La descente aux enfers du maire de Mascouche, Richard Marcotte, se poursuit. Déjà exclu de son parti, éclaboussé par toutes sortes d'allégations, visé par une enquête de l'escouade Marteau, il devrait bientôt être privé de ses trois plus proches collaborateurs en plus d'être éventuellement forcé de quitter son bureau à l'hôtel de ville, a appris La Presse.

Mis à jour le 16 févr. 2011
Fabrice de Pierrebourg LA PRESSE

Selon nos sources, les conseillers indépendants ont informé le maire, il y a quelques jours, qu'ils avaient décidé de mettre fin au contrat de son chef de cabinet, Claude Lachapelle. Ce limogeage, dont les derniers détails ont été réglés au début de la semaine, sera entériné le 28 février prochain, à la séance mensuelle du conseil municipal. Deux autres membres de la garde rapprochée du maire, soit Nathalie Bougie et Dominic André Le Page, ses attachés politiques, sont aussi dans la ligne de mire des conseillers.

Mais ce n'est pas tout. Les mêmes conseillers de l'opposition songeraient à forcer le maire Richard Marcotte à quitter son grand bureau officiel, à l'hôtel de ville, pour une pièce de moindre importance. Motif invoqué: le besoin de place.

Claude Lachapelle, Dominic André Le Page et Nathalie Bougie avaient été embauchés en décembre 2009, juste après la réélection de Richard Marcotte. Leurs contrats devaient arriver à échéance à la fin de 2011. Des discussions ont été entamées pour les conditions de leur résiliation. M. Lachapelle avait joué un rôle actif pendant la campagne électorale, notamment en ce qui concerne le financement. Nathalie Bougie était la secrétaire-comptable de Ginette Grandmont, ex-députée adéquiste de Masson.

Informé par La Presse, Me Stéphane Handfield, ex-candidat de l'opposition au poste de conseiller municipal, ne cache pas sa satisfaction: «Il s'agit d'une excellente nouvelle pour les contribuables de Mascouche car, à notre avis, il s'agissait de dépenses inutiles. Il faut rappeler que ces postes avaient été créés quelques semaines avant que les citoyens ne voient leur compte de taxes gonflé de façon inacceptable. Dans le contexte actuel des choses, il s'agit d'une bonne décision du conseil municipal.»

Le nom du maire de Mascouche fait régulièrement les manchettes depuis plusieurs semaines. Il doit répondre à des allégations de favoritisme, de favoritisme avec des entrepreneurs, de corruption, etc.

Récemment, La Presse a révélé plusieurs faits troublants en ce qui concerne le financement de sa dernière campagne électorale, en 2009. La télévision de Radio-Canada s'est penchée sur le dossier de la Cité de la Gare et a évoqué un mystérieux voyage en Suisse qu'aurait fait le maire avec des actionnaires de la société à numéro impliquée dans le projet. Il y a eu aussi l'épisode de l'entrevue au cours de laquelle le maire était questionné sur l'origine d'un tracteur qu'il a en sa possession, qui a été retirée des ondes de la station locale TVRM.

En parallèle, on sait aussi que l'escouade Marteau enquête sur Mascouche. Plusieurs personnes ont été rencontrées, en particulier l'ex-représentant officiel du parti Ralliement Mascouche, comme il l'a indiqué récemment à La Presse. À ce volet policier, il faut ajouter les deux enquêtes et vérifications menées par le Directeur général des élections depuis le printemps dernier. Le bureau du DGE examine en particulier les contributions récoltées par le parti Ralliement Mascouche en 2009.

Il y a quelques jours, le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, a laissé entendre que le maire de Mascouche, qui refuse de démissionner, devrait se «questionner» sur son avenir en politique.

Le cabinet du maire n'a pas répondu à nos questions. Il y a une semaine, Richard Marcotte a déclaré à l'hebdomadaire Trait d'union qu'il ne parlerait plus aux médias nationaux.