(New York, Toronto) Wall Street a terminé en forte baisse mercredi, plombée par des commentaires du patron de la banque centrale américaine écartant l’idée d’une nouvelle baisse automatique des taux d’intérêt d’ici la fin de l’année après celle intervenue mercredi.

Agence France-Presse

Son indice vedette, le Dow Jones, a reculé de 1,2 % pour clôturer à 26 864,27 points et le NASDAQ, à forte coloration technologique, a cédé 1,2 % pour finir à 8175,42 points.

L’indice élargi S&P 500 a perdu 1,1 %, à 2980,38 points.

La baisse des taux d’intérêt, qui a tendance à ravir les courtiers du marché des actions, car elle permet aux ménages, aux entreprises et aux investisseurs d’emprunter moins cher, était largement attendue par les marchés, qui ont initialement peu réagi à cette annonce.  

Mais les indices  ont soudainement perdu du terrain quand le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell a écarté l’idée d’un « long cycle » de baisse des taux d’intérêt après celle intervenue mercredi.

M. Powell a toutefois semé quelque peu la confusion en soulignant ensuite que d’autres réductions n’étaient pas exclues.

Alors que Donald Trump ne cesse de reprocher à la Fed de ne pas stimuler assez la première économie du monde, M. Powell a aussi assuré que l’institution ne prenait « jamais en compte la politique ».

« Le marché s’inquiète au final de ne pas forcément avoir autant de baisses des taux qu’il ne l’avait anticipé », a commenté Karl Haeling de LBBW.

Les investisseurs s’étaient à ses yeux « peut-être un peu trop emballés » en faisant beaucoup grimper les indices dans l’anticipation d’un cycle soutenu de baisses des taux. « Déçus que la Fed n’annonce pas des mesures de soutien plus marquées, ils ont décidé d’engranger leurs profits », a-t-il estimé.  

Les courtiers de Wall Street ont été d’autant plus enclins à retirer leur argent de la table que « Jerome Powell n’a pas su très bien vendre pourquoi la Fed a choisi de baisser les taux », a aussi estimé M. Haeling.  

M. Powell a expliqué que la banque prenait une « assurance » sur l’avenir face aux « incertitudes » pesant sur l’économie mondiale, mais aussi la faiblesse « persistante de l’inflation ».

Pourtant la perception qu’a le Comité monétaire de la conjoncture américaine et mondiale a peu évolué par rapport à la dernière réunion il y a six semaines. Et M. Powell a même décrit une économie « proche de ce que l’on souhaite ».

General Electric (GE) a cédé 0,7 %. Le conglomérat est tombé dans le rouge au deuxième trimestre à cause d’une charge liée à la révision en baisse de la valeur de ses réseaux électriques intelligents, mais il a relevé ses objectifs annuels du fait d’un léger mieux dans l’énergie (Alstom).  

L’éditeur de jeux vidéo Electronic Arts (EA), qui produit notamment les populaires jeux de football FIFA, a convaincu les investisseurs mardi avec des revenus en progression et des objectifs ambitieux : l’action a grimpé de 4,4 %.

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a rendu 59,49 points (-0,35%) pour terminer la séance avec 16 406,56 points.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 76,06 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 75,94 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a avancé de 53 cents US à 58,58 $ US le baril, tandis que celui de l’or a reculé de 4,00 $ US à 1437,80 $ US l’once. Le prix du cuivre s’est pour sa part déprécié de 1,25 cent US à 2,67 $ US la livre.