En juillet 2019, alors qu’il prenait part à un festival de musique en Outaouais, Alec Paré, 19 ans, est mort des suites d’une surdose de drogues. Dans un rapport obtenu par La Presse, le coroner qui s’est penché sur le dossier recommande fortement aux organisateurs d’assurer la présence d’une ambulance pour éviter qu’un drame similaire ne se reproduise.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Il n’est pas rare que dans ce genre d’évènement, une ambulance avec une équipe paramédicale soit sur place. Ainsi, dans les cas plus graves, tels que celui présenté par M. Paré, un équipement médical plus adapté est disponible de façon instantanée et la décision du transport vers un milieu hospitalier se prend plus rapidement », écrit MFrancine Danais, dans son rapport déposé à la fin septembre.

C’est en marge du festival Valhalla Sound Circus, dans le village isolé de Kazabazua, en Outaouais, que le Longueuillois est mort. Il avait consommé des drogues dures, dont du « speed » et de la « MDMA ». Selon le rapport, ses amis ont constaté le lendemain qu’Alec avait « changé », que son regard était « vitreux », qu’il tenait des propos incohérents et avait des hallucinations, en plus de présenter des coups de soleil.

Peu après, le jeune homme a de nouveau consommé des drogues. En fin de journée, vers 17 h 30, il s’est rendu dans une section « appelée la scène Thunderground », où il y avait davantage d’ombre. Il s’est alors affaissé sur une roche.

En plusieurs temps

Alertés de la situation, les premiers secouristes du festival arrivent sur les lieux à 17 h 44, et constatent qu’Alec Paré a une « respiration laborieuse ». Il est alors transporté à la tente médicale de l’organisation. À ce moment, le jeune homme « a les lèvres bleutées et son corps est crispé avec les yeux grands ouverts ». Ses pupilles ne sont plus réactives.

Après l’installation d’une canule nasale et un apport en oxygène, le premier appel au 911 est fait vers 18 h 30, près d’une heure après la prise en charge, après que le festivalier ait eu des convulsions. Alec Paré fait ensuite un arrêt cardiorespiratoire (ACR), et un second appel est fait aux autorités. Les secouristes pratiquent des manœuvres de réanimation, installent un défibrillateur et lui donnent une dose de naloxone.

Neuf minutes plus tard, des ambulanciers arrivent sur place. Ils installent leur défibrillateur, mais « ne réussissent pas à intuber M. Paré vu que la mâchoire est crispée ». Le jeune homme est transporté à l’hôpital de Wakefield. Malgré une autre dose de naloxone durant le transport et deux à l’hôpital, son décès est constaté vers 19 h 42. Sa mort, qualifiée d’« accidentelle », est attribuée à « des complications liées à la consommation de drogues dans un contexte d’exposition à la chaleur et à la déshydratation ».

Un délai trop long ?

Dans son rapport, MDanais affirme qu’il faut « s’interroger sur le délai écoulé entre l’arrivée de M. Paré à la tente médicale dans l’état où il était (respiration laborieuse, pupilles non réactives) à 17 h 45 et le délai pour le premier appel au 911, soit 45 minutes plus tard, à 18 h 30 ».

Il est impossible de déterminer si une arrivée plus hâtive à l’hôpital aurait pu lui sauver la vie, mais cela aurait probablement augmenté ses chances.

MFrancine Danais, coroner

La juriste recommande aussi aux organisateurs du Valhalla Sound Circus de s’assurer « de la présence d’une ambulance et d’une équipe paramédicale sur le site pendant la durée de l’évènement », et de prévoir sur le site un endroit « aménagé à l’abri du soleil pour éviter les malaises » liés à des coups de chaleur.

En mars, Paul Levesque, de la Coopérative des paramédics de l’Outaouais, avait indiqué qu’en plus d’Alec Paré, un autre jeune adulte ainsi qu’une mineure avaient eux aussi été transportés à l’hôpital au cours de l’évènement après y avoir consommé de la drogue. « C’étaient des appels donnés en haute priorité, où il y a une urgence pour la vie », a-t-il dit.