Nouveaux affrontements dans l'est de l'Ukraine

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Le conflit dans l'Est a conduit à une confrontation sans précédent depuis la Guerre froide entre la Russie et les Occidentaux, et les relations entre Moscou et Kiev sont au plus bas.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Laetitia PERON
Agence France-Presse
KIEV

Six soldats ont été tués au cours des dernières 24 heures dans l'est séparatiste prorusse de l'Ukraine, les autorités de Kiev disant redouter une escalade tandis qu'un de leurs consulats a été la cible de projectiles dans le sud de la Russie.

L'est de l'Ukraine a connu une flambée des violences la semaine dernière qui a fait une trentaine de morts près de Mariïnka, ville sous contrôle des forces gouvernementales et théâtre, selon Kiev, d'une offensive des séparatistes.

Depuis, l'intensité des combats a largement baissé, mais des incidents meurtriers ont encore eu lieu cette semaine, frappant également des civils.

«Vers Donetsk, la situation reste très instable près de l'aéroport. L'ennemi a recours à des chars, à des véhicules blindés et à de l'artillerie lourde», a affirmé le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko lors d'un point de presse.

«Des tirs de mortier et d'artillerie ont visé nos positions près de Mariïnka et de Krasnogorivka», à une vingtaine de kilomètres de Donetsk, a-t-il ajouté, précisant que des drones des rebelles avaient survolé la zone de conflit à 19 reprises vendredi.

De leur côté, les rebelles ont accusé les forces de Kiev d'avoir violé en 24 heures à 99 reprises le cessez-le-feu, entré en vigueur le 15 février suite à la signature des accords de paix de Minsk 2.

La mission de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui surveille la situation en Ukraine, a, elle aussi, rapporté dans un rapport publié vendredi que le «niveau de violence au sein et aux alentours de l'aéroport de Donetsk restait élevé».

La récente flambée des violences a renforcé les craintes d'une escalade dans ce conflit qui a déjà fait plus de 6400 morts depuis son déclenchement en avril 2014, alors que les efforts diplomatiques pour relancer le processus de paix prévu par les accords de Minsk ont été pour l'instant vains.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie d'armer les séparatistes et d'avoir déployé des troupes régulières. Moscou dément toute implication de son armée, reconnaissant la présence de volontaires russes partis soutenir les combattants séparatistes.

Le conflit dans l'Est a conduit à une confrontation sans précédent depuis la Guerre froide entre la Russie et les Occidentaux, et les relations entre Moscou et Kiev sont au plus bas.

Les États-Unis sont en passe d'entreposer des armes lourdes, y compris des chars pour jusqu'à 5000 hommes, dans plusieurs pays baltes et d'Europe de l'Est, pour être en mesure de contrer une éventuelle agression russe, selon le New York Times.

Si la proposition du Pentagone est acceptée par l'exécutif américain, les États-Unis entreposeront pour la première fois des armes lourdes dans ces pays qui ont récemment adhéré à l'OTAN, affirme samedi le quotidien qui cite des sources américaines et alliées anonymes.

Consulats pris pour cible

Signe de ces tensions, deux représentations diplomatiques, une russe et une ukrainienne, ont été récemment prises pour cible.

Dans la nuit du vendredi au samedi, une centaine de personnes ont lancé des oeufs et des tomates sur un consulat général d'Ukraine à Rostov-sur-le-Don, grande ville du sud de la Russie, située à moins de 100 km de la frontière ukrainienne.

Selon les images diffusées par la télévision russe, quelques fenêtres ont aussi été brisées. La police locale a annoncé «enquêter» sur les faits.

Réagissant, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkine a dénoncé l'oeuvre de «barbares». «La police a laissé le temps aux barbares d'agir. L'agression russe a-t-elle une fin?», a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Cet acte intervient alors que jeudi, le consulat général de Russie à Kharkov, dans l'est de l'Ukraine, a été vandalisé par un groupe d'inconnus alors que s'y tenait une réception en vue du jour de la Russie, jour férié célébrant la déclaration d'indépendance du pays.

«Un groupe de vandales, avec la connivence des forces de l'ordre ukrainiennes, a attaqué le consulat. L'emblème de la Russie a été profané et le bâtiment a subi des dommages importants», a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, dénonçant une «provocation honteuse» et une «violation grave des obligations internationales de l'Ukraine».

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