2016, l'année de Poutine

Interrogé au cours de sa traditionnelle conférence de... (photo Alexei Druzhinin, sputnik/REUTERS)

Agrandir

Interrogé au cours de sa traditionnelle conférence de presse de fin d'année, le chef de l'État russe est revenu sur 2016 qui a consacré sa politique militaire en Syrie et ses paris politiques en Europe et aux États-Unis où l'influence russe n'a jamais été aussi forte depuis la chute de l'Union soviétique il y a très exactement 25 ans.

photo Alexei Druzhinin, sputnik/REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Maxime POPOV, Karim TALBI
Agence France-Presse
MOSCOU

Vladimir Poutine a affiché vendredi sa confiance en l'avenir au terme d'une année où tout lui a souri, des États-Unis avec la victoire qu'il avait prévue de Donald Trump, à la Syrie où il veut mettre un terme à la guerre et installer durablement la Russie.

Interrogé au cours de sa traditionnelle conférence de presse de fin d'année, le chef de l'État russe est revenu sur 2016 qui a consacré sa politique militaire en Syrie et ses paris politiques en Europe et aux États-Unis où l'influence russe n'a jamais été aussi forte depuis la chute de l'Union soviétique il y a très exactement 25 ans.

« Personne, à part nous », les Russes, n'a cru que Donald Trump pouvait être élu président, a lancé M. Poutine, tout en fustigeant les démocrates de Barack Obama et d'Hillary Clinton pour leur manque de « dignité » dans la défaite.

La Russie, et Vladimir Poutine personnellement, ont été accusés par Washington d'avoir perturbé l'élection présidentielle à l'aide de piratages informatiques censés avoir favorisé la victoire de M. Trump, partisan d'une « normalisation » des relations avec Moscou.

« Le Parti démocrate n'a pas seulement perdu l'élection présidentielle, mais aussi le Sénat, où les républicains ont la majorité, et le Congrès, où les républicains ont la majorité. Est-ce à cause de quelque chose que nous, que moi, avons fait ? », a ironisé le président russe.

« Ils perdent sur tous les fronts, mais mettent leurs échecs sur le compte des autres, de facteurs externes. À mon avis, cela sape leur dignité. Il faut savoir perdre avec dignité », a estimé M. Poutine.

Décontracté, sûr de lui, le chef de l'État s'est permis un trait d'humour sur le statut de « maître du monde » que lui donnent certains commentateurs. À un journaliste américain qui l'interrogeait sur une éventuelle élection présidentielle anticipée, Vladimir Poutine lui a répondu avec le sourire : « Dans quel pays ? »

Course aux armements

Vladimir Poutine a également accusé le gouvernement américain d'avoir mis leurs deux pays sur la voie d'une nouvelle course aux armements en se retirant du traité ABM sur la limitation des armes stratégiques en 2002.

« Lorsqu'une des parties se retire unilatéralement du traité et affirme qu'elle créera un parapluie antinucléaire pour elle-même, alors la deuxième partie doit soit créer le même parapluie soit créer des systèmes efficaces pour surpasser ce système de défense antimissile, ce que nous faisons avec succès », a jugé M. Poutine. « Ce n'est pas nous qui avons lancé (ce processus). Nous avons été forcés de répondre à ce défi », a-t-il ajouté.

La veille, il avait ordonné le renforcement de la force de frappe nucléaire de la Russie, notamment afin de la rendre capable de percer tout bouclier antimissile. Dans la foulée, Donald Trump avait suivi en appelant à renforcer et accroître la capacité des États-Unis en matière d'armements nucléaires.

M. Poutine a assuré vendredi ne voir « rien d'inhabituel » et « rien de nouveau » dans cette prise de position.

De son côté, Donald Trump a, le même jour, rendu publique une brève lettre du chef de l'État russe dans laquelle ce dernier souhaite rétablir la coopération russo-américaine et la porter « à un nouveau niveau qualitatif ».

Maître en Syrie

Ces déclarations pleines de détermination de M. Poutine interviennent au lendemain de l'annonce par l'armée syrienne de la reprise de la totalité de la ville d'Alep, la plus grande victoire du président Assad depuis le début de la guerre en 2011, un succès qui n'aurait pas été possible sans le soutien militaire décisif de la Russie.

Vladimir Poutine, qui s'est rendu maître du jeu en Syrie au point d'avoir réussi à presque totalement évincer Washington du processus de règlement du conflit, a appelé vendredi après sa conférence de presse le chef de l'État syrien, officiellement pour la première fois depuis mars, pour le féliciter de la « libération » d'Alep, « un pas très important » vers la paix.

« L'objectif est de se concentrer sur les questions concernant le règlement pacifique du conflit », a-t-il dit à M. Assad, selon le Kremlin.

Pour l'année à venir, le président russe a fixé un cap : la fin de la guerre et des négociations de paix entre Damas et l'opposition sous le parrainage de la Russie, de la Turquie et de l'Iran.

« Il faut tout faire pour que les combats cessent sur tout le territoire syrien. En tout cas, c'est ce que nous cherchons à obtenir », avait-il affirmé dans la matinée.

Signe que la Russie est désormais implantée pour longtemps en Syrie, M. Poutine a ordonné vendredi d'agrandir les installations portuaires militaires russes à Tartous, dans le nord-ouest de ce pays, censées devenir une base navale permanente.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer