La pandémie a causé d’importants remous en mars sur les marchés boursiers. Depuis cette secousse, de nombreuses entreprises québécoises se démarquent en Bourse. Survol des grands gagnants et des grands perdants de Québec inc.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

Les gagnants

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GDI (GDI)

Service essentiel, titre essentiel à détenir. C’est l’image utilisée par Frédéric Tremblay, de Valeurs mobilières Desjardins, dans son rapport publié le mois dernier. En frôlant la barre des 40 $, le titre de l’entreprise montréalaise spécialisée en conciergerie a touché le 31 août un nouveau sommet des 52 dernières semaines. L’action, qui valait 38 $ au début de mars, avait chuté jusqu’à 24 $ le 23 mars. Les experts parlent d’une « nouvelle ère » pour l’entretien ménager. Le niveau de service requis par les clients de GDI est plus important qu’avant, et possiblement plus grand que jamais.

Dorel (DII.B)

L’action du fabricant montréalais de vélos, de meubles et de sièges d’auto pour enfants a reculé à 1,25 $ le 18 mars, pour remonter à près de 12 $ à la fin d’août. Si l’action est encore très loin des 40 $ d’il y a trois ans, il ne fait aucun doute que le confinement a eu un impact favorable sur la demande pour les vélos et le mobilier de maison. Reste à voir comment les contraintes d’approvisionnement sur les ventes futures. « Le titre pourrait plaire aux investisseurs de type valeur, mais le potentiel haussier dépend d’à quel point la croissance des bénéfices peut être maintenue », souligne Stephen MacLeod, de la BMO, dans une note publiée le mois dernier.

Marché Goodfood (FOOD)

Et dire que le titre de l’épicier en ligne montréalais a reculé à 1,49 $ le 16 mars avant que les gens réalisent que les produits de l’entreprise allaient gagner en popularité durant la pandémie ! L’action a rapidement grimpé jusqu’à 9,20 $ le mois dernier. Le printemps et l’été sont porteurs pour Marché Goodfood, mais on pourrait en dire presque autant pour l’épicier traditionnel Metro et la chaîne de dépanneurs Couche-Tard. Sans mauvais jeu de mots, les actions de ces entreprises sont loin de laisser un mauvais arrière-goût aux investisseurs.

Quincaillerie Richelieu (RCH)

Vous avez démarré des travaux de rénovation à la maison dans les derniers mois ? Vous n’êtes pas le seul. Si les titres de Home Depot et de Lowes ont explosé sur les Bourses américaines cet été, on peut en dire autant du fournisseur montréalais de produits de quincaillerie à la Bourse de Toronto. L’action a récemment atteint son sommet des 52 dernières semaines. Après avoir reculé à 20 $ le 16 mars, elle a remonté à près de 37 $ le 27 août.

Tecsys (TCS)

Lightspeed est possiblement le titre québécois du secteur technologique qui retient le plus l’attention. La valeur de son action s’est presque multipliée par trois depuis son creux du 19 mars. L’action de Tecsys, qui avait chuté moins lourdement que Lightspeed au début de la crise, se démarque toutefois elle aussi. Le titre du fournisseur montréalais de logiciels de gestion de la chaîne d’approvisionnement a dépassé de beaucoup son niveau d’avant la pandémie. Comme l’expliquait le PDG à La Presse au printemps, la pandémie génère de nouveaux projets chez Tecsys, dont les clients sont notamment dans le secteur de la santé, mais aussi des détaillants qui doivent miser sur le commerce électronique.

BRP (DOO)

Tout le monde connaît au moins une personne qui s’est acheté une motomarine cet été, non ? Le constructeur de véhicules récréatifs de Valcourt a attiré sa part de nouveaux adeptes depuis le printemps, un facteur positif à long terme, notent les analystes. « Si les concessionnaires avaient plus de produits à vendre, la base d’adeptes pourrait être encore plus large », soulignait la BMO dans un récent rapport de recherche. Après s’être replié jusqu’à 18 $ à la fin de mars, le titre a récemment frôlé son niveau d’avant la pandémie de 75 $.

Stella-Jones (SJ)

L’action du spécialiste montréalais des traverses de chemin de fer et des poteaux de téléphone a reculé à 23 $ le 23 mars avant de toucher un sommet de 47 $ le mois dernier, ce qui dépasse largement le niveau de 38 $ du titre avant la pandémie. Les activités de bois d’œuvre à usage résidentiel (panneaux de bois, contreplaqué, etc.) de Stella-Jones retiennent de plus en plus l’attention. Alimentée par les projets de construction résidentiels, la récente demande pour ces produits est très forte, et ça paraît dans les résultats.

