L'assaillant du commissariat parisien vivait dans un foyer de réfugiés allemand

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Arrivé à Recklingshausen début août et reparti en décembre, l'homme avait peint un symbole de l'EI sur un mur de sa chambre.

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Yacine LE FORESTIER
Agence France-Presse
Berlin

L'homme tué cette semaine en attaquant un commissariat parisien vivait dans un foyer de demandeurs d'asile en Allemagne, selon la police, une révélation potentiellement embarrassante au moment où la politique généreuse du gouvernement à l'égard des réfugiés est décriée.

L'homme vivait «dans un foyer de demandeurs d'asile» à Recklingshausen, ville de la Ruhr, qui a été perquisitionné samedi, a indiqué la police régionale.

«Aucun indice de possibles autres attaques» n'a été trouvé, ni aucun explosif, a-t-elle assuré.

Cet homme, dont l'identification est toujours en cours mais qui a été reconnu par ses proches comme un Tunisien nommé Tarek Belgacem, était un demandeur d'asile qui «depuis 2011 a voyagé à travers l'Europe et déposé des demandes d'asile partout», et «avait un passé criminel», a indiqué le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière à la télévision ZDF.

Son homologue français Bernard Cazeneuve à lui appelé «à la plus grande prudence» concernant les informations concernant cet homme, n'étant «pas sûr» que celles données par la police allemande ce week-end soient exactes.

Un an jour pour jour après les attentats contre le journal Charlie Hebdo, ayant fait douze morts, l'homme est arrivé jeudi en courant vers les policiers devant le commissariat en brandissant un hachoir de boucher, et muni d'un dispositif explosif factice. Il a été tué par la police.

Connu pour ses sympathies djihadistes

Une profession de foi en faveur de l'organisation État islamique (EI) a été retrouvée sur lui, de même qu'une puce allemande pour téléphone portable, ce qui a orienté les recherches vers ce pays.

Le directeur de la police judiciaire de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Uwe Jacob, a précisé dimanche que cet homme serait venu en Allemagne pour la première fois en 2013, après être resté cinq années en France, selon l'agence allemande DPA.

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L'homme avait déposé sa demande d'asile sous le nom de Walid Salihi et était connu pour ses sympathies djihadistes. 

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«Nous ne sommes pas sûrs de qui il est en fait», a déclaré M. Jacob. L'homme avait en effet donné au moins sept identités différentes, sous lesquelles il avait perpétré différents délits comme trafic de drogue ou blessures et purgé un mois de prison. Il s'était présenté parfois comme Syrien, Marocain, Tunisien ou Géorgien.

Il avait déposé sa demande d'asile sous le nom de Walid Salihi, selon le journal Welt am Sonntag, et était connu pour ses sympathies djihadistes. Arrivé à Recklingshausen début août et reparti en décembre, l'homme avait peint un symbole de l'EI sur un mur de sa chambre, a d'ailleurs confirmé la police.

Le maire de cette ville, Christoph Tesche, a fait part dimanche de sa «consternation» en apprenant que l'assaillant habitait dans sa commune. «Il reste de notre devoir de fournir un abri aux gens qui fuient leur pays car ils craignent pour leur vie. Mais il est aussi de notre devoir, notamment à l'égard des citoyens (en Allemagne), de faire en sorte que des gens ayant de telles intentions ne se cachent pas dans nos centres», a-t-il dit.

Alimenter les critiques

Des djihadistes ont été suspectés récemment d'agir en Europe en se faisant passer pour des réfugiés. Deux des kamikazes qui se sont fait exploser en novembre au Stade de France près de Paris sont soupçonnés d'avoir agi de la sorte, en passant par une île grecque, avec des passeports dérobés en Syrie.

L'affaire de l'assaillant du commissariat parisien est susceptible d'alimenter davantage les critiques à l'égard de la politique d'ouverture aux réfugiés de la chancelière Angela Merkel, dont le nombre d'arrivées en 2015 a dépassé le million.

Mme Merkel a annoncé ce week-end des expulsions facilitées pour les demandeurs d'asile enfreignant la loi, sous la pression des agressions en série contre des femmes à Cologne le soir du Nouvel An, pour lesquelles des réfugiés et immigrants illégaux sont «en grande partie» suspectés, selon la police locale.

Le nombre de plaintes à Cologne a grimpé à 516, dont 40% pour des agressions sexuelles, et à Hambourg à 133, selon les derniers décomptes de la police dimanche.

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