(New York et Toronto) La Bourse de New York a fini dans le rouge mardi, accélérant ses pertes en fin de séance, dans un marché sur ses gardes alors que l’activité économique redémarre progressivement dans les États fédérés américains.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a reculé de 1,89 % à 23 764,78 points.

Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a cédé 2,06 % à 9002,55 points.

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a perdu 2,05 % à 2870,12 points.

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a reculé de 222,06 points pour clôturer la séance à 14 881,16 points.

Dix des onze secteurs du parquet torontois ont retraité mardi, celui de l’immobilier en tête avec un recul de 3,36 %. Les groupes des services aux collectivités, de la consommation discrétionnaire et de la finance ont respectivement perdu 2,24 %, 2,17 % et 2,01 %.

Le secteur de l’énergie est le seul à avoir progressé, affichant un gain de 1,18 %.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 71,35 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 71,37 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a avancé de 1,25 $ US à 26,33 $ US le baril, tandis que celui de l’or a pris 8,80 $ US à 1706,80 $ US l’once. Le prix du cuivre a reculé de 2,1 cents US pour clôturer près de 2,36 $ US la livre.

Selon Maris Ogg de Tower Bridge Advisors, la place new-yorkaise a été confrontée mardi « au sentiment d’épuisement des acheteurs et aux interrogations des investisseurs sur les valeurs boursières. »

Depuis des plus bas sur l’année touchés fin mars, les grands indices de Wall Street sont en effet nettement remontés, alors même que l’économie américaine continue de subir les conséquences désastreuses du ralentissement lié au nouveau coronavirus.

Nouvel indicateur de l’impact de la pandémie, les prix à la consommation ont reculé de 0,8 % en avril comparés à ceux enregistrés en mars aux États-Unis.  

Il s’agit de la plus forte baisse mensuelle depuis décembre 2008, selon l’indice CPI publié mardi par le département du Travail.

Par ailleurs, l’immunologiste Anthony Fauci, figure centrale de la cellule de crise de la Maison-Blanche sur le coronavirus, a mis en garde mardi contre les conséquences « très graves » d’un redémarrage de l’économie trop rapide, pourtant encouragé par Donald Trump.

Il a d’autre part averti que le bilan aux États-Unis, pays le plus touché par la pandémie, était « probablement plus élevé » que les plus de 80 000 morts officiels

Le témoignage de M. Fauci devant des élus américains « n’a sans doute pas aidé », note Mme Ogg, « même si les professionnels du secteur de la santé ont l’habitude d’être très prudents et de s’attendre au pire. »

Uber gourmand

Pour l’experte, une série de développements positifs sur les fronts sanitaire et économique est nécessaire pour espérer un deuxième rebond du marché actions.

« Il devra s’agir soit d’une avancée vers un traitement ou un vaccin, soit d’une chute rapide du taux de nouvelles contaminations, soit d’un net redémarrage de l’économie des États qui ont entamé le déconfinement »,  

Parmi les valeurs du jour, les compagnies aériennes américaines ont été à la peine, lestées par des propos du patron de Boeing (-2,86 %), qui a jugé « fort probable » que l’une d’entre elles ne doive cesser ses activités en raison du choc économique provoqué par le coronavirus.

American Airlines a perdu 4,46 %, Delta Air lines 4,45 %, United Air Lines 5,05 %, Jetblue 5,84 % et Southwest 3,26 %.

L’action de Grubhub s’est envolée de près de 30 % après des articles de presse selon lesquels Uber (+2,40 %) a fait une offre de rachat au spécialiste de la livraison de repas à domicile. Les deux entreprises n’ont pas confirmé ces informations.

Le gestionnaire d’actifs BlackRock a chuté de 7,84 %. La banque américaine PNC Financial (-2,08 %) a annoncé lundi son intention de vendre prochainement toutes ses actions de l’entreprise pour saisir les opportunités d’investissement créées par la pandémie de coronavirus.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine reculait, s’établissant à 0,6667 % contre 0,7099 % lundi soir.