(New York et Toronto) La Bourse de New York a terminé dans le rouge jeudi, fragilisée en toute fin de séance par la crainte d’une montée des tensions sino-américaines après l’annonce par Donald Trump d’une conférence de presse sur la Chine vendredi.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a reculé de 0,58 % à 25 400,64 points et le NASDAQ, à forte coloration technologique, de 0,46 % à 9368,99 points.  

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a perdu 0,21 % à 3029,73 points. Comme le Dow Jones, il a passé toute la séance dans le vert avant de piquer du nez après les propos du président américain.  

La Bourse de Toronto a glissé, alors que son secteur de la finance, un poids lourd du marché, enregistrait un déclin après deux jours de reprise en raison des pertes des actions bancaires.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a clôturé en baisse pour la première fois en cinq séances, cédant 9,30 points à 15 262,73 points.

« C’était une journée un peu ennuyeuse par rapport à la superbe course que nous avons vue ces deux derniers jours », a souligné Allan Small, conseiller principal en placement chez HollisWealth.

Les derniers jours avaient vu une migration hors du secteur des technologies vers les secteurs de valeur comme celui de la finance, ce qui a été partiellement renversé jeudi, a-t-il expliqué lors d’une entrevue.

Le groupe de la finance a été le deuxième moins performant de la journée de jeudi, reculant de 1,4 %. Les actions de la Banque TD et de la Banque Laurentienne ont perdu respectivement 3,8 % et 3,7 %.

Les banques canadiennes ont signalé cette semaine de fortes baisses de leurs bénéfices trimestriels en raison d’importantes provisions pour pertes sur prêts. Cependant, certaines d’entre elles ont surpassé les attentes.

Le secteur de l’énergie a pour sa part retraité de 1,5 % malgré la hausse des prix du pétrole brut. Le prix du baril de brut a augmenté de 90 cents US à 33,71 $ US jeudi à la Bourse des matières premières de New York.

L’or noir est sur une trajectoire ascendante, la demande revenant lentement après des semaines de fermeture économique en raison de la pandémie de COVID-19. En outre, l’Arabie saoudite a parlé de réduire davantage sa production, ce qui a donné un coup de fouet à la valeur de cette ressource naturelle.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 72,65 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 72,57 cents US de la veille.

Ailleurs à la Bourse des matières premières de New York, le cours de l’or a pris 1,50 $ US à 1728,30 $ US l’once, tandis que celui du cuivre a avancé de 3,15 cents US à 2,41 $ US la livre.

Donald Trump a indiqué qu’il donnerait vendredi une conférence de presse consacrée à la Chine, sans donner plus de précisions sur son contenu.

Mais le locataire de la Maison-Blanche hausse le ton face à Pékin depuis plusieurs semaines en accusant la Chine d’être responsable de la propagation du nouveau coronavirus à travers la planète.

Mercredi, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a aussi affirmé que Hong Kong ne jouissait plus de l’autonomie promise vis-à-vis de Pékin, et donc pourrait ne plus bénéficier de ses actuels privilèges commerciaux avec les États-Unis.

La menace américaine a été qualifiée de « barbare » jeudi par la représentation à Hong Kong du ministère chinois des Affaires étrangères

« On commence à entendre de plus en plus de spéculations sur les possibles conséquences de toutes ces tensions », remarque JJ Kinahan de TD Ameritrade. « Pour l’instant, ce sont surtout des paroles, mais on y prête attention, car, comme nous l’avons constaté par le passé dans des situations similaires, quand le ton commence à monter, cela va très vite », ajoute le spécialiste des marchés.  

Twitter et Facebook sur la sellette

Les indices étaient portés depuis le début de la semaine par l’espoir d’une reprise progressive de l’activité au fur et à mesure que sont levées les restrictions imposées pour enrayer la pandémie de COVID-19.  

Les indicateurs diffusés jeudi ont de nouveau montré l’impact sévère de la crise sanitaire sur l’économie américaine, mais ont aussi suggéré qu’un rebond est peut-être en vue.

Ainsi, si un peu plus de 2,12 millions de personnes ont de nouveau pointé au chômage pour la première fois la semaine passée, le nombre total de chômeurs indemnisés aux États-Unis a baissé pour la première fois depuis le début de la crise au cours de la semaine du 10 au 16 mai.  

Parmi les valeurs du jour, Twitter a reculé de 4,45 % alors que Donald Trump, pointé du doigt par le groupe pour des messages « trompeurs », a signé jeudi un décret qui vise à limiter la protection dont bénéficient les réseaux sociaux quant au contenu posté par les utilisateurs.

Facebook a perdu 1,61 %.

La compagnie aérienne American Airlines, qui a annoncé la suppression de 30 % des emplois de cadres et envisage également une réduction de la voilure dans les rangs des pilotes et des personnels navigants, a lâché 8,35 %.

Boeing, qui a indiqué mercredi soir avoir repris la production du 737 MAX, avion cloué au sol depuis plus d’un an après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts, a fini en hausse de 0,20 %.

La chaîne de magasins à rabais Dollar Tree a bondi de 11,6 % après avoir fait part de ventes supérieures aux attentes.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine montait un peu, évoluant vers 16 h 15 à 0,6933 % contre 0,6819 % mercredi soir.