Fusillade dans une école en France : dix blessés légers

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Des jeunes munis de couvertures thermiques sont évacués de leur école.

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Claudine RENAUD, Gregory DANEL
Agence France-Presse
Grasse et Paris

Un adolescent de 17 ans, qui a agi sans motivation terroriste, a ouvert le feu jeudi dans son école secondaire, faisant une dizaine de blessés légers avant d'être interpellé et suscitant une brève panique dans une France encore traumatisée par les attentats.

Cette fusillade survenue à Grasse intervient alors que le pays est placé sous le régime exceptionnel de l'état d'urgence depuis la vague d'attentats djihadistes sans précédent de 2015 et 2016, qui fait craindre aux autorités de nouvelles attaques.

«Aucun lien ne peut être envisagé avec une entreprise terroriste», a déclaré la procureure de Grasse, Fabienne Atzori, lors d'une conférence de presse.

Les motivations du jeune homme, qui n'a opposé «aucune résistance» lors de son arrestation, «semblent liées aux mauvaises relations qu'il entretiendrait avec d'autres élèves» de l'établissement, a-t-elle ajouté.

«Il s'agit visiblement de l'acte fou d'un jeune homme fragile et fasciné par les armes à feu», a estimé la ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem, qui s'est immédiatement rendue sur place. Le jeune a été placé en garde à vue pour «tentatives d'assassinats».

«Nous sommes passés à côté du pire», a souligné la ministre, rendant hommage au courage du proviseur de l'établissement «qui s'est précipité vers (le jeune homme) pour le raisonner: il a été héroïque (...) et c'est comme cela qu'il a été blessé par balles».

Au total, une dizaine de personnes ont été blessées ou choquées, selon la procureure.

Elève de l'école Alexis de Tocqueville, le jeune «est entré dans l'établissement aux alentours de 12h30, il était armé avec un fusil de chasse», selon les autorités locales. «Il a agressé, pour des motifs qui restent à déterminer, le proviseur et trois autres de ses camarades», ont-elles précisé.

Le suspect interpellé en possession de plusieurs armes dont un fusil à pompe et une grenade, pourrait souffrir de «problèmes psychologiques», a déclaré de son côté le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Christian Estrosi.

Sur des comptes Facebook, Twitter et YouTube correspondant au nom du suspect, on pouvait voir plusieurs photos et vidéos de tuerie comme celle de Columbine aux États-Unis, une fusillade dans une école du Colorado qui avait 13 morts en 1999, ainsi qu'une vidéo d'une personne avec un masque de clown brandissant un pistolet. 

Des agents de la Brigade de recherche et d'intervention... (AP) - image 2.0

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Des agents de la Brigade de recherche et d'intervention étaient sur les lieux.

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Hélicoptère et forces spéciales 

Une élève de 15 ans, Mokhtaria, fumait avec des amis dans le garage à motos de l'école lorsque les tirs ont retenti: «On a entendu des coups de feu» et «on a vu plein de gens descendre en criant: "Y'a un taré qui tire sur les gens!" On est partis en courant», témoigne-t-elle.

«On a été sauvés par la clope!» conclut sa copine Audrey.

Policiers aux ronds-points, hélicoptère dans le ciel, membres des forces spéciales fouillant l'école : la tension était encore palpable dans les rues de Grasse jeudi après-midi.

La fusillade a entraîné le déclenchement par les autorités de l'«alerte attentat» sur l'application pour téléphones intelligents destinée à prévenir la population. Tous les établissements scolaires de la ville ont été confinés et le recteur a demandé aux parents de ne pas s'y rendre.

Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris (130 morts), les autorités avaient demandé aux établissements scolaires, directement menacés par le groupe djihadiste État islamique (EI), de mener des exercices d'entraînement dans leurs enceinte en cas d'attaques.

Pratiquement au même moment, un colis piégé a explosé au siège du Fonds monétaire international (FMI) jeudi à Paris, faisant un blessé. Cet acte a été qualifiée d'attentat par le président socialiste François Hollande.

Le chef de l'État a estimé que ces deux événements - à moins de quarante jours du premier tour de l'élection présidentielle - étaient de nature à «justifier l'état d'urgence», instauré après les attentats du 13 novembre 2015 et en vigueur jusqu'au 15 juillet.

Ces vingt dernières années, des élèves ont été blessés ou tués par balle dans l'enceinte scolaire mais la France a jusqu'ici échappé à des tueries de masse comme aux États-Unis, en Allemagne ou en Finlande, notamment en raison d'un contrôle plus strict de la détention d'armes.




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