Le président turc «peiné» par le soutien de Poutine à Assad

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Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine se sont rencontrés à Moscou le 10 mars dernier.

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Agence France-Presse
Istanbul

Ankara a condamné le soutien de Moscou au régime syrien auquel est imputée une attaque chimique présumée, le président turc Recep Tayyip Erdogan se disant «peiné» par l'attitude de son homologue russe Vladimir Poutine.

«J'ai parlé avec M. Poutine. Mais M. Poutine dit : "(Bachar al-) Assad est-il ou non derrière cela?" S'il ne comprend pas cela depuis deux jours, alors cela nous peine», a déclaré M. Erdogan lors d'un entretien à la chaîne turque Kanal 7.

«Nous devons dépasser cela le plus rapidement possible, nous devons prendre une décision. Qui sont nos alliés? Qui sont nos ennemis?», a poursuivi M. Erdogan.

Le chef de l'État turc n'a pas précisé dans quel contexte il avait eu cet échange avec son homologue russe, mais les deux dirigeants avaient eu un entretien téléphonique mardi, dans les heures qui ont suivi l'attaque présumée chimique en Syrie.

Au moins 86 personnes, dont 30 enfants, ont été tuées lors d'un raid mené mardi sur Khan Cheikhoun, petite ville de la province rebelle d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

Si la Turquie et d'autres pays accusent le régime de M. Assad de porter la responsabilité de l'attaque, M. Poutine a déclaré jeudi qu'il était «inacceptable» de porter des «accusations non fondées contre qui que ce soit».

Peu avant M. Erdogan, le chef de la diplomatie turque, Mevlüt Cavusoglu, avait durement critiqué le soutien de Moscou au régime de Damas.

«Que la Russie protège ce régime (syrien), c'est une mauvaise chose au plus haut point», a déclaré M. Cavusoglu lors d'un entretien à la chaîne d'information NTV, ajoutant que personne ne pouvait «soutenir ce crime contre l'humanité».

Ces déclarations sont les plus critiques adressées par Ankara à l'endroit de Moscou depuis le réchauffement de leurs relations diplomatiques au cours des derniers mois, après une grave crise diplomatique provoquée par un incident aérien au-dessus de la frontière syro-turque à l'automne 2015.

Ankara et Moscou s'opposent sur le dossier syrien, la Turquie appuyant l'opposition qui tente de renverser M. Assad qui est soutenu par la Russie.

Les deux pays ont parrainé, avec l'Iran, un accord fin décembre visant à consolider la trêve en Syrie, lors de négociations dans la capitale du Kazakhstan, Astana.

«Si ces attaques se poursuivent, Astana aura perdu tout son sens (...) Peut-il y avoir des pourparlers alors que des armes chimiques» sont utilisées?, a déclaré M. Cavusoglu jeudi.

La Turquie et d'autres pays, dont les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, ont désigné le régime du président Assad comme le responsable de l'attaque de mardi.

Selon Moscou, l'aviation syrienne a bombardé un «entrepôt» des rebelles contenant des «substances toxiques». En explosant, ces dernières se seraient disséminées dans l'atmosphère.




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