Le prince Philip, 95 ans, prend sa retraite cet automne

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Jacques KLOPP
Agence France-Presse
Londres

Le Prince Philip, époux de la reine Elizabeth II, a décidé de ne plus prendre d'engagements publics à partir de l'automne, a annoncé jeudi le palais de Buckingham, une retraite qu'il estime bien méritée après 65 ans à honorer diverses manifestations de sa présence.

Le duc d'Édimbourg, qui va fêter ses 96 ans le 10 juin, détient le record de longévité des princes consorts britanniques.

Jeudi, il affichait une mine joviale lors d'un déjeuner de l'Ordre du mérite en compagnie de son épouse qui va, elle, «continuer à honorer le programme complet de ses engagements officiels avec le soutien d'autres membres de la famille royale», a précisé le palais.

Un assistant de la famille royale a précisé que la décision «n'a pas été prise pour des raisons médicales». «La plupart des gens prennent leur retraite 30 ans plus tôt», a-t-il ajouté, soulignant que le prince Philip était «impatient de profiter davantage de son temps libre».

780 organisations

Mercredi, il avait inauguré une plaque dans un stade de cricket. «Je suis l'expert en inauguration de plaques le plus expérimenté du monde», avait plaisanté à cette occasion le prince Philip, réputé pour son humour corrosif.

Il est actuellement parrain, président ou membre de plus de 780 organisations. «Il continuera ses activités jusqu'en août, que ce soit à titre individuel ou en accompagnant la reine. Ensuite le duc n'acceptera pas de nouvelles invitations, même s'il pourra choisir de participer à des événements publics de temps en temps», a précisé Buckingham Palace.

La Première ministre britannique Theresa May a exprimé sa «profonde gratitude» et envoyé ses «meilleurs voeux» au duc d'Édimbourg.

Devant le palais de Buckingham, résidence de la reine à Londres, Diane Cole, une Britannique de 76 ans, a salué le rôle joué par le prince Philip pendant plusieurs décennies: «Je pense que c'est un homme merveilleux et un mari fantastique. Il a accompli un travail remarquable aux côtés de la reine. Il a bien mérité un peu de repos».

Aussi gaffeur et blagueur qu'Elizabeth II est réservée, le prince Philip seconde son épouse depuis son accession sur le trône en 1952.

Sur cette période, il a honoré plus de 22 000 engagements publics et pris part à 637 visites à l'étranger en solo. En 2017, il est encore apparu avec la reine au zoo de Whipsnade, au nord de Londres, nourrissant un éléphant, ou aux côtés de Tom Cruise lors d'un diner de charité à Buckingham Palace.

Une doyenne en forme

«Mon premier, second et ultime emploi est de ne jamais laisser tomber la reine», avait-il affirmé il y a quelques années.

En retour, Elizabeth II avait déclaré que le prince Philip était son «roc» et «tout simplement ma force et mon soutien».

Si elle n'entend nullement abdiquer, la reine qui, à 91 ans est la doyenne mondiale des monarques, a aussi diminué le nombre de ses apparitions publiques. Son fils et héritier, le prince Charles, la représente de plus en plus dans les voyages à l'étranger, tout comme ses petits-fils Harry et William.

Après avoir honoré un engagement par jour en moyenne ces dernières années, Elizabeth II n'est apparue que 22 fois en public depuis le 1e janvier 2017, d'après les chiffres compilés par l'agence de presse britannique Press Association et le spécialiste de la monarchie Tim O'Donovan.

«C'est clairement un moment de transition. Je pense qu'elle voudra probablement en faire moins», a déclaré à l'AFP l'expert royal Robert Jobson.

Le couple royal pourrait néanmoins occuper de nouveau le devant de la scène cette année à l'occasion de la célébration de ses noces de platine, 70 ans après son mariage, le 20 novembre 1947, en l'abbaye de Westminster.

