Brexit: May veut rassurer les Européens installés au Royaume-Uni

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Theresa May

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Edouard GUIHAIRE
Agence France-Presse
Londres

«Nous voulons que vous restiez»: la première ministre britannique Theresa May a tenté lundi de rassurer les citoyens européens installés au Royaume-Uni en leur promettant qu'il ne leur serait pas demandé «de quitter le Royaume-Uni» après le Brexit.

«Je sais qu'il y a de l'inquiétude concernant ce qui arrivera aux citoyens européens», a déclaré Mme May en détaillant devant le Parlement britannique son projet sur le statut des immigrés européens dans le Royaume-Uni post-Brexit.

«Mais aujourd'hui, je tiens à calmer ces inquiétudes. Je souhaite rassurer pleinement les gens en leur disant qu'en vertu de ce projet, il ne sera demandé à aucun citoyen européen se trouvant actuellement légalement au Royaume-Uni de (le) quitter au moment où le pays quittera l'UE».

«Nous voulons que vous restiez», a assuré Mme May.

Cette question très sensible concerne 3,2 millions de ressortissants de l'UE qui s'interrogent depuis le référendum sur l'UE du 23 juin 2016 sur leur avenir dans ce pays.

Une communauté «appréciée», mais dont le sort dépendra aussi des droits qui seront accordés après le Brexit aux 1,2 million de Britanniques installés dans les 27 autres pays de l'UE, souligne le projet du gouvernement, un document de 17 pages, dévoilé lundi.

Le règlement de cette question fait partie des dossiers érigés en priorité par l'UE dans le cadre des négociations sur le Brexit qui ont officiellement débuté il y a une semaine.

Selon le projet, les citoyens européens conserveront leurs droits actuels jusqu'au jour de sortie de l'UE, et devront ensuite demander l'obtention d'un nouveau statut.

Le gouvernement fait la distinction entre les personnes présentes depuis au moins cinq ans dans le pays, à une date butoir restant à définir, et les autres.

Dans le premier cas, les citoyens européens pourront réclamer un statut de résident permanent, et disposer alors des mêmes droits qu'un Britannique, en termes d'accès au travail ou à la santé par exemple.

Les autres devront en revanche passer par un statut de résident temporaire, dont les contours n'ont pas été précisés.

La date butoir devrait être comprise entre le lancement officiel de la procédure de divorce (mars 2017) et la sortie effective du pays (théoriquement mars 2019). Elle fera l'objet de «discussions» avec les 27 en lien avec un accord de réciprocité pour les droits des Britanniques installés dans l'UE, selon le gouvernement.

Le document précise que ces règles ne s'appliqueront pas aux personnes qui se seront rendues coupables de crimes «graves» ou «répétés», ou considérées comme une «menace pour le Royaume-Uni».

«Pas une offre généreuse»

Alors que nombre de ressortissants présents dans le pays s'inquiètent d'éventuelles futures lourdeurs procédurales pour l'obtention d'un nouveau statut, le gouvernement promet de « moderniser » le fonctionnement de l'administration, avec des frais aussi bas que possible.

L'exécutif assure également que la transition se fera en douceur et que les candidats au statut de résident disposeront d'un délai « adapté » pour déposer leur dossier.

Le projet confirme enfin que la Cour européenne de justice ne sera plus compétente au Royaume-Uni pour trancher les litiges sur les droits des citoyens de l'UE après le Brexit.

La proposition a été vivement critiquée par le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn. « Ce n'est pas une offre généreuse (...) C'est la confirmation que Mme May veut utiliser les gens comme monnaie d'échange », a-t-il dénoncé, en estimant le Royaume-Uni avait besoin « d'une nouvelle approche sur le Brexit ».

Présentée la semaine dernière par Theresa May lors d'un sommet à Bruxelles, l'offre non détaillée alors avait été fraîchement accueillie par les dirigeants européens, comme par les citoyens européens installés au Royaume-Uni.

Ce projet est « en deçà de nos attentes » et « risque d'aggraver la situation » pour les Européens qui vivent au Royaume-Uni, avait ainsi déploré le président du Conseil européen Donald Tusk.

« C'est un premier pas, mais ce pas n'est pas suffisant », avait estimé le président de la Commission Jean-Claude Juncker.




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