L'Ukraine suspend la livraison de marchandises vers la Crimée

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La Crimée est déjà confrontée depuis dimanche à une coupure quasi totale de l'électricité provenant d'Ukraine, à la suite d'«explosions» qui ont endommagé les pylônes des lignes à haute tension.

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Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
KIEV

Kiev a décidé lundi de suspendre les livraisons de marchandises vers la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par la Russie en mars 2014, mais dépendante de l'Ukraine pour ses besoins vitaux et déjà confrontée depuis ce week-end à une coupure d'électricité quasi totale.

Accusés de ne pas faire assez pour que la Crimée revienne dans le giron de l'Ukraine, le président Petro Porochenko et son premier ministre Arseni Iatseniouk ont fait lundi une proposition dans ce sens qui a été approuvée au cours d'un Conseil des ministres extraordinaire.

Le chef de l'État a demandé au gouvernement de créer immédiatement un groupe de travail afin de faire cesser «les livraisons de marchandises et tous les échanges commerciaux» avec la Crimée, très dépendante de l'Ukraine notamment pour ses approvisionnements en eau et électricité.

M. Iatseniouk a laissé entendre que la suspension de ces livraisons était une réponse à la menace formulée par la Russie d'imposer un embargo sur les marchandises ukrainiennes à partir de 2016, date à laquelle sera lancée la zone de libre-échange entre l'Ukraine et l'Union européenne.

«L'Ukraine répondra de façon réciproque»», a-t-il martelé.

La Crimée est déjà confrontée depuis dimanche à une coupure quasi totale de l'électricité provenant d'Ukraine, à la suite d'«explosions» qui ont endommagé les pylônes des lignes à haute tension.

À Sébastopol, base de la flotte russe de la mer Noire, même les trolleybus sont hors service depuis dimanche.

«Nous devons nous préparer au pire», a écrit sur son compte Facebook le premier ministre de la Crimée Sergueï Axionov en mettant en garde que le «black-out» pourrait durer jusqu'à la fin décembre.

Le ministre ukrainien de l'Énergie Volodymyr Demtchichine a souligné qu'il était impossible de réparer les lignes de haute tension dans l'immédiat, car des installations «pourraient être minées».

Les autorités de la péninsule ont accusé Kiev d'être responsable de la destruction des quatre lignes ukrainiennes de haute tension qui fournissaient la Crimée en électricité.

Kiev a assuré ne pas connaître les responsables, car l'enquête était «en cours».

«Agir par tous les moyens»

Des Tatars de Crimée, une minorité musulmane majoritairement opposée à l'annexion, manifestaient au pied des pylônes depuis samedi, et appelaient à un blocus de la péninsule pour protester contre l'arrestation de plusieurs membres de leur communauté.

Depuis fin septembre, plusieurs centaines de Tatars et de militants de l'extrême droite ukrainienne avaient déjà organisé un blocus des marchandises ukrainiennes transportées par la route à destination de la Crimée.

Pour le politologue ukrainien indépendant Volodymyr Fessenko, la décision du gouvernement ukrainien est une réponse aux revendications des Tatars «qui sous le coup de l'émotion ont commencé à agir par tous les moyens possibles».

L'Ukraine veut également ramener l'annexion de la Crimée à l'agenda international, monopolisé par le conflit en Syrie et la menace djihadiste, ajoute l'expert.

Vladimir «Poutine veut que la communauté internationale oublie la Crimée, que ce sujet disparaisse des débats (...) L'Ukraine cherche à empêcher cela», explique M. Fessenko.

L'annexion de la Crimée par la Russie est intervenue en mars 2014, peu après le mouvement de contestation pro-européen du Maïdan réprimé dans le sang et qui a provoqué la chute du régime prorusse du président Viktor Ianoukovitch.

Elle a été suivie par le déclenchement dans l'est d'un conflit opposant séparatistes prorusses et soldats ukrainiens qui a fait plus de 8000 morts depuis avril 2014.

Kiev et les Occidentaux ont accusé la Russie de soutenir la rébellion et d'intervenir militairement, ce que Moscou dément catégoriquement.

Un responsable ukrainien du ministère de l'Intérieur, Ilia Kiva, présent à la frontière avec la Crimée a indiqué lundi à l'AFP que les forces ukrainiennes dans cette zone «étaient en état d'alerte».

Il a affirmé que les forces russes avaient déployé des chars et des lance-roquettes multiples Grad dans la péninsule, non loin de la frontière avec la partie continentale de l'Ukraine.

Il était impossible de vérifier ces informations de source indépendante.

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