(New York et Toronto) La Bourse de New York a terminé en hausse lundi, consolidant le rebond de la semaine dernière alors que les États-Unis prolongeaient les mesures destinées à contenir l’épidémie de coronavirus.  

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a gagné 3,19 % à 22 327,48 points, tandis que le NASDAQ, à forte coloration technologique, s’est apprécié de 3,62 % à 7774,15 points et que le S&P 500 a pris 3,35 % à 2626,65 points.  

Les indices de Wall Street avaient déjà enregistré une forte hausse la semaine dernière, le Dow Jones grimpant de 17,6 % et le NASDAQ de 9,1 %.

La Bourse de Toronto a clôturé en hausse, lundi, soutenu par les gains du secteur de l’énergie, même si le cours du pétrole brut a retraité à son plus faible niveau depuis 2002.

L’indice composé S&P/TSX a gagné 350,76 points, soit 2,8 %, pour terminer la séance à 13 083,50 points.

Le secteur torontois de l’énergie a progressé de près de 12 %, les actions de MEG Energy et de Canadian Natural Resources ayant avancé de 22 % et 18 % respectivement.

Ce groupe a progressé, même si la faiblesse de la demande attribuable à la COVID-19 et la guerre des prix entre la Russie et l’Arabie saoudite ont continué à chuter les prix du pétrole brut, qui ont brièvement retraité sous la barre des 20 $ US le baril.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a perdu 1,40 $ US à 20,09 $ US le baril.

Selon le stratège en investissement Craig Fehr, de la firme Edward Jones, certains investisseurs sont à la recherche d’aubaines dans un secteur qui offre une performance largement inférieure au reste du marché.

« Peut-être est-ce la raison pour laquelle nous observons une petite reprise dans les prix des actions de l’énergie », a-t-il noté.

Neuf des onze grands secteurs de la Bourse de Toronto ont avancé, notamment ceux des services aux collectivités, des technologies de l’information et de l’industrie.

Le groupe des matériaux a pris 0,55 % malgré le recul des prix de l’or, puisque le moral semblait plus favorable au risque, ce qui a nui aux investissements dans les valeurs habituellement considérées comme des refuges.

Ailleurs à la Bourse des matières premières, le cours de l’or a cédé 10,90 $ US à 1643,20 $ US l’once, tandis que le prix du cuivre s’est pour sa part défait de 1,65 cent US à 2,15 $ US la livre.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 70,64 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 71,14 cents US de vendredi.

« Les investisseurs entrent peut-être dans la phase d’acceptation de la crise. Les gens savent qu’elle va durer un certain temps et se résignent à l’idée que, comme le prédisent les médecins, la situation va probablement s’aggraver encore un peu avant de s’améliorer », remarque JJ Kinahan de TD Ameritrade.  

En attendant, « ils semblent rassurés par le fait que la Réserve fédérale et le Congrès américain aient pris des mesures d’urgence pour atténuer l’impact économique », ajoute-t-il.  

Après des journées de négociations haletantes entre républicains et démocrates, Donald Trump a en effet promulgué vendredi un plan historique de relance mobilisant 2200 milliards de dollars au total.  

Cependant, remarquent les analystes du cabinet MRB Research, « ces mesures ne seront pas suffisantes pour résoudre la crise. Pour stabiliser la situation, les éléments critiques sont les avancées médicales et les mesures de confinement à court terme ».

À cet égard, les acteurs du marché ont été rassurés par la décision annoncée dimanche par le président américain de prolonger les restrictions visant à ralentir la propagation du coronavirus jusque fin avril dans la mesure où les États-Unis n’ont pas encore connu le pic de la pandémie.

La pandémie a au total fait au moins 34 674 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l’AFP lundi à 15 h. Et plus de 757 840 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 184 pays et territoires depuis le début de l’épidémie.

Les acteurs du marché ont aussi été réconfortés lundi par les annonces prometteuses de plusieurs grands groupes pharmaceutiques, comme Abbott Laboratories (+6,4 %) qui travaille sur un test de dépistage du coronavirus en cinq minutes et Johnson & Johnson (+8,01 %) qui prévoit de lancer un essai clinique pour un vaccin en septembre.  

Le sous-indice représentant le secteur de la santé au sein du S&P 500 a bondi de 4,7 % lundi.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine montait légèrement, et évoluait vers 16 h 10 à 0,71 % contre 0,67 % vendredi à la clôture.