Tous les titres sont cotés à la Bourse de Toronto.

Les perdants

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Cominar (CUF.UN)

La pandémie frappe durement Cominar et son important portefeuille d’immeubles commerciaux. La valeur des parts du fonds de placement de Québec a touché un plancher de 6,77 $ en août. La part valait plus de 15 $ en février. De nombreux locataires dans les immeubles commerciaux de Cominar sont de petites entreprises, et la pression pourrait continuer de se faire sentir d’ici la fin de l’année. La réduction de la distribution versée aux détenteurs de parts est « douloureuse mais nécessaire », souligne l’analyste Michael Markidis, de Valeurs mobilières Desjardins, dans une récente note de recherche.

Groupe MTY (MTY)

Le confinement forcé a évidemment porté un dur coup au franchiseur montréalais. Le secteur de la restauration est l’un des plus durement touchés par la pandémie. L’action de l’entreprise montréalaise bien connue pour ses multiples enseignes installées dans les aires de restauration a reculé jusqu’à 14 $ le 18 mars. Si le titre est déjà remonté à 38 $, il est encore loin des 65 $ atteint l’automne dernier. La conjoncture incertaine et le niveau d’endettement demeurent des éléments d’inquiétude.

Air Canada (AC)

L’industrie du transport aérien est un des segments de l’économie où la reprise risque d’être plus graduelle, soulignait la BMO récemment. L’action d’Air Canada a chuté à moins de 10 $ le 18 mars. Si elle vaut aujourd’hui près de 18 $, les actionnaires se souviennent qu’elle avait touché un sommet de plus de 52 $ en début d’année. La bonne nouvelle pour Air Canada est la solidité de ses reins financiers. Des observateurs croient que l’action remontera au fur et à mesure que les restrictions sur les voyages seront levées.

Héroux-Devtek (HRX)

Si certains experts pensent que le fabricant de trains d’atterrissage de Longueuil a ce qu’il faut pour traverser la crise, en raison notamment de son bilan financier et de son carnet de commandes, le titre demeure fortement déprécié. De son sommet de 21 $ en janvier dernier, l’action a piqué du nez pour atteindre 8,57 $ le 19 mars et ne vaut actuellement qu’une dizaine de dollars. La pandémie pose assurément un défi à surmonter dans le secteur commercial des activités, du moins à court terme.

Bombardier (BBD.B)

L’action de Bombardier tarde à redécoller. Beaucoup d’investisseurs se demandent même si elle redécollera un jour, et si oui, quand exactement. Le titre valait encore plus de 2,15 $ en novembre dernier. Après avoir reculé à 38 cents le 18 mars, il vaut aujourd’hui 40 cents. Dans le contexte actuel, si le niveau d’endettement est encore beaucoup trop élevé aux yeux de nombreux investisseurs, les liquidités disponibles continuent d’alimenter les craintes et la spéculation.

CAE (CAE)

Selon l’analyste Benoit Poirier, chez Desjardins, il ne fait aucun doute que la pandémie a eu un impact important sur la performance financière du fabricant montréalais de simulateurs de vol. « La détérioration des perspectives dans le secteur de la défense ajoute au niveau d’incertitude liée à une éventuelle reprise dans l’industrie aérospatiale commerciale », souligne-t-il dans un rapport publié le mois dernier. Le titre a ainsi reculé à 14 $ le 23 mars. Il a depuis remonté à 20 $, mais demeure toujours loin des 42 $ de février.

DavidsTea (DTEA au NASDAQ)

Si le pire de la crise du coronavirus est passé, il est déjà trop tard pour un grand nombre de détaillants. Les derniers mois ont aussi été éprouvants pour les actionnaires des Reitmans et Le Château de la planète. Le titre de DavidsTea a chuté à 32 cents US au NASDAQ le 17 mars. S’il s’échange maintenant autour de 1 $ US, il n’en reste pas moins qu’il valait encore 2,30 $ US il y a un an exactement. La pandémie force une révision complète de la composition du réseau de magasins et du modèle d’affaires.

Tous les titres sont cotés à la Bourse de Toronto, sauf avis contraire.