Le futur premier ministre tchèque a été désigné

Le social-démocrate Bohuslav Sobotka se dit prêt à... (Photo David W. Cerny, Reuters)

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Le social-démocrate Bohuslav Sobotka se dit prêt à adoucir la politique d'austérité prônée par l'ancien cabinet de Petr Necas.

Photo David W. Cerny, Reuters

Jan MARCHAL
Agence France-Presse
Prague

Le président tchèque Milos Zeman a mis un terme à plusieurs mois de crise gouvernementale illustrée par des élections anticipées fin octobre, en annonçant vendredi la prochaine nomination du social-démocrate Bohuslav Sobotka à la tête d'un nouveau gouvernement de centre gauche.

«La nomination aura lieu vendredi prochain», a déclaré M. Zeman à la presse.

Le futur cabinet de M. Sobotka succédera au gouvernement provisoire de Jiri Rusnok, mis en place après la chute en juin du cabinet de centre droit de Petr Necas à la suite d'une série de scandales.

Il comptera huit ministres sociaux-démocrates du CSSD, six du parti populiste ANO et trois chrétiens-démocrates (KDU-CSL).

Le programme de ces trois partis, qui bénéficient d'une majorité solide de 111 des 200 sièges au sein de la Chambre basse, est axé sur la croissance et la création d'emplois.

«Je pense que l'on peut s'attendre à une amélioration du fonctionnement de l'État, en ce qui concerne par exemple la lutte contre la corruption», estime le politologue Pavel Saradin de l'Université d'Olomouc (est), interrogé par l'AFP.

M. Sobotka, un juriste de 42 ans parfois jugé peu charismatique, se dit prêt à adoucir la politique d'austérité prônée par l'ancien cabinet de M. Necas, tout en maintenant le déficit des finances publiques sous le seuil des 3% du PIB fixé par l'UE.

Il promet également de ne pas augmenter les impôts au cours de la première année d'existence de son gouvernement.

«Il y a au sein du gouvernement pressenti des personnalités issues du secteur des entreprises, favorables à la débureaucratisation. Donc, un changement pourra se produire», a constaté M. Saradin.

«A Dieu ne plaise que ce cabinet réalise tous ses projets, car ceci risquerait de déséquilibrer brutalement les finances publiques», a de son côté affirmé la semaine dernière l'ex-ministre des Finances Miroslav Kalousek, du parti de droite TOP 09.

Selon la Constitution tchèque, le président nomme le premier ministre. Sur  proposition de ce dernier, il nomme ensuite les autres membres du gouvernement.

«La nomination du gouvernement pourra avoir lieu d'ici la fin janvier. On peut discuter de certaines alternatives, cette discussion aura lieu entre la nomination du premier ministre et celle du gouvernement», a affirmé vendredi M. Zeman.

Le président ne cache pas ses réticences quant à la liste provisoire des futurs ministres, établie par M. Sobotka et contenant plusieurs rivaux politiques du chef de l'État.

La Constitution n'offre pas au président le pouvoir qui lui permettrait de «bloquer la nomination du gouvernement», estime cependant M. Sobotka.

«Les réticences exprimées par M. Zeman n'empêchent pas la nomination de ces ministres», a-t-il indiqué vendredi après un entretien avec le président, soulignant que ce dernier «ne pourra refuser un candidat à un poste ministériel que s'il dispose de graves arguments juridiques ou constitutionnels ce qui n'est pas le cas».

De son côté, le chef d'ANO, le richissime homme d'affaires Andrej Babis qui est candidat aux Finances, fait face à des accusations de collaboration avec la police secrète (StB) de l'ancien régime communiste avant 1989.

M. Zeman conditionne sa nomination par l'adoption en première lecture d'une nouvelle loi sur la fonction publique, censée remplacer la loi d'épuration en vigueur depuis la chute du régime communiste en 1989.

La Chambre basse doit se pencher sur cette loi à partir du 21 janvier.

Membre de l'UE mais pas de la zone euro, la République tchèque (10,5 millions d'habitants) est sortie au deuxième trimestre d'une récession de 18 mois. Au troisième trimestre 2013, son PIB a enregistré une hausse de 0,2%.

La banque centrale tchèque prévoit une contraction du PIB de 0,9% en 2013, autant qu'en 2012, avant une reprise à +1,5% en 2014.

Selon l'analyste économique Jindrich Sidlo, le nouveau gouvernement «ne prendra aucune décision importante avant le 1er janvier 2015, l'année en cours étant celle de plusieurs élections», européennes, puis municipales et sénatoriales en République tchèque.




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