(New York et Toronto) La Bourse de New York a terminé en nette hausse mardi, encouragée par des signes de stabilisation de la pandémie de coronavirus alors que la saison des résultats trimestriels d’entreprises a démarré sur une note contrastée.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a grimpé de 2,39 % à 23 949,76 points et le NASDAQ, à forte coloration technologique, de 3,95 %, à 8515,74 points.

La Bourse de Toronto a clôturé en hausse, soutenue par une reprise généralisée, malgré la nouvelle chute du cours du pétrole brut.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a pris 182,49 points pour terminer la séance avec 14 258,43 points. Il s’agit de son plus haut cours de clôture en plus d’un mois.

Le secteur de l’énergie a été le seul à reculer sur le TSX mardi, avec une baisse de 1,8 %. Le groupe des technologies de l’information a pour sa part enregistré la croissance la plus prononcée, soit 5,34 %.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 71,92 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 71,76 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a reculé de 2,33 $ US à 20,11 $ US le baril, tandis que celui de l’or a progressé de 7,50 $ US à 1768,90 $ US l’once. Le prix du cuivre a pris 2,7 cents US à 2,33 $ US la livre.

« Les chiffres commencent à vraiment sembler montrer une amélioration de la situation en Europe et aux États-Unis en termes de ralentissement de la propagation du virus », remarque Karl Haeling de LBBW. « Cela laisse penser aux investisseurs qu’on est un peu plus proche désormais d’une réouverture de l’économie », estime-t-il.

Plusieurs pays d’Europe ont de fait pris ou s’apprêtent à prendre des mesures de déconfinement de leur population, l’Espagne autorisant par exemple les travailleurs à reprendre le chemin des usines et des chantiers.

Aux États-Unis, le rythme des contaminations se stabilise et le gouverneur de l’État de New York, épicentre de la crise dans le pas, a estimé que « le pire (était) passé » dans sa zone.

Donald Trump semble désormais prêt à aller au conflit avec les gouverneurs sur la question de savoir qui décidera de la stratégie de déconfinement dans le pays. Mais ces différends suggèrent que la conversation sur le sujet est bien sur la table.

De quoi rasséréner les investisseurs au moment où les grandes entreprises de la cote commencent à dévoiler leurs résultats du premier trimestre, qui avait bien débuté avant que le coronavirus ne paralyse l’activité économique en mars.

Les banques JPMorgan Chase (-2,74 %) comme Wells Fargo (-3,98 %) ont vu leurs bénéfices plonger en raison des réserves que ces établissements financiers ont dû mettre de côté pour parer aux potentiels défauts de paiement des clients affectés par la COVID-19.

Amazon au plus haut

Johnson & Johnson (+4,48 %) a de son côté revu en baisse ses ambitions financières pour l’ensemble de l’exercice 2020, notamment à cause des investissements pour combattre la pandémie de COVID-19, mais a néanmoins augmenté son dividende.

Pour Karl Haeling, « cette saison de résultats va être assez étrange, car personne ne devrait vraiment porter d’attention aux chiffres habituels, les investisseurs se concentreront plutôt sur les commentaires des dirigeants pendant les conférences téléphoniques ».

Les acteurs du marché « veulent savoir si les entreprises ont les reins suffisamment solides pour traverser la tempête », ajoute-t-il.

Le Fonds monétaire international de son côté a anticipé mardi une contraction du PIB mondial de 3 % cette année.

Mais cette crise qui « ne ressemble à aucune autre » pourrait aussi entraîner une récession bien plus sévère si les mesures de confinement ne sont pas levées d’ici la fin juin et si l’activité économique ne reprenait pas au second semestre, a prévenu Gita Gopinath, son économiste en chef.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette des États-Unis reculait, à 0,7456 % contre 0,7713 % à la clôture lundi.

Parmi les autres valeurs du jour, Amazon a continué à être porté par l’explosion des commandes en ligne, très prisées des personnes confinées. Son titre est encore monté de 5,28 %, à 2283,32 dollars, un niveau jamais atteint.

L’ensemble du secteur technologique était plutôt en forme : Apple a pris 5,05 %, Alphabet 4,53 %, Microsoft 4,95 % et Netflix 4,24 %.