Il y a dix ans, le terrorisme frappait Londres

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Le maire de Londres Boris Johnson (premier plan) et le premier ministre David Cameron.

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Edouard GUIHAIRE, Jessica BERTHEREAU
Agence France-Presse
LONDRES

Le 7 juillet 2005, quatre kamikazes ayant grandi au Royaume-Uni se faisaient exploser dans les transports en commun londoniens, fauchant 52 vies. Le pays rendait hommage mardi aux victimes, en y associant les 30 Britanniques morts récemment dans l'attaque de Port El Kantaoui en Tunisie.

Les commémorations ont débuté à Hyde Park avec le dépôt de plusieurs couronnes de fleurs devant le mémorial des attentats. Les deux premières ont été placées par le premier ministre David Cameron et le maire de Londres Boris Johnson.

Les auteurs des attentats ont «raté leur objectif», a déclaré ce dernier. «Londres est devenue encore plus cosmopolite, encore plus accueillante».

Un service religieux s'est tenu en milieu de journée en la cathédrale de Saint-Paul, en présence de familles des victimes et rescapés ainsi que de David Cameron et de Tony Blair, premier ministre à l'époque.

Quatre cierges - portant le nom des quatre endroits où les bombes ont explosé il y a dix ans - ont été allumés.

À Tavistock Square, où l'un des kamikazes s'est fait sauter dans un bus, une vingtaine de bouquets avaient été déposés près de la plaque commémorative. «À notre fille adorée Shyanu. Quand le ciel prit notre ange, il laissa deux coeurs brisés», pouvait-on lire sur l'un d'entre eux.

Une minute de silence a été observée dans l'ensemble du pays à 11 h 30 (6 h 30, heure de Montréal), marquée notamment par l'arrêt des bus à Londres. Autour de Saint-Paul, des dizaines de touristes et de Londoniens se sont interrompus pour se recueillir quand les cloches de la cathédrale ont sonné 11 h 30.

Quatre kamikazes britanniques

Le jeudi 7 juillet 2005, à 8 h 50, trois islamistes britanniques déclenchent leurs bombes en l'espace de 50 secondes dans trois rames de métro. Un quatrième fait de même à 9 h 47, dans un autobus.

Outre les 52 morts, l'attaque fait 700 blessés. Le mentor du commando, Mohammed Sidique Khan, un Britannique d'origine pakistanaise, entendait «venger» ses «frères et soeurs musulmans» victimes à ses yeux d'«atrocités».

«Dix ans après les attentats de Londres, la menace terroriste continue d'être aussi réelle que mortelle» a souligné David Cameron en référence «aux meurtres de 30 Britanniques» qui se trouvaient en vacances en Tunisie, dans un communiqué et sur son compte Twitter.

Revendiquée par le groupe État islamique (EI), l'attaque du 26 juin au sud de Tunis a fait au total 38 morts.

«Mais jamais nous ne battrons en retraite devant le terrorisme», a assuré le dirigeant conservateur, appelant à redoubler d'efforts contre la violence extrémiste et la propagande djihadiste.

«Nous n'aurions pas pu empêcher 7/7», a admis mardi dans un communiqué le patron des renseignements MI5 Andrew Parker, bien qu'il «reste vrai que nous contrecarrons la plupart des tentatives».

«C'était horrible»

Dix ans après, témoins et survivants sont toujours hantés par les images de ces attentats, à l'instar de David Boyce, qui travaillait dans le métro ce jour-là.

«La première personne que j'ai vue avait les deux jambes quasiment arrachées», a-t-il raconté à l'AFP. «Alors j'ai utilisé mes vêtements pour faire un garrot, j'ai surélevé ses jambes au-dessus du niveau du coeur (pour faciliter la circulation du sang, NDLR), je l'ai mise dans une position plus confortable et lui ai dit que les secours étaient en route».

«C'était horrible. Personne n'est préparé à voir de telles choses», a aussi témoigné Mark, un conducteur de métro.

S'ils ont profondément choqué l'opinion, les attentats du 7 juillet ont également entraîné une révision de la politique de sécurité nationale britannique, et notamment des procédures d'intervention des secours, critiqués à l'époque pour leur lenteur.

Mais le pays doit toujours répondre au défi que constitue l'éventuel retour au pays de centaines de Britanniques radicalisés, partis combattre dans les rangs de groupes djihadistes. Une menace latente qui a poussé le gouvernement à relever en août le niveau d'alerte de sécurité de «substantiel» à «grave».

Le gouvernement Cameron entend renforcer son arsenal législatif avec notamment une loi controversée obligeant les opérateurs de téléphonie et fournisseurs d'accès internet à livrer à la police les données de clients.

«Mesdames et messieurs, merci de respecter la minute... (PHOTO TIM IRELAND, AP) - image 4.0

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«Mesdames et messieurs, merci de respecter la minute de silence à l'occasion de l'anniversaire des dix ans des attentats à Londres», demandaient des panneaux lumineux à 11 h 30 locales dans l'enceinte du site à l'attention du public.

PHOTO TIM IRELAND, AP

Silence à Wimbledon

Une minute de silence a été observée mardi à Wimbledon en marge du tournoi du Grand Chelem, pour marquer les dix ans des attentats à la bombe dans Londres le 7 juillet 2005, a rapporté un journaliste de l'AFP.

«Mesdames et messieurs, merci de respecter la minute de silence à l'occasion de l'anniversaire des dix ans des attentats à Londres», demandaient des panneaux lumineux à 11 h 30 locales dans l'enceinte du site à l'attention du public.

Dans le même temps, une annonce a été formulée sur les haut-parleurs alors qu'il est prévu que les matchs du jour commencent seulement à 11 h 45 au lieu de 11 h habituellement.

Les courts et les allées, encore peu remplies, sont donc restés silencieux, les gens s'arrêtant sur place en signe de respect.

Un an après le drame, en 2006, Wimbledon avait également observé une minute de silence, sans que l'horaire des rencontres soit affecté.

Cette minute de silence intervient après celle de vendredi dernier à midi, en hommage aux victimes de l'attentat sur une plage en Tunisie, qui a fait de nombreuses victimes britanniques notamment.

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