(New York) Les indices de Wall Street se sont soudainement repliés mardi en cours de séance après un article de l’agence Bloomberg affirmant que l’administration américaine allait probablement laisser en place les actuels tarifs douaniers sur les biens chinois jusqu’à l’élection présidentielle.  

Agence France-Presse

Le Dow Jones Industrial Average, qui évoluait tranquillement dans le vert depuis la première partie de séance, est brièvement retombé dans le rouge après la dépêche de Bloomberg, cédant jusqu’à 0,06 %. Le NASDAQ et le S&P 500 ont aussi perdu du terrain et s’affichaient encore en baisse vers 14 h 35.

Selon des sources de l’agence, l’accord commercial partiel que doivent signer mercredi des représentants américains et chinois prévoit que les États-Unis ne vérifieront pas avant au moins dix mois que la Chine respecte ses engagements.  

Washington pourra alors décider de lever ou non les tarifs douaniers punitifs portant sur environ 360 milliards de dollars de produits chinois que l’administration a progressivement mis en place depuis le début de la guerre commerciale, en 2018.  

L’administration Trump avait renoncé en décembre à imposer de nouveaux droits de douane à la Chine et diminué de moitié ceux imposés le 1er septembre sur 120 milliards de dollars de biens chinois.

Les marchés espéraient toutefois qu’avec l’accord commercial partiel, l’apaisement des tensions entre les deux parties pourrait éventuellement mener à un abaissement plus prononcé des taxes douanières.  

5 millions d’abonnés au New York Times

À l'ouverture, ce matin, d’autres nouvelles étaient aussi plutôt de nature à alimenter l’enthousiasme des investisseurs, selon l'analyste boursier Patrick O’Hare, du cabinet de courtage Briefing, comme le fait que les exportations totales de la Chine ont grimpé de 7,6 % sur un an en décembre, signe d’un regain de vigueur de la deuxième puissance économique mondiale.

Même l’indicateur sur l’inflation aux États-Unis, qui s’est établie à 2,3 % en décembre selon l’indice CPI publié par le département du Travail, était de bon augure, estime le spécialiste, car « il ne va pas inciter la Réserve fédérale à repenser sa politique monétaire dans l’immédiat ».

Le New York Times, qui a annoncé avoir franchi la barre des 5 millions d’abonnés, principalement grâce à une nouvelle accélération de son portefeuille d’abonnés numériques, prenait 2,10 %.

Mais si le marché des actions ne décolle pas avec toutes ses « bonnes nouvelles », « c’est probablement parce que les bonnes performances des entreprises ont déjà été intégrées dans les prix des actions », souligne M. O’Hare. Le ratio comparant les cours des entreprises du S&P 500 à leurs bénéfices évolue actuellement aux environs de 18,5, ce qui est 24 % plus élevé que sa moyenne des dix dernières années, remarque-t-il.

Parmi les autres valeurs du jour, l’émetteur de cartes de crédit Visa s’appréciait de 0,40 % après l’annonce de l’achat, pour 5,3 milliards de dollars, de Plaid. Cette société fournit la solution technique permettant de faire l’intermédiaire entre les comptes bancaires des particuliers et les applications de finance ou de paiement comme Transferwise, Acorns ou Venmo.

Sur le marché obligataire, le taux sur la dette à 10 ans des États-Unis montait à 1,825 %, contre 1,846 % lundi à la clôture.