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Nouvelle ruée sur les obligations

Lorsque la valeur des obligations augmente, le rendement... (Photo Henny Ray Abrams, Archives Associated Press)

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Lorsque la valeur des obligations augmente, le rendement recule: justement, tant au Canada qu'aux États-Unis, le taux de l'échéance de 10 ans vient de glisser sous les 2%.

Photo Henny Ray Abrams, Archives Associated Press

Richard Dufour

À travers la débâcle boursière, ceux qui ont des portefeuilles équilibrés peuvent se consoler en se disant qu'ils se font moins écorcher que d'autres sur les marchés puisque la portion en revenus fixes a pris de la valeur. Lorsque la valeur des obligations augmente, le rendement recule: justement, tant au Canada qu'aux États-Unis, le taux de l'échéance de 10 ans vient de glisser sous les 2%.

Le point en quatre questions avec l'économiste en chef à l'Industrielle Alliance, Clément Gignac.

Q Pourquoi des investisseurs se tournent-ils vers les obligations actuellement?

R Certains semblent réticents à investir en Bourse, car ils croient qu'on se dirige vers une récession mondiale. Ils se disent peut-être aussi que la Bourse a augmenté de 200% depuis son creux, ce qui est arrivé 3 fois en 100 ans. Les obligations sont moins risquées que les actions.

Q Qu'est-ce que le marché obligataire reflète?

R La principale préoccupation concerne la toile de fond mondiale qui était sans doute un peu trop rose bonbon. Ça explique pourquoi le marché boursier écope, ce qui donne des munitions au marché obligataire.

On voyait que l'économie chinoise décélérait, et tout le monde tenait pour acquis que l'Allemagne n'avait pas trop de problèmes. On n'exclut maintenant pas une récession technique en Allemagne. Et surtout, il y a une absence de concertation entre le ministre des Finances allemand et la Banque centrale européenne. Oubliez les indicateurs économiques, les obligations en Amérique du Nord se font dicter le pas par ce qui se passe à Francfort.

Les autres grandes préoccupations sont le prix du brut et l'incertitude entourant le virus Ebola, même si je ne placerais pas autant de poids sur ce dernier élément. Il y a aussi la possibilité que la Fed (Réserve fédérale américaine) se montre beaucoup moins agressive dans les hausses de taux, compte tenu de ce qui se passe à l'échelle internationale.

Q Recommanderiez-vous d'acheter des obligations?

R Je suis réticent à faire acheter à mes meilleurs amis des obligations à 2% pour les 10 prochaines années. Je suis confiant que les banques centrales atteindront leur cible d'inflation de 2%. Or, si vous y allez avec des fonds négociés en Bourse ou des fonds communs d'obligations, une fois que vous enlevez les frais, il ne vous restera pas grand-chose.

Les gestionnaires de portefeuille favorisent des titres à plus courte durée, des obligations corporatives qui offrent un rendement plus élevé et des obligations de province. Mais les taux demeurent faibles.

Q Que recommanderiez-vous à la place?

R Sans prétendre que le creux est atteint, on vient de recommencer à redéployer du capital du côté des actions.

Le cycle économique ne fait que commencer aux États-Unis. On vient à peine de récupérer des emplois à plein temps. Il n'y a pas de déséquilibre budgétaire massif. Il y a un désendettement, et les ratios cours-bénéfice actuels sont tout à fait acceptables.

L'Oncle Sam va toujours nous surprendre à la hausse dans sa capacité de rebondir. Je crois donc qu'on est mieux avec des titres à dividendes, des blue chips américains ou même des titres à plus petites capitalisations, même s'ils sont plus volatils. Ces petites capitalisations américaines n'exportent pas à l'étranger, elles ne sont pas affectées par le dollar américain, donc immunisées contre un ralentissement mondial. Je pense qu'il est possible de faire mieux que 2%.

Ajoutez à cela que la parité des devises pourrait bien être une chose du passé. Le huard mérite peut-être plutôt d'être à 85 ou 88 cents US. Et si le prix du baril de pétrole recule d'un autre 10$, vous allez peut-être même faire un gain en capital sur votre placement boursier aux États-Unis.




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