus résilients que prévu à ce jour et que la direction « ne cesse d’impressionner » par sa faculté à contrôler les coûts.

« Les résultats dégagés dans le contexte nous ont agréablement surpris. Papa Murphy’s et Cold Stone, les deux plus importantes enseignes de MTY, ont profité de la crise plus qu’elles n’en ont souffert », peut-on lire.

« Papa Murphy’s, qui vend de la pizza prête à cuire, est le concept par excellence pour une pandémie. Cold Stone, qui vend de la crème glacée, plaît aux familles qui cherchent une sortie à l’extérieur durant une journée de confinement. »

Croyez-le ou non, écrit Medici, depuis le début de 2020, le taux de perte de franchisés est légèrement sous la moyenne annuelle historique. « MTY utilise présentement ses bénéfices pour réduire sa dette. Un retour à la normale lui permettrait de poursuivre à nouveau des acquisitions d’envergure, ce qui aurait des effets fort bénéfiques sur son cours boursier. »

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« Bien que nous ayons généralement eu un biais favorable pour les entreprises technologiques en forte croissance qui se [négocient] à un prix raisonnable, il devient plus difficile de trouver ces opportunités », dit Martin Lalonde, de la firme Rivemont, dans sa lettre financière publiée cette semaine. « Nous nous tournons vers des critères qui s’apparentent davantage à l’investissement valeur. Ces opportunités se trouvent souvent dans des secteurs ayant une croissance plus modérée ou qui ne bénéficient pas d’un narratif intéressant qui attire l’attention (comme c’est le cas pour les véhicules électriques, l’alimentation à base de plantes ou les énergies renouvelables). Les opportunités de type valeur présentent généralement une excellente protection de risque baissier tout en ayant le potentiel de générer une croissance modérée. »

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Le fournisseur montréalais de solutions de traitement vidéo et de mise en réseau en temps réel Haivision dévoilera jeudi ses premiers résultats trimestriels depuis son entrée en Bourse en décembre. Robert Young, chez Canaccord, est devenu cette semaine le premier analyste à couvrir Haivision. Il suggère l’achat de l’action.

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« Les propriétaires de Haivision n’ont pas ouvert le capital de l’entreprise [le mois dernier] pour tirer parti des évaluations élevées. Au lieu de vendre des actions, ils en ont acheté davantage », écrit le gestionnaire de portefeuille montréalais Philippe Hynes, de Tonus Capital, dans sa lettre financière publiée la semaine dernière.

« Le prix de l’action a été initialement fixé à un multiple raisonnable de 10 fois le BAIIA. Nous étions déjà prêts à investir, mais nous avons obtenu une prime inattendue lorsque le marché a manqué le bateau. Vu la faible demande, les banquiers ont baissé le prix initial à 6 $, nous procurant ainsi un escompte additionnel de 11 %. Nous avons donc accru notre ordre d’achat. Dès le troisième jour de négociation, le titre avait doublé ; un gain considérable qui découle d’une certaine inefficacité du marché qui touche occasionnellement les petites capitalisations. »

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Cascades vient de s’attirer un admirateur de plus. BMO a lancé jeudi sa couverture de la papetière de Kingsey Falls en recommandant l’achat du titre. Mark Wilde soutient que Cascades a procédé à une série de « changements impressionnants » depuis 10 ans. Il souligne notamment l’amélioration des marges et le désendettement, et croit l’évaluation attrayante par rapport aux comparables.

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Canaccord a retiré en début de semaine sa recommandation d’achat sur H2O Innovation. Yuri Lynk aime bien le spécialiste québécois des systèmes de traitement des eaux, mais préfère jouer de prudence après l’« énorme » poussée du titre jusqu’ici en janvier. Après avoir commencé l’année à 2 $, l’action a dépassé les 3,30 $ dans les derniers jours. Qu’est-ce qui a changé ? Uniquement le prix de l’action, dit l’analyste. « La direction a publié deux communiqués positifs en janvier, mais aucun ne me fait ajuster mes calculs. »

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Il ne faut pas craindre une pression sur la valeur de l’action de Cogeco et de sa principale filiale si Rogers Communications vend sa participation, selon Jeff Fan, de la Scotia. Dans une note publiée cette semaine, il dit croire que Cogeco Communications a la capacité de racheter une portion substantielle du bloc d’actions détenu par Rogers, possiblement avec l’aide d’un partenaire financier. « De ce fait, dit-il, je ne m’attends pas à ce que Rogers vende ses actions de Cogeco directement sur le marché. »

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Les titres québécois de Savaria, Haivision, 5N Plus, BRP, Stingray, mdf commerce, Champion et Tecsys ont tous touché cette semaine un sommet des 52 dernières semaines en Bourse.