(New York et Toronto) Wall Street a terminé en ordre dispersé vendredi à l’issue d’une séance en dents de scie, restant prudente alors que le président américain a annoncé plusieurs mesures à l’encontre de la Chine sans toutefois relancer une vaste guerre commerciale.  

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a reculé de 0,07 % à 25 383,11 points tandis que le NASDAQ, à forte coloration technologique, a gagné 1,29 % à 9489,87 points.

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, s’est apprécié de 0,48 % à 3044,31 points.

Pour sa part, la Bourse de Toronto a mis fin à un solide mois de mai en clôturant en légère baisse, alors que le cours du pétrole brut a enregistré la meilleure croissance mensuelle de son histoire.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a retraité vendredi de 69,90 points pour terminer à 15 192,83 points. Sur l’ensemble du mois de mai, il a néanmoins cumulé une croissance de 2,8 %.

Le cours du baril de pétrole brut a progressé de 88 % en mai, et a avancé de 5,2 % seulement dans la séance de vendredi, pour clôturer à 35,49 $ US.

C’est un revirement prononcé par rapport à son creux du 11 avril de 11,57 $ US et à son cours du 18,84 $ US de la fin avril. Mais cela reste inférieur d’environ 30 $ US à son niveau du mois de janvier.

« Ce n’est pas aussi grave que ce l’était, mais ce n’est toujours pas une très bonne situation non plus », a observé Colin Cieszynski, stratège en chef du marché chez SIA Wealth Management.

« C’est toujours un prix faible auquel peu de gens vont gagner de l’argent, et ça va rester un défi pour les actions, sans aucun doute, ainsi que pour les entreprises. »

M. Cieszynski a souligné que certains observateurs pensaient initialement que le prix plancher serait de 40 $ US, mais que celui-ci semble plutôt être en voie de se situer dans les 30 $ US.

Le contrat à terme pour le baril de pétrole brut pour livraison en juillet a augmenté vendredi de 1,78 $ US à 35,49 $ US à la Bourse des matières premières de New York.

Malgré tout, le secteur torontois de l’énergie a perdu vendredi 1,3 %, les actions de Husky Energy ayant notamment cédé 7,4 %.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 72,53 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 72,65 cents US de la veille.

Ailleurs à la Bourse des matières premières de New York, le cours de l’or a avancé de 23,40 $ US à 1751,70 $ US l’once, tandis que celui du cuivre a gagné 1,2 cent US pour se rapprocher de 2,43 $ US la livre.

Chine

Donald Trump ayant promis jeudi de s’exprimer sur la Chine vendredi, sans donner plus de détails, les investisseurs étaient dans l’attente des éventuelles sanctions que le président américain pourrait imposer.  

S’exprimant finalement en fin de séance, le locataire de la Maison-Blanche a estimé que le comportement de la Chine vis-à-vis de Hong Kong était « une tragédie » pour le monde et annoncé des restrictions d’entrée sur le territoire américain pour les étudiants chinois. Il a par ailleurs annoncé qu’il lançait le processus d’élimination des exemptions accordées à Hong Kong dans le cadre de la révocation de son statut spécial.

« Mais on craignait qu’il ne relance une escalade de mesures commerciales de représailles entre les deux pays », souligne Shawn Cruz, de TD.  

M. Trump n’a pas évoqué d’éventuelles taxes douanières et « pour l’instant, cela ne devrait pas nous ramener comme en 2018 et 2019, quand le marché était guidé par les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis », ajoute-t-il. « Ce qui importe aux investisseurs reste la réouverture de l’économie ».

Cette perspective a porté les indices tout au long du mois de mai : le Dow Jones a enregistré une hausse mensuelle de 4,3 %, le NASDAQ de 6,8 % et le S&P 500 de 4,5 %.

Les indicateurs du jour ont continué pour leur part à montrer les effets des restrictions imposées pour enrayer la propagation de la maladie COVID-19 sur l’économie, avec notamment une chute des dépenses des ménages de 13,6 % en avril, mais ont aussi apporté des signes encourageants.

Si les salaires ont reculé, les revenus des ménages ont dans le même temps augmenté de 10,5 % grâce aux diverses aides apportées par les autorités.

Résultat : les économies des Américains sont à un plus haut historique, avec un taux d’épargne des ménages à 33 %. Cela pourrait favoriser une reprise de la consommation une fois que l’économie sera rouverte.

Trump-Twitter

Autre élément positif, la confiance des consommateurs évaluée par l’Université du Michigan repart en légère hausse en mai.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine reculait, évoluant vers 16 h 20 à 0,6493 % contre 0,6900 % jeudi soir.

Parmi les valeurs du jour, Twitter a perdu 1,99 % alors que les tensions avec Donald Trump, qui a frappé un grand coup jeudi en signant un décret visant à limiter la protection judiciaire des réseaux sociaux, se poursuivent.

Le réseau social est de nouveau intervenu directement sur un tweet du président américain vendredi, signalant comme une « apologie de la violence » un message sur les affrontements de Minneapolis.

Le compte officiel de la Maison-Blanche a dans la foulée tweeté ce même message.

Le constructeur automobile General Motors a reculé de 3 %. Il a indiqué jeudi soir que la reprise progressive de la production dans ses usines se déroulait bien et qu’il prévoyait d’accélérer à partir de lundi l’activité, notamment sur trois sites produisant des VUS et sur trois sites produisant des pick-up.

La chaîne de magasins en gros Costco a lâché 0,35 % après avoir pourtant fait part d’une hausse de ses ventes de 9,6 % sur les trois mois se terminant au 5 avril.

Le groupe, qui a profité au début de la mise en œuvre des mesures de confinement de la ruée des Américains vers l’achat massif de papier toilette, de bouteilles d’eau ou de produits d’épicerie, a aussi souligné que ses ventes avaient reculé au mois d’avril.