(Tokyo) L’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo dégringolait de plus de 4 % mardi matin à l’ouverture, première séance d’une semaine qui a débuté par une nette accélération mondiale de l’épidémie de coronavirus, ce qui a fait chuter les places mondiales lundi, jour férié au Japon.

Agence France-Presse

Dans les premières transactions, le Nikkei perdait 3,6 % puis davantage encore (plus de 4 %) dans les minutes suivantes, pour tomber de plus de 1000 points à 22 335,21 points. L’indice élargi Topix abandonnait de son côté 3,81 % à 1610,30 points.

Les Bourses mondiales ont plongé dans le rouge lundi, craignant des répercussions macroéconomiques majeures de cette épidémie virale originaire de Chine et qui se répand dans diverses régions du monde.

À Wall Street, le Dow Jones a enduré sa pire séance en plus de deux ans avec une chute de 3,56 %, le NASDAQ tombant de 3,71 % et le S&P 500 de 3,35 %.

Au Japon, le coronavirus a touché jusqu’à présent 691 personnes du paquebot Diamond Princess mis en quarantaine près du port de Yokohama, et 156 personnes dans différentes provinces de l’archipel.

« Nous sommes à un moment critique, soit nous arrivons à minimiser le pic avec des précautions de la part de tout le monde, soit le nombre de cas augmente rapidement », ont averti lundi soir des spécialistes japonais des maladies infectieuses lors d’une conférence de presse.

En Chine, le nombre de décès est monté mardi à 2663 pour plus de 77 500 personnes contaminées. La situation s’est aussi nettement aggravée en Corée du Sud, ainsi qu’en Italie.

Mouvements des valeurs

Tous les secteurs clefs représentés dans l’indice Nikkei étaient touchés.

Fujifilm s'envole : l’action de l’ex-champion de la photo partiellement reconverti en laboratoire pharmaceutique bondissait de 4 % à 5632 yens, après que le ministre japonais de la Santé a indiqué que le pays pensait utiliser le médicament antigrippe Avigan dont Fujifilm est le fournisseur.

Le reste du secteur de la pharmacie était en revanche dans le rouge vif : Daiichi Sankyo plongeait de 6,21 % à 7179 yens, Takeda de 3,62 % à 4076 yens et Astellas de 4,49 % à 1829,5 yens.

L’automobile en chute : les actions des constructeurs d’automobiles étaient parmi les plus affectées. Toyota reculait de 3,35 % à 7575 yens et Nissan de 3,55 % à 486,2 yens.

L’électronique affectée aussi : les titres des géants de l’électronique étaient aussi au plus mal. Sony décrochait de 3 % à 7254 yens, et Panasonic de 3,93 % à 1148 yens.

Variations des devises et du pétrole

Le yen tendait à remonter face aux autres principales devises, ce qui est aussi un motif de vente d’actions par les investisseurs au Japon.

À 0 h GMT (19 h HE), le billet vert valait 110,93 yens, contre 112,00 à la fin de la précédente séance, vendredi, point de référence pour les acteurs de la Bourse de Tokyo.

L’euro se négociait pour 120,39 yens contre 120,84 yens.

La devise européenne montait un peu face au dollar. Un euro s’échangeait mardi à 0 h GMT pour 1,0852 dollar contre 1,0847 lundi à 20 h GMT (15 h HE).

Les tarifs du pétrole avaient tendance à rebondir un peu après avoir fortement dévissé lundi. Le tarif du baril de brut américain WTI reprenait 0,37 % à 51,61 dollars. Il avait lâché 3,7 % lundi.