Pressions occidentales sur Moscou après le drame de Marioupol

Marioupol, située sur les bords de la mer d'Azov,... (PHOTO ANATOLII BOIKO, AFP)

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Marioupol, située sur les bords de la mer d'Azov, est la dernière d'importance tenue dans l'Est par les forces de Kiev.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Olga NEDBAEVA, Laetitia PERON
Agence France-Presse
Kiev et Marioupol

Barack Obama promet d'accroître la pression sur Moscou et Angela Merkel prie la Russie d'intercéder auprès des séparatistes après les bombardements du port ukrainien de Marioupol qui ont fait 30 morts, tandis qu'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU a été convoquée lundi.

Le président François Hollande s'est quant à lui entretenu dimanche avec son homologue ukrainien Petro Porochenko et le président du Conseil européen Donald Tusk, et a exprimé sa «très forte préoccupation», a indiqué la présidence française à l'AFP.

Le chef de l'État français devrait s'entretenir également avec son homologue russe Vladimir Poutine lundi soir ainsi qu'avec la chancelière allemande, a-t-on précisé.

La représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini a annoncé avoir convoqué pour jeudi une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'UE, pour discuter de la suite à donner au drame de Marioupol.

Dès samedi, elle avait prévenu que l'escalade dans l'est de l'Ukraine allait «inévitablement provoquer une grave détérioration des relations entre l'UE et la Russie», accusée de soutenir les rebelles, ce que Moscou a toujours démenti.

La Lettonie, présidente en exercice de l'UE, a réclamé de nouvelles sanctions contre la Russie.

Les bombardements au lance-roquettes multiples Grad contre un quartier habité de Marioupol, et l'offensive annoncée par les rebelles contre la dernière grande ville de l'est de l'Ukraine sous contrôle de Kiev, risquent d'ouvrir un nouveau front dans ce conflit de neuf mois, qui a fait plus de 5000 morts.

Et la conquête de cette ville créerait un couloir terrestre entre la Russie et la péninsule ukrainienne de la Crimée, annexée en mars mais très dépendante de l'Ukraine pour ses approvisionnements en eau et en électricité.

M. Obama, joignant sa voix au tollé occidental provoqué par l'attaque ayant tué 30 civils et blessé une centaine, a promis «d'accroître la pression sur la Russie» en lien avec les autres diplomaties occidentales, assurant regarder toutes les options «hormis la confrontation militaire».

De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel a prié dimanche le président Poutine de «faire pression sur les séparatistes» dans l'est de l'Ukraine, selon son porte-parole, faisant état d'un entretien téléphonique des deux dirigeants.

Pour la première réaction de Moscou en 24 heures, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé dimanche que ces nouvelles violences étaient provoquées par les attaques «permanentes» de l'armée ukrainienne contre des «localités peuplées».

Le président Porochenko a assuré pour sa part, lors d'une réunion extraordinaire de son Conseil de sécurité nationale et de défense, qu'il n'y avait «pas d'alternative aux accords de paix» signés avec les séparatistes prorusses avec la participation de la Russie et de l'OSCE en septembre.

«On ne s'attendait pas à ça» 

Les drapeaux étaient en berne dimanche dans toute l'Ukraine, où M. Porochenko a décrété une journée de deuil national.

A Marioupol, ville industrielle d'un demi-million d'habitants, les habitants interrogés par l'AFP étaient sous le choc, même si la vie la vie a repris son cours habituel.

Sur les lieux du bombardement, gardés par des soldats, des habitants venaient encore dimanche regarder les dommages.

La voiture de Ioulia Kouzmina, 27 ans, qui résidait dans le fief rebelle de Donetsk mais avait déménagé à Marioupol pour «être au calme», a été détruite par des éclats, qui ont également touché son appartement.

«J'étais à la maison, j'ai couru vers l'escalier pour descendre. Si je ne l'avais pas fait, j'aurais été blessée ou tuée par des éclats», raconte-t-elle à l'AFP.

«On ne s'attendait pas à ça. C'est maintenant dangereux ici mais on ne peut pas partir car on n'a pas de laissez-passer», confie-t-elle.

«Je suis sous le choc. Où qu'on soit, les Grad peuvent nous atteindre», soupire une autre résidente de Marioupol, Zoïa Doubranskaïa.

Réunion du Conseil de sécurité 

Les observateurs de l'OSCE présents sur place ont conclu samedi que les tirs avaient été effectués depuis des positions contrôlées par les rebelles. Les roquettes sont tombées à 400 mètres d'un check-point de l'armée ukrainienne.

Le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra lundi à 15h00 à la demande de la Lituanie une réunion spéciale sur le regain de violences en Ukraine, ont indiqué dimanche des diplomates.

Les 15 membres du Conseil n'avaient pas réussi samedi à se mettre d'accord sur une déclaration pour dénoncer les attaques sur Marioupol.

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