Italie: Mattarella président, victoire éclatante pour Renzi

Sergio Mattarella, 73 ans, pourrait prêter serment dès... (PHOTO FILIPPO MONTEFORTE, AFP)

Agrandir

Sergio Mattarella, 73 ans, pourrait prêter serment dès le début de semaine prochaine.

PHOTO FILIPPO MONTEFORTE, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Fanny CARRIER
Agence France-Presse
ROME

Le juge constitutionnel Sergio Mattarella a été élu samedi président de la République italienne, à une large majorité, une victoire éclatante pour le chef du gouvernement Matteo Renzi.

En choisissant cet austère chrétien-démocrate de gauche qui s'est plusieurs fois heurté à Silvio Berlusconi, M. Renzi a resserré les rangs dans son Parti démocrate (centre gauche) et montré à l'ex-Cavaliere, son allié pour plusieurs réformes importantes, qu'il ne dépendait pas de lui.

M. Renzi démontre aussi sa capacité de direction. Son candidat a obtenu 665 voix des mêmes grands électeurs - 1009 sénateurs, députés et représentants régionaux - qui n'étaient pas parvenus à s'entendre il y a deux ans et avaient demandé à Giorgio Napolitano de se représenter. Âgé de 89, l'ancien communiste a démissionné mi-janvier.

Alors que M. Renzi jubilait à la buvette de l'Assemblée et lançait sur son compte Twitter : «Bon travail, président Mattarella ! Vive l'Italie !», l'intéressé, reclus chez lui depuis plusieurs jours, est resté très sobre.

«Mes pensées vont avant tout aux difficultés et aux espoirs de nos concitoyens», s'est-il contenté de déclarer, esquissant un sourire, au cours d'une brève apparition à la Cour constitutionnelle.

S'engouffrant ensuite dans sa petite Fiat Panda grise, il s'est rendu en visite privée aux fosses Ardéatines, à la périphérie de Rome, où 335 civils italiens ont été massacrés par les nazis en 1944.

«L'alliance entre les nations et les peuples a su triompher de la haine nazie, raciste, antisémite et totalitaire dont ce lieu est un douloureux symbole. La même unité en Europe et dans le monde saura triompher de ce qui veut nous entraîner dans une nouvelle ère de terrorisme», a-t-il déclaré selon les médias italiens.

Cependant, M. Mattarella a reçu des télégrammes de félicitations d'un grand nombre de responsables dans le monde, à commencer par le pape François.

Sicilien catholique 

Il doit prêter serment et prononcer un discours mardi matin. Élu pour sept ans, le président italien a des pouvoirs restreints, mais il joue un rôle important d'arbitre en cas de crise politique.

Sicilien catholique, âgé de 73 ans, M. Mattarella est entré en politique après l'assassinat par la mafia de son frère, président de la région de Sicile en 1980. Il est passé à gauche dans les années 1990, jugeant que sa famille politique se rapprochait trop de M. Berlusconi.

L'ex-comédien Beppe Grillo, chef du Mouvement 5 étoiles (M5S) contestataire qui n'est pas parvenu à peser sur le scrutin, a raillé cette personnalité effacée et austère en évoquant un président aux «50 nuances de gris».

L'élection de M. Mattarella est surtout un coup dur pour M. Berlusconi, prêt à soutenir un candidat du centre droit mais qui s'est considéré comme «trahi» par le choix de M. Renzi. Et 35 des grands électeurs de son parti Forza Italia (droite) n'ont pas suivi sa consigne de vote blanc.

Ces derniers mois, M. Renzi s'était pourtant plusieurs fois appuyé sur les voix de Forza Italia pour faire adopter des réformes rejetées par l'aile gauche du PD, à l'instar de la nouvelle loi électorale au Sénat la semaine dernière.

L'un des chefs de file de cette aile gauche du PD, Pierluigi Bersani, s'est d'ailleurs réjoui samedi : «C'est la démonstration que quand le PD est uni, il trouve la bonne solution».

«Le PD devait montrer qu'il était l'épine dorsale du système, et il l'a fait. Renzi a très bien joué», a ainsi estimé Ezio Mauro, directeur du journal La Repubblica.

Plusieurs membres de Forza Italia ont réclamé l'abandon de toute collaboration sur les réformes.

M. Berlusconi ne s'est pas exprimé publiquement pour l'instant, mais l'un de ses proches, Giuliano Ferrara, a estimé que même s'il «sera(it) difficile de renouer un dialogue», il n'y avait «pas d'alternative au principe de réalité».

Le chef du gouvernement «a derrière lui un parti à nouveau compact et face à lui un centre droit en miettes», a noté le journaliste politique Giancarlo Satalmassi.

«Et si l'économie repart (comme cela devrait être le cas...), les jeux sont faits : l'Italie a changé de visage», a-t-il ajouté.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer