(New York) La Bourse de New York a terminé nettement dans le rouge mardi, ébranlée par la crainte d’une procédure de destitution visant Donald Trump ainsi que par des propos sévères du président américain à l’encontre des réseaux sociaux et de la Chine.

Agence France-Presse

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a reculé de 0,53 %, à 26 807,77 points, et le NASDAQ, à forte coloration technologique, de 1,46 %, à 7993,63 points.  

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Un cambiste sur le plancher de la Bourse de New York.

L’indice élargi S&P 500 a lâché 0,84 %, à 2966,60 points.

« Au final, les marchés ont plutôt bien résisté à un barrage de nouvelles potentiellement négatives », remarque Gregori Volokhine, de Meeschaert Financial Services.  

Le « mot du jour est sans conteste “destitution” », souligne-t-il.  

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La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, se dirigeant vers une réunion des élus démocrates mardi après-midi.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, devrait en effet annoncer mardi soir l’ouverture d’une enquête formant la première étape d’une procédure de destitution visant le locataire de la Maison-Blanche.

Il est reproché à M. Trump une conversation controversée avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Sous pression, le président américain a d’ailleurs finalement accepté de publier le contenu de cette discussion.  

« Faut-il vraiment redouter une hypothétique procédure qui pourrait durer très longtemps et n’aurait jamais le soutien d’une majorité de sénateurs ? », s’interroge M. Volokhine. « Mais le marché est nerveux et se fait peur ».

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Le président Donald Trump s'adresse aux journalistes en marge de l'Assemblée annuelle des Nations Unies à New York. Il a critiqué «le mondialisme» et les les médias sociaux. L'action de Facebook et celle de Twitter ont baissé à la Bourse.

Les investisseurs ont aussi été, selon lui, affectés par les propos à la tribune des Nations unies du président américain, qui a regretté qu’un « petit nombre de plateformes de médias sociaux aient acquis un pouvoir immense sur ce qu’on peut dire et sur ce qu’on est autorisé à dire ».

Twitter a reculé de 4,54 %, Facebook de 2,97 %.

Depuis le même pupitre, le président américain a aussi, une nouvelle fois, dénoncé les « abus » de Pékin en matière commerciale.

« Pendant des années, ces abus ont été tolérés, ignorés, voire encouragés », a-t-il déclaré, mettant en cause le « mondialisme ». « En ce qui concerne l’Amérique, ces jours sont révolus ».

Vantant sa guerre commerciale à coups de droits de douane sur les biens chinois, il a répété espérer « un accord bénéfique pour les deux pays ».

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Le Conference Board américain a diffusé des données montrant que la confiance des consommateurs s'est dégradée en septembre. Ci-haut, des Lincoln Navigator 2019 invendus dans une concession d'Englewood, au Colorado.

« Mais comme je l’ai dit très clairement, je n’accepterai pas un mauvais accord pour le peuple américain », a-t-il martelé.

Confiance dégradée

A ces éléments politiques s’est ajoutée mardi la diffusion d’un indicateur décevant sur la confiance des consommateurs aux États-Unis, qui s’est dégradée en septembre, et ce plus que prévu, en raison de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, selon l’indice du Conference Board.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine évoluait à 1,642 %, en net repli par rapport à la clôture de lundi (1,727 %).

L’action de BlackBerry cotée à New York a chuté de 22,64 %. Le groupe canadien a fait part d’un chiffre d’affaires trimestriel décevant et de prévisions inférieures aux attentes.

Alphabet a reculé de 1,24 % alors qu’un arrêt de la Cour de justice de l’UE (CJUE) a donné raison à la maison mère de Google en estimant que le « droit à l’oubli » des internautes européens se limitait à l’UE et n’avait pas de portée mondiale pour les moteurs de recherche.

Starbucks (-0,98 %) a aussi remporté mardi une première victoire devant cette même instance dans sa bataille contre l’UE, qui voulait l’obliger à rembourser des avantages fiscaux indus aux Pays-Bas.

Boeing est monté de 1,23 % malgré de nouvelles informations liées aux deux accidents impliquant son appareil 737 MAX.  

L’agence fédérale de l’aviation (FAA), le régulateur aérien américain, a d’une part indiqué lundi soir qu’il n’y avait toujours pas de date pour le retour dans le ciel de l’appareil, cloué au sol depuis six mois.

Une enquête d’une autorité indépendante, the Office of Special Counsel (OSC), a par ailleurs conclu que la FAA avait fait de fausses déclarations au Congrès en assurant que ses employés chargés d’évaluer les pilotes et la formation nécessaire pour opérer le 737 MAX avaient les qualifications requises.

Tesla a plongé de 7,47 %. Selon des documents judiciaires cités par CNBC, le patron du constructeur de véhicules électriques est accusé d’avoir fourni aux investisseurs une valorisation erronée de SolarCity lors de l’achat en 2016 de cette entreprise pour 2,6 milliards de dollars.


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