La presse russe sous le choc après la mort de Boris Nemtsov

«Les réactions à l'assassinat de Boris Nemtsov ont... (PHOTO IVAN SEKRETAREV, AP)

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«Les réactions à l'assassinat de Boris Nemtsov ont été extraordinaires, à la mesure de cet homme», salue lundi le quotidien Kommersant, qui voit en la mort de l'opposant la «mort de la politique».

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Agence France-Presse
MOSCOU

Au lendemain de la marche en hommage à Boris Nemtsov, qui a réuni des dizaines de milliers de Moscovites, la presse russe se faisait l'écho lundi du choc causé par le meurtre de l'opposant et ancien vice-premier ministre russe, assassiné vendredi près du Kremlin.

«Les réactions à l'assassinat de Boris Nemtsov ont été extraordinaires, à la mesure de cet homme», salue lundi le quotidien Kommersant, qui voit en la mort de l'opposant la «mort de la politique».

Plusieurs dizaines de milliers de personnes, 70 000 selon un organisateur, ont participé dimanche à Moscou à une marche en hommage à Boris Nemtsov, un nombre qui rappelle par son ampleur les grandes manifestations organisées en 2011 et 2012 contre le président Vladimir Poutine.

Son meurtre «constitue une barrière psychologique que vient de passer la Russie, et elle ne sera plus jamais la même», prévient le quotidien financier Vedomosti.

«Beaucoup de gens ont dit après l'assassinat : "Nous nous sommes réveillés dans un autre pays". Oui, et certains se sont réveillés tout court», souligne le journal, qui a renommé «Marche contre la peur» le rassemblement en hommage à Boris Nemtsov.

Alors que les autorités ont déclaré étudier toutes les pistes pour retrouver les meurtriers, certains médias mettaient au banc des accusés le «climat de peur» instauré par le Kremlin.

«Cela fait longtemps - au moins un an - que nous vivons dans un pays où la dissidence est assimilée à la trahison, pour laquelle on peut être tué», lance Vedomosti, qui rappelait que «la guerre, tout comme les tueurs à gages, est facile à lancer, mais bien plus difficile à arrêter».

Le journal d'opposition Novaïa Gazeta, qui publiait un entretien réalisé avec Boris Nemtsov en avril, a rappelé que l'opposant recevait régulièrement des menaces de mort, sans pour autant y croire.

«Eh bien oui, ils le peuvent : me tuer je ne sais pas, mais m'envoyer en prison certainement», déclarait l'opposant qui se disait «immunisé».

Pour le journal, «au lieu d'avoir un Maïdan», mouvement populaire qui a mené il y a un an à Kiev à la destitution du président ukrainien, «Moscou a obtenu le Donbass», région de l'est de l'Ukraine déchirée par les combats entre les séparatistes prorusses et l'armée ukrainienne.

Seul le quotidien populaire Komsomolskaïa Pravda dit ne pas croire à un crime motivé politiquement.

«Qui de nous tue ici pour des raisons purement politiques? Voyons, nous ne sommes pas en Ukraine (...) Pour l'argent, on tue. Pour de la politique, non», assure le journal.

Mais selon Novaïa Gazeta, peu importe, le résultat est le même : «L'assassinat de Nemtsov c'est un point de non-retour, une déstabilisation radicale de la situation politique en Russie dont les conséquences ne sont pas encore imaginables», s'inquiète le journal.

Les répercussions de son meurtre pourraient toucher jusqu'à la politique étrangère de la Russie et «devenir un solide argument en faveur des partisans d'une politique dure à l'égard de Moscou», s'alarme Kommersant.

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