Bitfarms a fait une entrée fracassante, hier, à la Bourse de croissance TSX. L’action du mineur de bitcoins de Brossard a doublé à sa première séance boursière en territoire canadien.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

Le titre, qui valait 99 cents à l’ouverture, a rapidement doublé. Si bien qu’en fin de matinée, l’action était en hausse d’environ 160 %. La valeur de l’action a finalement clôturé en hausse de 122 %, à 2,20 $, après avoir généré un grand volume de transactions.

Le chef de la direction de Bitfarms, Wes Fulford, s’est dit encouragé par le niveau d’activité observé sur le titre à sa première séance boursière au pays. « C’est une confirmation que notre décision d’être coté à Toronto est la bonne », commente l’ex-banquier d’affaires chez Desjardins.

Bitfarms, qui fournit une puissance de calcul à des réseaux de cryptomonnaies, était inscrite à la Bourse de Tel-Aviv, en Israël, à la suite d’une prise de contrôle inversée conclue l’an passé.

« À ce moment, la concurrence était forte pour lever des capitaux au Canada. Compte tenu de la culture et de la réputation du secteur technologique en Israël, nous avions pris la décision d’inscrire le titre à l’étranger », explique Wes Fulford.

L’entreprise, qui se présente comme le plus important mineur de bitcoins au Québec, a décidé de se retirer de la Bourse de Tel-Aviv pour traverser au Canada, où les dirigeants croient le marché plus favorable pour les entreprises dont les activités sont liées au bitcoin.

L’explosion de l’action de Bitfarms hier laisse songeur Tim Gagnon, un « trader » québécois indépendant qui compte plus de 30 ans d’expérience. « Je trouve ça bizarre comme première journée. Ça sent le pump and dump. On va le savoir dans quelques jours », dit-il.

« Pourquoi autant d’engouement tout d’un coup pour une entreprise qui perd de l’argent ? Je ne vois pas beaucoup de gros acheteurs pour le titre. Pour moi, c’est un grand classique : le petit investisseur embarque, le titre monte, et puis un jour il n’y a plus d’acheteurs et l’action chute. Ce n’est pas normal que le titre soit en hausse de 150 % quand les fondamentaux ne sont pas au rendez-vous. »

Une hausse « normale »

De son côté, le gestionnaire de portefeuille Martin Lalonde, de la firme Rivemont, juge « normale » la hausse du titre. « Il faut comprendre que l’action a été délistée de la Bourse de Tel-Aviv et qu’il n’y avait pas eu de transactions depuis la mi-juin », dit le gestionnaire d’un fonds de cryptomonnaies.

« Il est arrivé plein de choses dans le secteur depuis un mois [la valeur du bitcoin a notamment flambé], ce qui explique en partie la hausse du titre. Pour un investisseur qui veut une exposition au marché des cryptomonnaies, Bitfarms est un véhicule parfait en raison de sa grosseur, de ses dirigeants, etc. »

Martin Lalonde précise par ailleurs que l’équilibre entre les vendeurs et les acheteurs n’est souvent pas parfait dans les premières journées de transaction d’un titre. « Ça peut créer une grande variation de prix qui va possiblement disparaître ou s’ajuster avec le temps. »

Bitfarms en bref

Année de fondation : 2017 Siège social : Brossard et Toronto Symbole boursier : BITF Activités : Minage de bitcoins Installations : Saint-Hyacinthe (ancien entrepôt), Farnham (ancienne usine de tapis), Magog (ancien site industriel), Cowansville (ancienne usine de Tupperware), Saint-Jean-sur-Richelieu (laboratoire de réparation microélectronique), Sherbrooke (ancienne usine de Sherwood) et Bromont (Volta électrique). Président-fondateur : Pierre-Luc Quimper Nombre d’employés : 82 Chiffre d’affaires : 34 millions US Perte nette : 18 millions US

INFOGRAPHIE LA PRESSE

La fluctuation de l’action de Bitfarms lors de ses premières heures à la Bourse de Toronto