Djihadistes partis de France: la barre des 100 tués a été franchie

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Nicolas GAUDICHET
Agence France-Presse
PARIS

La barre des 100 morts parmi les islamistes partis de France pour mener le djihad en Syrie et en Irak a été franchie, selon un décompte des services antiterroristes français communiqué samedi à l'AFP.

Parmi les derniers décès sur les 104 désormais identifiés figure celui de deux adolescents de 12 et 14 ans qui étaient partis il y a deux ans avec leur mère, une femme radicalisée originaire de la région de Toulouse, a précisé la source sans plus de détails sur leur identité.

Le taux de mortalité parmi les djihadistes français est particulièrement élevé, relève cette source, qui la met en rapport avec les plus de 800 personnes partis en Syrie et en Irak, dont quelque 450 y sont encore contre 260 qui ont quitté la zone.

En ajoutant ceux qui ont émis le souhait de se rendre sur place ou ceux qui sont en route, 1600 personnes environ sont impliquées dans les filières djihadistes.

Les deux mineurs toulousains étaient apparus dans des vidéos de propagande djihadiste. Si l'information est vérifiée, l'un des deux a perdu la vie en mars lors de combats près de la frontière entre la Syrie et la Turquie, précise-t-on de même source.

Deux autres frères, majeurs cette fois, originaires de la région parisienne ont également perdu la vie. L'un était parti en 2013, l'autre l'a rejoint en 2014. Ils appartiennent à une famille connue. Un de leurs proches a été récemment interpellé dans une enquête antiterroriste, souligne-t-on de même source.

Parmi les derniers décès identifiés, figure également un jeune d'une petite ville de l'Hérault (sud) d'où sont originaires entre dix et vingt hommes de 18 à 30 ans partis faire le djihad, dont sept sont décédés.

Le dernier en date est l'un des auteurs du triple attentat suicide au poste-frontière de Touraibil entre l'Irak et la Jordanie, qui a fait quatre morts côté irakien, a indiqué la source. Outre le Français, deux autres francophones, un Sénégalais et un Belge, comptent parmi les kamikazes de cette attaque revendiquée le 25 avril par l'organisation de l'État islamique (EI).

Le retour dans leur pays des djihadistes est considéré par les autorités françaises comme le principal facteur de risques d'attentats sur le sol national. Sur les projets déjoués ces derniers mois, quatre ont été fomentés par d'anciens djihadistes.

Des Français soupçonnés d'atrocités 

Les auteurs des attaques de Paris en janvier, qui avaient fait 17 morts, Amédy Coulibaly et les frères Kouachi, ne semblent pas s'y être rendus. Mais plusieurs de leurs proches y sont partis et eux-mêmes ont notamment invoqué l'influence de l'EI avant d'être tués par les forces de l'ordre.

Les enquêteurs pensent que l'étudiant algérien Sid Ahmed Ghlam a pu être téléguidé par un homme installé en Syrie dans son projet présumé d'attaquer au moins une église en banlieue parisienne.

Sid Ahmed Ghlam est l'assassin présumé d'une femme de 32 ans, un crime qu'il aurait commis à Villejuif (Val-de-Marne) sur la route des attentats qu'il est soupçonné d'avoir projetés.

Selon les  derniers chiffres, quelque 125 procédures antiterroristes en lien avec la Syrie sont ouvertes en France. Sur les 166 personnes mises en examen, 113 sont en détention provisoire.

Les services d'enquête soupçonnent des Français de s'être rendus coupables d'atrocités en Syrie et en Irak.

Les enquêteurs sont ainsi convaincus que Sabri Essid, un très proche de Mohamed Merah, le tueur au scooter de Toulouse et Montauban, est le djihadiste qui apparaît sur une vidéo diffusée par l'EI début mars: on voit cet homme aux côtés d'un enfant, sans doute son beau-fils, qui exécute un homme d'une balle dans le front avant de tirer plusieurs fois sur son cadavre.

En novembre, la justice française avait ouvert une enquête après la diffusion par le groupe EI d'une autre vidéo dans laquelle les enquêteurs pensent avoir identifié deux convertis français parmi les égorgeurs de soldats syriens.

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