Malgré des caractères assez différents, Elizabeth II et son époux ont toujours affiché leur unité.

D'un tempérament fougueux, le prince Philip est coutumier des plaisanteries pas toujours diplomatiques et parfois au goût douteux. Mais la reine ne lui en a jamais tenu rigueur, pas plus que ses sujets qui trouvent qu'il apporte un peu de légèreté à la monarchie, et lui savent gré de sa constance auprès de leur monarque.

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Le meilleur hommage rendu à Philip vient d'ailleurs de son épouse elle-même, qui a déclaré: «c'est mon roc. Il a tout simplement été ma force et mon soutien».

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Elizabeth et Philip en 1959.... (AP) - image 2.1

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Elizabeth et Philip en 1959.

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Roc de la reine et gaffeur roi

(Édouard GUIHAIRE, LONDRES) - De souche allemande, Philip de Grèce et du Danemark est né à Corfou sur une table de cuisine le 10 juin 1921. À l'âge de 18 mois il est évacué dans un lit fait de cartons d'oranges à bord d'un navire britannique, avec ses parents et ses quatre soeurs aînées, alors que son oncle le roi de Grèce est déposé.

Il connaît ensuite une enfance solitaire et agitée, entre la France, l'Angleterre et l'Allemagne. Sa mère, dépressive, est hospitalisée puis entre dans les ordres, tandis que son père part s'installer à Monaco. Ses soeurs se marient quant à elles à des Allemands, dont l'un est un dignitaire nazi.

Recueilli par des parents, il suit une scolarité nomade, avant de rejoindre la Royal Navy et de prendre une part active dans la Seconde Guerre mondiale.

Il a 18 ans lorsqu'il rencontre pour la première fois la jeune Elizabeth, qui n'en a que 13, mais tombe sous le charme du bel officier.

Leur union est d'abord vue d'un mauvais oeil par les parents de la jeune princesse: Philip est un prince étranger, sans le sou et peu policé. Mais «Lilibet» l'adore et le mariage se fait le 20 novembre 1947 en l'abbaye de Westminster.

Le couple s'installe dans la foulée à Malte, où le prince Philip vient d'être muté. «Philip Mountbatten», titre qu'il a pris à ses noces, est fait commandant et compte bien continuer à poursuivre sa carrière navale.

La mort prématurée du roi George VI en 1952, qui propulse Elizabeth sur le trône, est pour lui un déchirement, selon ses proches. Il lui faut abandonner ses ambitions et devenir à jamais le second de sa femme, la reine.

«Mon roc»

«Je ne sais pas combien de temps il va tenir, il est comme mis en bouteille», dira l'ex-roi de Yougoslavie. Il se résigne à marcher deux pas derrière son épouse, sans pouvoir jamais entièrement cacher sa frustration.

Ainsi, le jour où Churchill a conseillé que la famille prenne le nom de Windsor au lieu de celui de Mountbatten, Philip aurait hurlé: «je ne suis qu'une foutue amibe, ici!»

Mais cela n'ira pas au détriment de sa loyauté envers la reine. «Mon premier, second et ultime emploi est de ne jamais laisser tomber la reine», a-t-il dit.

Son tempérament fougueux et complètement opposé au «politiquement correct» lui fait commettre des gaffes, parfois aux relents xénophobes. «Vous vous battez toujours à coups de lance?», demande-t-il à un Aborigène lors d'une visite en Australie en 2002. À un garçon de 13 ans qui lui confie son rêve de devenir astronaute, il lâche, en 2001: «tu es trop gros».

Un langage peu protocolaire dont la reine ne lui tient pas rigueur, pas plus que ses sujets qui trouvent qu'il apporte un peu de légèreté à la monarchie et lui savent gré de sa constance auprès d'Elizabeth II.

Le meilleur hommage rendu à Philip vient d'ailleurs de son épouse elle-même, qui a déclaré: «c'est mon roc. Il a tout simplement été ma force et mon soutien».




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