(New York) La Bourse de New York a ignoré les mauvais chiffres de l’emploi américain et clôturé vendredi sur des records une première semaine 2021 riche en évènements et promesses politiques.

Virginie MONTET
Agence France-Presse

Selon des résultats définitifs, l’indice des valeurs vedettes Dow Jones a gagné 0,18 % à 31 097,97 points, un nouveau record après celui de la veille.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a grimpé de 1,03 % à 13 201,98 points, un nouveau sommet. L’indice élargi S&P 500, gagnant 0,55 %, a aussi affiché un plus haut niveau.

Sur la semaine, les indices ont avancé de 1,61 % pour le DJIA, de 2,43 % pour le NASDAQ et de 1,82 % pour le S&P 500.

À Toronto, la Bourse a mis fin vendredi à une solide première semaine pour 2021 en établissant un nouveau record, tout comme les principaux marchés américains, qui ont avancé eux aussi.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a grimpé de 14,50 points à 8042,07 points, terminant ainsi la séance environ 16 points en deçà du sommet record atteint plus tôt dans la journée.

Sur l’ensemble de la semaine, l’indice phare a grimpé de 3,5 %, ce qui pourrait être de bon augure pour l’année qui commence.

« La clarté sur le front politique a maintenu une tendance positive » sur le marché « malgré les violences inquiétantes au Capitole plus tôt dans la semaine », ont estimé les analystes de Schwab.

Mercredi, l’élection du démocrate Joe Biden a été validée par le Congrès désormais entièrement contrôlé par son parti après une double élection sénatoriale en Géorgie. Mais une foule de partisans pro-Trump ont créé un choc en envahissant violemment le Congrès, des incidents qui ont fait cinq morts.

Au cours d’une séance volatile en matinée vendredi, Wall Street a digéré la baisse inattendue des emplois aux États-Unis pour décembre.

L’économie américaine a perdu des emplois le mois dernier pour la première fois depuis avril, touchée de plein fouet par la recrudescence des cas de COVID-19 et les mesures de restriction de l’activité.

En décembre, 140 000 emplois ont été perdus, bien pire que ce à quoi s’attendaient les analystes qui tablaient sur 112 000 emplois créés. Le taux de chômage est, lui, resté stable par rapport à novembre, à 6,7 % conformément aux attentes, avec 10,7 millions de chômeurs.

« Ce rapport sur l’emploi pour décembre a déçu, mais cela renforce probablement les attentes de nouvelles mesures de relance budgétaire de la part de la nouvelle administration », a-t-on réagi chez Schwab.

Nouveau paquet d’aide à l’horizon

D’autant plus que le président désigné Joe Biden a annoncé dans l’après-midi qu’il poserait dès la semaine prochaine « les bases du prochain paquet d’aide économique ».

« Des dizaines de milliards de dollars » sont nécessaires pour permettre aux autorités locales et nationales de maintenir l’emploi, a affirmé le démocrate, qui présentait les derniers membres clés de son équipe économique depuis son fief de Wilmington dans le Delaware.

L’optimisme du marché à moyen terme était partagé par plusieurs économistes.  

« Les chiffres bien sombres de l’emploi constituent une mauvaise donne pour 2021, mais la reprise du marché du travail devrait se renforcer au printemps et en été avec les vaccinations qui vont améliorer progressivement la situation sanitaire », a assuré Lydia Boussour, économiste pour Oxford Economics. Elle prévoit que l’économie recrée 6 millions d’emplois d’ici l’été.

Du côté des actions, Boeing a lâché 1,32 % après avoir été mis à l’amende pour 2,5 milliards de dollars pour avoir trompé les autorités lors du processus d’approbation du 737 MAX.

Le titre de la compagnie américaine de télécommunications Acacia Communications grimpait de 9,87 % après avoir renoncé à sa fusion avec Cisco (+0,22 %).

Mais la vedette du marché a été encore l’action Tesla, qui après avoir passé pour la première fois la barre des 800 dollars l’unité jeudi, s’est approchée dès le lendemain du seuil des 900 dollars : le titre du constructeur de voitures électriques haut de gamme a terminé à 880,02 dollars, alignant sa onzième hausse d’affilée (+7,84 %).  

Cette trajectoire exponentielle a hissé jeudi son patron Elon Musk au rang de l’homme le plus riche du monde, devant Jeff Bezos. La capitalisation de Tesla, qui pèse désormais 834 milliards de dollars, a supplanté celle de Facebook.

Les rendements sur les bons du Trésor à 10 ans continuaient de progresser à 1,1136 % contre 1,0795 % la veille, au plus haut depuis la mi-mars alors que le billet vert a repris de la vigueur.

– Avec La Presse Canadienne