Turquie: 100 millions de dollars pour la fondation du fils d'Erdogan

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Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, en compagnie de son fils Bilal et de sa fille Sumeyye, à Ankara, le 30 mars.

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Agence France-Presse
Ankara

Une fondation dirigée par un des fils du premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, mise en cause dans l'enquête anticorruption qui éclabousse son gouvernement, a reçu plus de 100 millions de dollars de dons, a confirmé jeudi le gouvernement turc.

De 2008 à 2012, cette Fondation pour l'éducation (Türgev) a bénéficié de 99,999 millions de dollars de versements de l'étranger et de 14,1 millions de Turquie, a indiqué le vice-premier ministre Bülent Arinç dans une réponse à une question écrite d'un député de l'opposition.

M. Arinç n'a pas précisé la provenance de ces dons dans sa réponse.

La Türgev, dont Bilal Erdogan, 34 ans, est l'un des membres du conseil d'administration, est chargée de fournir des logements et des bourses aux étudiants turcs.

Les procureurs initialement responsables de l'enquête de corruption lancée le 17 décembre, tous mutés depuis, ont soupçonné le fils du chef du gouvernement de trafic d'influence dans le cadre de ses fonctions à la Türgev.

Bilal Erdogan a finalement été entendu comme simple témoin quelques semaines plus tard par un autre procureur, sans être poursuivi.

Le premier ministre a catégoriquement démenti ces accusations. «Si un de mes enfants était impliqué dans une telle affaire, je l'aurais immédiatement renié», a-t-il déclaré.

En février, des comptes-rendus de conversations téléphoniques piratées entre M. Erdogan et son fils ont été diffusées sur l'internet. Dans l'une d'elles, le chef du gouvernement conseillait à son fils de se débarrasser rapidement de plusieurs dizaines de millions d'euros, quelques heures après le premier coup de filet policier qui a lancé l'enquête.

M. Erdogan accuse depuis des mois ses anciens alliés de l'organisation du prédicateur musulman Fethulah Gülen d'être à l'origine de ces accusations et de comploter contre lui.

Après sa victoire aux élections municipales du 30 mars, il a promis de régler son compte à l'organisation de M. Gülen, qui vit aux États-Unis.




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