Turquie: reprise d'une violente campagne attribuée au PKK, 14 morts

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Trois personnes, deux civils et un policier, avaient été tuées et 73 blessées à Van (est) dans un attentat à la voiture piégée également attribué au PKK par les autorités locales.

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Burak Akinci
Agence France-Presse
Ankara

Après quelques semaines de calme relatif à la suite du putsch manqué en Turquie, une nouvelle campagne d'attentats meurtriers imputée à la guérilla kurde a repris, touchant, pour la première fois, des régions où la population n'est pas majoritairement kurde.

En quelques heures, trois attaques attribuées par Ankara au Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) ont fait au moins 14 morts et plus de 200 blessés dans l'est et le sud-est du pays.

Au début du mois, le commandant du PKK Cemil Bayik avait menacé d'intensifier les attaques contre la police «dans toutes les villes de Turquie» et non pas seulement dans le sud-est à majorité kurde, théâtre habituel des violences.

«Le PKK veut profiter de l'actuelle atmosphère en Turquie. Toute organisation terroriste aime profiter des crises», a souligné auprès de l'AFP une source proche du gouvernement, en référence au coup d'État raté qui a ébranlé quelques heures le pouvoir du président Recep Tayyip Erdogan le 15 juillet.

Ce dernier a donné un nouveau bilan de cinq morts pour l'attentat à la voiture piégée survenu jeudi à Elazig (est), assurant que la Turquie ne baisserait jamais les bras contre le PKK.

Auaparavant le premier ministre turc Binali Yildirim qui s'est rendu dans ce bastion nationaliste turc jusqu'à présent épargné par les ravages du conflit kurde avait fourni un bilan de trois policiers tués et 145 autres personnes blessées (85 policiers et 60 civils).

M. Yildririm a pointé du doigt le PKK. «Il n'y a aucun doute qu'il s'agit de l'oeuvre de l'organisation terroriste (...) Aucun mouvement terroriste ne peut faire céder le peuple turc», a-t-il martelé devant la presse.

L'attaque a visé le siège de la police de cette province non kurde de l'est de la Turquie. Elle a provoqué des dégâts considérables dans le bâtiment de quatre étages.

«Nous n'avions jamais eu une telle attaque» à Elazig, a déclaré sur CNN-Türk Omer Serdar, député de cette province du parti islamoconservateur au pouvoir AKP (Parti de la justice et du développement).

Déstabiliser la Turquie

Quelques heures plus tard, un convoi militaire a été visé à Bitlis (sud-est) par des rebelles du PKK, selon la presse, qui ont fait exploser un engin à son passage, tuant cinq soldats et un «gardien de village», la milice kurde anti-PKK. Sept soldats ont été blessés.

Et dans la nuit de mercredi à jeudi, trois personnes, deux civils et un policier, avaient été tuées et 73 blessées à Van (est) dans un attentat à la voiture piégée également attribué au PKK.

Une vidéo tournée au moment de l'explosion montre une boule de feu soufflant les vitres d'un salon de réception où des invités dansent sur des airs folkloriques lors d'un mariage, avant de se mettre à hurler, pris de panique.

Van est une grande ville à population mixte kurde et turque et une destination touristique populaire, proche de l'Iran.

Elle avait aussi été relativement épargnée par les violences qui perdurent depuis 1984 et qui ont coûté la vie à plus de 40 000 personnes.

Amnesty International a dénoncé les attentats: «Les responsables de ces crimes montrent un mépris pour le droit à la vie et doivent être traduits en justice», a estimé l'ONG dans un communiqué.

Lundi, cinq policiers et trois civils avaient été tués par un attentat à la voiture piégée imputé au PKK contre un poste de police sur une autoroute de Van.

Les forces de sécurité subissent des attaques quasi quotidiennes du PKK depuis qu'un cessez-le-feu entre les rebelles kurdes et les forces gouvernementales a pris fin pendant l'été 2015. Des centaines de policiers et de militaires ont été tués.

Dans la foulée de la purge lancée par les autorités turques contre les sympathisants de l'ex-imam Fethullah Gülen, accusé d'être l'instigateur du putsch avorté, des milliers de policiers et de soldats ont été limogés ou placés en détention, faisant craindre un affaiblissement des moyens de l'Etat pour combattre le PKK.

Jeudi M. Erdogan a réaffirmé que le PKK et la FETO, l'acronyme utilisée par Ankara pour désigner le réseau Gülen, s'étaient ligués pour déstabiliser la Turquie. «Après la FETO, c'est le PKK qui a pris le relais pour les violences».

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