Fragilisé, le premier ministre roumain tente de rester aux commandes

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Le premier ministre roumain Sorin Grindeanu.

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Mihaela RODINA
Agence France-Presse
BUCAREST

Le Premier ministre roumain Sorin Grindeanu, qui affronte depuis une semaine une contestation populaire sans précédent, s'est dit déterminé mercredi à rester aux commandes, malgré les appels à la démission nés de projets controversés sur la justice anticorruption.

«Nous avons un devoir envers la confiance populaire gagnée dans les urnes, le devoir de continuer à gouverner», a déclaré M. Grindeanu lors du débat sur une motion de censure déposée par l'opposition libérale.

Fort de la large majorité conquise par le parti social-démocrate (PSD) aux législatives de décembre, M. Grindeanu, 43 ans, ne devrait avoir aucune difficulté à y survivre, selon les analystes.

Le vote doit intervenir en milieu d'après-midi.

En place depuis un mois, le premier ministre a vertement critiqué le président de centre droit Klaus Iohannis, qui avait appelé les sociaux-démocrates à «trouver une issue de la crise», suggérant une démission de l'exécutif.

«Une chose est clairement ressortie du discours du président: son vif souhait d'installer rapidement "son" gouvernement», a lancé le premier ministre.

Cadre du parti social-démocrate (PSD) sans grande expérience nationale, M. Grindeanu se retrouve en première ligne pour affronter des manifestations jamais vues en Roumanie depuis la révolution de 1989 qui a eu raison du régime communiste.

Son gouvernement a eu beau retirer dimanche le décret incriminé, qui révisait le code pénal et mettait à l'abri de nombreux suspects de corruption, la colère des opposants au gouvernement ne s'éteint pas, même si la fréquentation des manifestations a marqué le pas depuis les rassemblements monstres de dimanche dans tout le pays.

Le chef du PSD Liviu Dragnea a réitéré mercredi son soutien à M. Grindeanu, qu'il avait lui-même désigné en décembre pour diriger l'exécutif.

Mais il a admis que la seule abrogation du décret ne suffisait pas.

«Le gouvernement a compris le message des manifestants. D'autres mesures vont suivre pour mettre fin à ce conflit provoqué par une mauvaise communication», a-t-il assuré, sans donner de détails.

Deux camps face à face

M. Dragnea, également chef de la chambre des députés, cristallise la colère des manifestants pour lesquels il incarne une classe politique roumaine décrédibilisée. Une condamnation à deux ans de prison avec sursis pour fraude électorale l'avait empêché de briguer le poste de premier ministre et il est actuellement en procès dans une affaire d'emplois fictifs. Le décret gouvernemental aurait dénoué ses ennuis judiciaires, critiquent ses opposants.

La motion de censure déposée par les 123 élus du Parti national libéral (PNL) et de l'Union Sauvez la Roumanie (USR) appelle le gouvernement à «ne pas légaliser le vol». «Les Roumains ne veulent pas que les hommes politiques corrompus soient graciés et mis à l'abri de justice. Légiférer pour des intérêts particuliers ne fait qu'affaiblir l'État de droit et la nation», critique le texte.

À l'instar du président Iohannis, nombre de manifestants affirment que le PSD doit trouver une solution pour mettre un terme à cette crise, sans pour autant convoquer de nouvelles élections.

«Le gouvernement Grindeanu doit partir mais il y a suffisamment de gens compétents au sein du PSD pour former un autre gouvernement», a déclaré à l'AFP une manifestante de Bucarest, Luminita Dobrescu, 64 ans, qui a travaillé dans l'administration locale.

Mardi soir, environ 3000 manifestants, selon les médias, se sont rassemblés devant le siège du gouvernement, scandant «Jour après jour, nous serons ici !».

«Nous respectons le résultat des élections. Nous voulons un gouvernement compétent et propre», proclamait une banderole de plusieurs dizaines de mètres de long.

Les partisans des sociaux-démocrates, qui disposent d'une solide base électorale dans les campagnes défavorisées, ont également commencé à se mobiliser. Pour la quatrième journée consécutive, ils sont appelés à se rassembler mercredi devant le palais présidentiel où ils ont accusé le chef de l'État d'avoir «semé la discorde» en encourageant les protestations antigouvernementales.




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