(New York, Toronto) Wall Street a terminé dans le vert mardi, après un geste de la banque centrale chinoise pour enrayer la chute de sa devise, au lendemain de la pire journée de l’année pour les principaux indices new-yorkais.  

Agence France-Presse et La Presse Canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones, I a pris 1,2 % à 26 029,52 points, après cinq séances consécutives de recul.

Après six séances de suite à la baisse, le NASDAQ, à forte coloration technologique, s’est apprécié de 1,4 % à 7833,27 points, et l’indice élargi S&P 500 est remonté de 1,3 % à 2881,77 points.  

Lundi, les principaux indices new-yorkais avaient connu leur pire séance de l’année après une soudaine escalade du conflit commercial entre les États-Unis et la Chine.

Pékin, qui contrôle étroitement le cours de sa monnaie, l’avait laissée filer face au dollar, le yuan tombant à son niveau le plus bas depuis 2008.

Mais, dans la nuit de lundi à mardi, la banque centrale chinoise est intervenue pour faire remonter le cours sa devise, le gouverneur de l’institution bancaire affirmant que la Chine ne comptait pas se lancer dans une politique de dévaluation compétitive.

« Cela a servi de catalyseur pour la Bourse. Toutes les actions liées à la Chine se sont redressées », a commenté Quincy Krosby de Prudential Financial.

« On peut se demander si Donald Trump n’a pas forcé la main des Chinois en les accusant de manipuler leur monnaie. Mais au final, ça n’a pas tant d’importance, car les Chinois ont agi », a-t-elle poursuivi.

Tensions vives

La semaine dernière, Donald Trump avait déjà ravivé les tensions en annonçant son intention d’étendre des droits de douane supplémentaires à la quasi-totalité des importations en provenance de Pékin à compter du 1er septembre.

Après cette annonce, la possibilité d’un accord commercial entre les deux géants économiques avant la présidentielle américaine de 2020 a semblé s’éloigner.

Mais si les tensions sino-américaines restent vives, la Chine ne semble pas prête à s’engager dans une guerre monétaire au long cours avec Washington.

« Les Chinois ont de multiples raisons de garder le yuan à un niveau élevé. L’une d’entre elles tient au fait qu’une devise trop faible peut engendrer une fuite des capitaux, en dépit du contrôle qu’exercent les autorités chinoises sur leur monnaie », a indiqué Mme Krosby.

Parmi les valeurs du jour, l’action de Caterpillar, considérée comme une jauge du commerce mondial, a gagné 1,6 % après avoir chuté lundi.

Celle du fabricant de semi-conducteurs Micron Technology, également en baisse la veille, est montée de 1,6 %.

Le sous-indice représentant les valeurs technologiques au sein du S&P 500 a rebondi (+1,6 %) au lendemain d’une journée dans le rouge.

Le géant informatique Apple, qui s’approvisionne largement en Chine, a notamment pris 1,9 %, tandis que Facebook est monté de 1,5 %.

En revanche, les valeurs énergétiques cotées au S&P 500 ont, dans leur ensemble, légèrement reculé (-0,06 %).  

« Ces valeurs ont baissé, car il y a encore de nombreuses inquiétudes sur la croissance mondiale et sur la vigueur de l’économie, des données auxquelles ce secteur est sensible », a indiqué Mme Krosby.

La Bourse de Toronto a connu sa pire séance des six dernières semaines, au lendemain du plongeon des marchés américains attribuable aux tensions entre les États-Unis et la Chine.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a perdu 122,17 points (-0,8%) pour clôturer la séance avec 16 149,49 points. Le TSX était fermé lundi pour le congé de la Fête civile.

Le déclin du marché torontois, le plus important en une séance depuis la fin juin, survient au lendemain du « carnage » subi lundi par les marchés au sud de la frontière, a souligné Mike Archibald, gestionnaire de portefeuille associé chez Placements AGF.

« Je dirais que le Canada résiste mieux que ce à quoi je m’attendais aujourd’hui », a-t-il affirmé lors d’une entrevue.

« Donc, en tenant compte de tout, ce n’est pas si mal après les mouvements d’hier », a fait valoir M. Archibald.

Le marché torontois n’a pas reculé autant qu’aux États-Unis notamment parce qu’il est davantage exposé aux matériaux, qui ont davantage profité de la hausse des prix de l’or. Le secteur des matériaux a grimpé de 1,3 %. Celui de l’énergie a cependant cédé 2,6 %, les investisseurs craignant de voir la guerre commerciale nuire à la demande mondiale.

Dans l’ensemble, huit des onze secteurs du TSX ont reculé.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 75,45 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 75,61 cents US de vendredi.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a reculé de 1,06 $ US à 53,63 $ US le baril, tandis que celui de l’or a gagné 7,70 $ US à 1484,20 $ US l’once. Le prix du cuivre s’est pour sa part apprécié de 1,35 cent US à 2,56 $ US la livre.