L'UE et l'OTAN multiplient les mises en garde envers Moscou

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Mais l'aggravation de la situation dans l'Est de l'Ukraine et les nouvelles tensions avec Moscou pourraient les contraindre d'en discuter dès leur sommet informel le 12 févier à Bruxelles

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Agence France-Presse
BRUXELLES

L'Union européenne étudie la possibilité de convoquer une réunion extraordinaire de ses ministres des Affaires étrangères la semaine prochaine pour sanctionner l'offensive lancée par les rebelles prorusses dans l'est de l'Ukraine, ont indiqué samedi à l'AFP des sources proches du dossier.

Le chef de la diplomatie lettone, Edgars Rinkevics, a officiellement demandé samedi la convocation d'une telle réunion à Federica Mogherini, la responsable de la diplomatie européenne, qui a entrepris des consultations en ce sens, a-t-on expliqué.

Mme Mogherini s'est informée samedi auprès du président ukrainien Petro Poroshenko de la situation après les bombardements contre la ville portuaire de Marioupol, contrôlée par Kiev, selon sa porte-parole Maja Kocijancic.

La Lettonie assure la présidence semestrielle des réunions ministérielles de l'UE, mais la convocation du conseil des ministres des Affaires étrangères est une compétence de Mme Mogherini.

Edgars Rinkervics et son homologue lituanien Linas Linkevicius ont réclamé samedi l'adoption de nouvelles sanctions contre la Russie dans des messages postés sur leurs comptes twitter.

Le dirigeant de la république autoproclamée de Donetsk, Alexandre Zakhartchenko, a annoncé samedi avoir lancé une offensive contre le port stratégique de Marioupol.

L'UE a appelé la Russie à cesser tout soutien aux rebelles prorusses dans l'est de l'Ukraine. Federica Mogherini a averti samedi Moscou que «cette escalade va inévitablement provoquer une grave détérioration des relations entre l'UE et la Russie».

«Je demande à la Russie d'user de son influence considérable et de cesser tout soutien militaire, politique et financier aux dirigeants séparatistes afin d'éviter des conséquences désastreuses pour tout le monde», a averti Mme Mogherini.

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a également exhorté samedi la Russie de «cesser de déstabiliser l'Ukraine» et de mettre un terme à son soutien militaire, politique et financier aux séparatistes prorusses engagés dans une offensive dans l'est de l'Ukraine».

«Depuis plusieurs mois, nous avons constaté la présence de forces russes dans l'est de l'Ukraine, ainsi qu'une augmentation substantielle des équipements lourds russes tels que des chars, de l'artillerie et des systèmes avancés de défense aérienne», a-t-il souligné.

Les bombardements contre Marioupol ont fait 30 morts et plus de 90 blessés, selon des bilans encore provisoires fournis samedi à l'AFP par le porte-parole de la mairie de la ville Oleg Kalinine.

Les États membres de l'UE sont partagés sur l'attitude face à la Russie. Les durs ont imposé le maintien d'une ligne très ferme lors d'un débat stratégique sur la relation avec Moscou au cours de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères le 19 janvier à Bruxelles. Mais ils n'avaient pas obtenu l'examen de nouvelles sanctions.

Les chefs d'États et de gouvernements de l'UE devraient  décider s'ils renouvellent les premiers trains de sanctions décrétées au début de la crise ukrainienne lors de leur sommet en mars.

Mais l'aggravation de la situation dans l'Est de l'Ukraine et les nouvelles tensions avec Moscou pourraient les contraindre d'en discuter dès leur sommet informel le 12 févier à Bruxelles

Kerry demande à la Russie «la fin immédiate» de son soutien aux séparatistes

ZURICH - Le secrétaire d'État américain John Kerry a demandé samedi à la Russie de «mettre fin immédiatement» à son soutien aux séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine, qui ont annoncé avoir lancé une offensive contre le port stratégique de Marioupol.

John Kerry a également réclamé à Moscou, la «fermeture de la frontière internationale avec l'Ukraine et le retrait de toutes ses armes et combattants et appui financier», dans un communiqué depuis Zurich en Suisse après avoir assisté au Forum de Davos.

«Sinon, la pression internationale et celle des États-Unis sur la Russie et sur ses intermédiaires ne va faire que s'amplifier», a mis en garde le chef de la diplomatie américaine.

Les séparatistes prorusses ont annoncé avoir lancé une offensive contre le port stratégique de Marioupol, dernière grande ville de l'Est ukrainien sous contrôle de Kiev, où trente civils au moins ont péri samedi dans des bombardements.

M. Kerry a dit se joindre à ses homologues européens «pour condamner dans les termes les plus forts l'assaut atroce lancé par des séparatistes soutenus par la Russie contre des quartiers civils de Marioupol, une ville paisible à 25 km de la ligne de cessez-le-feu (des accords) de Minsk» de septembre dernier.

Il a réaffirmé que cette offensive représentait une nouvelle «violation des accords de Minsk». Ces textes paraphés en septembre prévoient notamment un cessez-le-feu, le retrait des armes lourdes et des échanges de prisonniers.

La conquête de Marioupol, une ville industrielle d'un demi-million d'habitants créerait un pont terrestre entre la Russie et la Crimée, annexée en mars, mais très dépendante de Kiev pour ses approvisionnements en eau, électricité et produits alimentaires.

Face au regain de violences en Ukraine, John Kerry avait déjà accusé la semaine dernière les rebelles séparatistes prorusses de vouloir se livrer à une «annexion flagrante» d'une partie de l'est du pays.

Les États-Unis et l'Union européenne ont pris une série de sanctions contre Moscou, qu'ils accusent d'appuyer la rébellion séparatiste dans l'Est ukrainien.

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