Sarkozy pilonne la gauche en baptisant son nouveau parti Les Républicains

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Nadège PULJAK, Corinne DELPUECH
Agence France-Presse
PARIS

Nicolas Sarkozy s'est fait un procureur implacable de «la gauche», accusée de «trahir la République», en portant sur les fonts baptismaux samedi son nouveau parti, «Les Républicains», étape cruciale dans sa stratégie de reconquête du pouvoir en 2017.

Concluant, porte de la Villette à Paris, le congrès fondateur du mouvement qu'il a voulu voir succéder à l'UMP, née en 2002 de la volonté de Jacques Chirac, l'ex-chef de l'État a dit vouloir «reconstruire la République de la confiance», mot martelé sans relâche.

Mais ce n'était pas sans avoir d'abord pilonné ceux qui avaient tenté de le priver de cette dénomination.

Il est allé jusqu'à parler de «la terrifiante médiocrité «du président François Hollande. Des attaques qui «blessent inutilement le pays», a regretté le premier ministre Manuel Valls.

«De quel droit et surtout, qui pourrait nous refuser le nom de Républicains», s'est insurgé Nicolas Sarkozy, prenant la parole après une succession de discours dans le décor frugal du Paris Event Center, un parallélipidède rectangle de tôle à l'atmosphère vite étouffante.

Allusion aux procédures judiciaires intentées de divers côtés contre une «privatisation» de l'idée républicaine.

«À ceux qui nous accusent de confisquer la République, nous répondons que, s'ils ne l'avaient pas trahie, s'ils ne l'avaient pas abandonnée, s'ils ne l'avaient pas abaissée, nous n'aurions pas besoin aujourd'hui de la relever», a lancé le président du parti d'opposition.

Il succédait à la tribune à Alain Juppé, candidat à la primaire qu'il devrait rencontrer sur sa route vers l'Élysée, et qui a essuyé de copieuses huées. Le maire de Bordeaux a dit - inhabituel dans une enceinte politique - que cela «lui faisait de la peine», sans entamer sa «détermination». Pour la photo de famille finale, l'ancien Premier ministre s'était mis en arrière; Nicolas Sarkozy l'a envoyé chercher pour un côte à côte fraternel.

Le public était, avant la mi-journée, loin des 20 000 personnes annoncées au départ, pour cette grand-messe, à la fois enterrement de l'UMP et baptême des Républicains, même si les organisateurs ont, dans l'après-midi, affirmé avoir atteint ce chiffre.

Une tente censée abriter 6000 à 7000 militants supplémentaires est restée déserte.

Pas assez de cars ou de trains affrétés par une formation endettée ? L'heure était à la sobriété : pas de musique retentissante à l'entrée des vedettes, décor minimal.

Alors que Frédéric Péchenard, directeur général, assurait qu'avec 550.000 euros, le congrès coûterait cinq fois moins que celui du PS en juin à Poitiers, le trésorier du PS Jean-François Debat s'est inscrit en faux: «les trois jours du congrès de Poitiers coûteront 960 000 euros, quand une demi-journée de congrès ''Les Républicains'' coûtera 550 000 !».

Chacun avait été invité à apporter son sandwich, ou à se restaurer de fajitas dans des «food trucks» qui ont vu un ancien Premier ministre comme Jean-Pierre Raffarin faire la queue comme tout le monde.

François Fillon, autre candidat à la primaire, a lui aussi essuyé des sifflets.

Quelques écuries présidentielles accueillaient dans la fougue leur champion, comme Bruno Le Maire, auréolé de son combat contre la réforme du collège - thème qui obsédait les congressistes - mais l'assistance était sarkozyste en diable. «La primaire c'est autre chose, les jeux sont très ouverts, ce sera plus serré» que dans «cette salle très sarkozyste», a analysé le juppéiste Benoist Apparu.

La formation réinventée sera, a assuré Nathalie Kosciusko-Morizet, celle de l»'exemplarité».

«Autre nom de la France»

L'ex-ministre avait auparavant confirmé que le nom «Les Républicains» avait reçu l'aval de 83% des votes militants. Lors du scrutin électronique jeudi et vendredi, la participation n'a toutefois été que de 46%.

2017 était dans tous les esprits mais la première cible des Républicains est clairement l'élection de décembre avec aucune région hors de portée, selon la chef de file de l'Ile-de-France, Valérie Pécresse.

Des centristes ont pris la parole, en direct (Maurice Leroy assurant que «centrisme n'est pas égocentrisme») ou lors de brefs messages lus à la tribune: Jean-Christophe Lagarde(UDI) ou Hervé Morin (Nouveau centre), qui ont plaidé pour «les alliances indispensables».

Le congrès a eu aussi droit à 50 secondes d'Angela Merkel, qui, en diféré, a souhaité «une belle réussite».

Autres messages de soutien: les écrivains Jean d'Ormesson et Denis Tillinac, l'ancien ministre PS Claude Allègre, et Bernadette Chirac, ardente sarkozyste.

Immanquablement, en lançant le nom de Hollande mais surtout Christiane Taubira, les intervenants déclenchaient des huées.

L'ex-chef de l'État veut le redevenir en 2017, même si, selon un récent sondage Odoxa, Juppé, le battrait largement. Et même si, selon un autre sondage Odoxa publié samedi, 72% des Français ne veulent pas qu'il se présente.

Si aucun des candidats déclarés ou en embuscade pour la primaire ne veut se risquer pour le moment à rompre l'unité à laquelle s'est attelé Nicolas Sarkozy dès son élection à la présidence d'un parti meurtri par les affaires et les bagarres, tous refusent de voir dans cette journée une intronisation du candidat Sarkozy.

Une journée qu'Henri Guaino a résumée d'une formule: «La République, c'est l'autre nom de la France».

Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a déploré que M. Sarkozy attaque «sans relâche la gauche, délaissant (...) le Front national». Il «divise la République pour mieux s'imposer à son camp».

Pour Nicolas Bay (FN), «on voit bien que Nicolas Sarkozy est dans une démarche de revanche personnelle».

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