Les violences se poursuivent dans l'Est ukrainien

Des rebelles prorusses tirent au mortier en direction... (PHOTO MAXIMILIAN CLARKE, ARCHIVES AP)

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Des rebelles prorusses tirent au mortier en direction des troupes ukrainiennes, au nord-est de Debaltseve, le 11 février.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Olga NEDBAEVA
Agence France-Presse
KIEV

Les violences ne connaissaient pas de répit dans l'Est séparatiste prorusse de l'Ukraine vendredi, avec au moins 18 militaires et civils tués ces dernières 24 heures, alors qu'un nouveau cessez-le-feu, prévu par les accords de paix signés la veille à Minsk, doit entrer en vigueur dimanche.

Le texte, dit «Minsk 2», arraché au terme de seize heures de négociations entre les dirigeants russe, ukrainien, français et allemand, a fait naître «une lueur d'espoir», après que les affrontements ont atteint des niveaux critiques ces dernières semaines, portant le bilan des morts à près de 5500 en dix mois.

Mais de nombreux responsables ont fait part de leur méfiance quant à sa mise en oeuvre.

«Je ne veux pas donner de faux espoirs, ni qu'on pense que je suis naïf : il y a encore un long et difficile chemin à parcourir avant d'arriver à la paix», a notamment reconnu vendredi le président ukrainien Petro Porochenko. «Personne ne peut être absolument certain que les conditions d'une paix fixées à Minsk seront remplies», a-t-il ajouté.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande, qui ont participé au sommet dans la capitale bélarusse, ont dès jeudi laissé entendre qu'il y aurait des difficultés à appliquer Minsk 2 et ont menacé la Russie de lui imposer de nouvelles sanctions si la trêve échouait.

Les États-Unis ont laissé le couple franco-allemand seul sur la scène diplomatique pour parvenir à un accord sur l'Ukraine avec la Russie, mais Washington a soutenu en coulisses ses alliés européens et maintient la pression sur Moscou.



Bataille pour une ville stratégique

Sur le terrain, onze soldats ukrainiens ont été tués et 40 blessés, a indiqué vendredi un porte-parole militaire ukrainien, Andriï Lyssenko.

Dans la matinée, un de ses homologues avait souligné que c'était autour de Debaltseve, noeud ferroviaire stratégique à mi-chemin entre les capitales des «républiques» rebelles de Donetsk et de Lougansk, où les troupes ukrainiennes sont quasiment encerclées par les rebelles, que la situation était «la plus difficile».

Plusieurs analystes pensent que les séparatistes vont tenter de reprendre Debaltseve d'ici à l'entrée en vigueur du nouveau cessez-le-feu.

Une source ukrainienne proche des négociations de Minsk a indiqué à l'AFP que l'instauration de la trêve dimanche était d'ailleurs «un compromis, car les Russes voulaient une semaine».

Mais le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a affirmé que la Russie voulait établir un cessez-le-feu «immédiat» et non le 15 février, date qui a été retenue, selon lui, sous la pression des insurgés.

Les bombardements ont aussi repris à Lougansk, provoquant la mort de trois civils, d'après la mairie de la ville.

Deux autres civils ont été tués à Shchastya, une ville contrôlée par l'armée ukrainienne située à vingt kilomètres au nord de Lougansk, et deux dans la région de Donetsk.

Dans ce fief des rebelles, les tirs d'artillerie qui avaient repris tôt vendredi matin se sont intensifiés dans l'après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP sur place qui a vu une épaisse fumée noire s'élever d'une usine. Son gardien a dit que ces bombardements avaient fait un mort et des blessés, plusieurs maisons du quartier ayant aussi été touchées.

Scepticisme général

De l'avis général, l'accord de Minsk 2 n'est qu'un semblant de paix qui ne prévoit pas de mécanismes concrets pour régler les questions litigieuses, en particulier le contrôle de la frontière par laquelle l'Ukraine et les Occidentaux accusent la Russie de faire transiter armes, combattants et troupes régulières.

Le chef de la diplomatie ukrainienne Pavlo Klimkine a par ailleurs reconnu vendredi devant les députés qu'il n'y avait «malheureusement pas de date» fixée pour le retrait des forces étrangères du territoire ukrainien.

Le sort de Nadia Savtchenko, détenue en Russie et dont Kiev réclame la libération, reste aussi en suspens. Malgré l'annonce dans Minsk 2 d'un échange des prisonniers et des otages, le Kremlin a souligné vendredi que dans le cas de cette pilote ukrainienne seule la justice russe pouvait statuer.

«L'accord Minsk 2 a toutes les chances d'échouer dans les mois à venir et il faut s'attendre à une escalade des violences et au durcissement des sanctions cette année», estime dès lors Eurasia Group dans une note d'analyse.

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