Brexit: 1300 chefs d'entreprise prônent le maintien dans l'UE

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Rémi BANET
Agence France-Presse
Londres

Près de 1300 chefs d'entreprise ont appelé mercredi à un maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, à la veille d'un référendum extraordinairement indécis mais déterminant pour l'avenir du pays et du reste de l'Europe.

Pour ces dirigeants - dont la moitié des poids lourds cotés à la Bourse de Londres et qui emploient 1,75 million de personnes -, «l'UE est favorable à l'activité et favorable à l'emploi».

À un jour du vote, les sondages donnaient toujours les deux camps dans un mouchoir de poche. Pro et anti-UE étaient donc bien décidés à jeter leurs dernières forces dans la bataille pour tenter de convaincre les Britanniques et notamment les 10% indécis qui pourraient faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre.

Selon la moyenne des six derniers sondages calculée par le site WhatUKThinks, le maintien dans l'UE compte un petit point d'avance (51%) dans les intentions de vote.

Le résultat du vote est guetté avec inquiétude par la plupart des capitales européennes et par Bruxelles, qui craint un effet de contagion en cas de Brexit pouvant ouvrir la voie à un «détricotage» de l'UE après plus de 50 ans d'une construction européenne laborieuse.

La Bourse de Londres a ouvert mercredi en légère hausse, dans un marché qui reste prudent, et la livre était globalement stable.

«Personne ne sait»

Dans un entretien avec le quotidien The Guardian, le premier ministre conservateur David Cameron a appelé les Britanniques à envoyer le message qu'ils ne sont pas repliés sur eux-mêmes. Dans un autre entretien, au Financial Times, il s'est dit persuadé que le pays allait attirer davantage d'investissements au lendemain du scrutin si le pays choisit de rester dans le giron de l'UE.

«C'est très serré, personne ne sait ce qui va se passer», a-t-il toutefois admis.

Face à lui, l'ex-maire conservateur de Londres Boris Johnson a exhorté les Britanniques à «reprendre le contrôle» de leur argent et de leurs frontières en sortant de l'UE, dans une interview à la chaîne SkyNews.

La veille au soir, il s'était attiré les ovations du public venu assister à un débat qui l'opposait notamment au pro-UE Sadiq Khan, son successeur à la mairie de Londres, en affirmant que vendredi pourrait être «jour d'indépendance» pour le Royaume-Uni alors que le résultat du vote doit être proclamé vendredi au petit matin.

Les échanges pendant le débat, qui a rassemblé 6000 personnes dans une salle de spectacle de la capitale britannique, ont été très vifs, rappelant l'agressivité de la campagne référendaire, qui s'est concentrée sur deux sujets majeurs, l'économie et l'immigration.

Sadiq Khan a accusé les pro-Brexit et Boris Johnson de «mentir» quand ils disent que la Turquie pourrait rejoindre l'UE dans un futur proche.

M. Johnson a répliqué en affirmant que le camp pro-UE avait axé toute sa campagne sur la «peur» des conséquences économiques d'un Brexit.

«Ils disent que nous n'avons pas d'autres choix que de plier le genou devant Bruxelles. Nous disons qu'ils sous-estiment lamentablement ce pays», a ajouté M. Johnson, à qui l'on prête l'ambition de succéder au premier ministre David Cameron.

«Acte de déraison»

Mercredi en fin de journée, un ultime débat sur Channel 4 opposera notamment le député du parti national écossais (SNP) Alex Salmond, pro-UE, à Nigel Farage, le chef de l'Ukip, le parti europhobe et anti-immigration.

Sadiq Khan doit lui se joindre en début d'après-midi au chef du Labour Jeremy Corbyn pour un rassemblement à Londres en faveur d'un maintien dans l'UE.

«Si les Britanniques limitent ou compliquent (leur accès au marché unique), ils ne seront plus longtemps la deuxième économie européenne ou un membre du G7. Ce serait un acte de déraison», a déclaré mercredi le président du Parlement européen Martin Schulz dans le quotidien allemand Tagessiegel.

La journée de mercredi devait également être marquée par une série d'évènements organisés au Royaume-Uni et dans le monde entier en hommage à la députée travailliste Jo Cox, militante pro-UE sauvagement tuée à coups de couteau et par balles la semaine dernière dans sa circonscription du nord de l'Angleterre.

À Londres, un rassemblement est prévu dans l'après-midi à Trafalgar Square en l'honneur de l'élue, qui aurait eu 42 ans ce mercredi. Un hommage doit également être organisé au célèbre festival de musique de Glastonbury, dans le sud-ouest de l'Angleterre.

Selon son mari, Brendan Cox, la députée a été tuée en raison de son engagement. «Elle faisait de la politique et elle avait des opinions très fortes et je pense qu'elle a été tuée à cause de ça», a-t-il déclaré dans à la BBC.

Quelque deux millions de Britanniques ont rejoint depuis décembre les listes électorales, portant le nombre d'électeurs potentiels au référendum de jeudi à 46,5 millions, un record selon la commission électorale.

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