«Viol» à la matraque en France: incidents en marge d'une manifestation

«Plusieurs centaines d'individus violents et très mobiles» ont... (PHOTO Aurelien Morissard, AP)

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«Plusieurs centaines d'individus violents et très mobiles» ont commis diverses «exactions et dégradations», a affirmé la préfecture de police de Paris (PP), qui chiffre le nombre des manifestants à «près de 2000 personnes».

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Agence France-Presse
BOBIGNY

Des incidents ont éclaté samedi en marge d'une manifestation de quelque 2000 personnes en région parisienne après l'inculpation d'un policier soupçonné d'avoir sodomisé à la matraque un jeune homme noir lors d'une interpellation début février, a constaté une journaliste de l'AFP.

«La police viole», «je ne suis pas un bamboula», «la police tue des innocents», pouvait-on lire sur des pancartes dans la manifestation de plusieurs centaines de personnes qui avait débuté dans le calme.

Rassemblés à Bobigny, une ville au nord-est de Paris, les manifestants ont réclamé «justice pour Théo», ce jeune de 22 ans qui a dû être opéré après avoir été grièvement blessé le 2 février dans la zone rectale lors d'une interpellation musclée à Aulnay-sous-Bois, non loin de Bobigny.

Un policier a été inculpé pour viol et trois autres pour violences en réunion. Tous ont été suspendus.

Une heure après le début du rassemblement, des policiers postés sur une passerelle au-dessus du lieu du rassemblement ont reçu des projectiles lancés par des manifestants. Des cris, des bruits de pétards et des mouvements de foule ont suivi.

Des casseurs s'en sont pris aux vitres d'un immeuble et au mobilier urbain, ainsi qu'à une camionnette siglée aux lettres d'une station de radio. Les manifestants se sont ensuite dispersés.

«Plusieurs centaines d'individus violents et très mobiles» ont commis diverses «exactions et dégradations», a affirmé la préfecture de police de Paris (PP), qui chiffre le nombre des manifestants à «près de 2000 personnes».

Dans un communiqué, elle liste notamment: projectiles lancés contre «des bâtiments publics, des établissements commerciaux», quatre véhicules incendiés, deux commerces et la gare routière «dégradés», plusieurs poubelles incendiées.

Des policiers ont «dû intervenir pour porter secours à une jeune enfant se trouvant dans un véhicule en feu», ajoute la PP, précisant qu'en début de soirée, aucun blessé n'était à déplorer.

«Nos enfants sont des Français!», a crié une femme se présentant comme une «mama africaine» pendant la manifestation, déclenchant les applaudissements. «C'est une honte de voir ce qui se passe aujourd'hui dans le pays des droits de l'Homme».

Les slogans rappelaient aussi deux adolescents morts dans un transformateur électrique, à l'origine d'émeutes en banlieue en 2005, ou Adama Traoré, décédé lors de son interpellation l'été dernier en région parisienne.

À Toulouse (sud-est), une manifestation a rassemblé samedi 250 personnes dans le calme, selon la police et les organisateurs. Aucun incident n'a été signalé à Nantes (ouest) où ont manifesté plus de 300 personnes.

Plusieurs communes de la région parisienne ont connu des nuits sous tension depuis l'hospitalisation de Théo. Dans la nuit de vendredi à samedi, huit personnes ont été interpellées pour des violences urbaines, et 25 la nuit précédente.




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