Berlin, Paris, Kiev et Moscou appellent à cesser les hostilités

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La réunion de Berlin se tenait alors que la tension militaire et diplomatique entre Kiev et Moscou a atteint des niveaux plus vus depuis l'été dernier.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Daniel ARONSSOHN, Simon VALMARY
Agence France-Presse
Kiev et Berlin

Les ministres des Affaires étrangères allemand, français, russe, et ukrainien réunis mercredi soir à Berlin ont appelé à une «cessation des hostilités» dans l'Est de l'Ukraine où des combats de plus en plus violents opposent les séparatistes prorusses à l'armée régulière.

«Les ministres appellent toutes les parties à cesser les hostilités et à retirer les armes lourdes en accord avec la ligne de contact» définie par les accords de Minsk, selon un communiqué commun diffusé à l'issue de leur quatrième rencontre à Berlin dans ce format dit Normandie.

«Je ne vais pas vous dire que nous avons effectué ici la percée décisive, mais je pense qu'il y a eu aujourd'hui des progrès perceptibles» dans les négociations pour une désescalade de la crise ukrainienne, a affirmé le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier après plus de trois heures de discussion.

«Nous nous sommes mis d'accord sur la ligne» de contact, a-t-il assuré, tout en reconnaissant qu'il fallait désormais attendre de voir si ces paroles seraient suivies de conséquences sur le terrain. Il a dit notamment espérer que la Russie utilise son influence sur les séparatistes ukrainiens.

La réunion de Berlin se tenait alors que la tension militaire et diplomatique entre Kiev et Moscou a atteint des niveaux plus vus depuis l'été dernier. À quelques heures de la réunion, le président ukrainien Petro Porochenko avait affirmé que «plus de 9000 soldats de la Fédération de Russie» se trouvaient dans son pays «avec plus de 500 chars, pièces d'artillerie lourde et véhicules de transport de troupes».

Dans l'est de l'Ukraine, des combats violents ont fait rage ces derniers jours.

«Cette réunion n'a pas réglé tous les problèmes, mais elle a permis d'obtenir un accord sur le retrait des armes lourdes de part et d'autre de la ligne de contact agréée à Minsk le 19 septembre. Le groupe de contact trilatéral se réunira dans les jours qui viennent pour mettre en oeuvre ce retrait», s'est félicité le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

«Les ministres aviseront ultérieurement en fonction du respect de cette mesure et du cessez-le-feu sur la tenue éventuelle du sommet d'Astana», a-t-il ajouté.

Lors de leur dernière rencontre à Berlin le 12 janvier, les quatre ministres avaient reporté sine die un sommet, un temps envisagé pour le 15 janvier à Astana (Kazakhstan), entre les présidents ukrainiens Petro Porochenko et russe Vladimir Poutine, sous l'égide du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel.

À Berlin, on espère que le coût exhorbitant de la guerre tant pour Kiev que pour Moscou va donner une nouvelle chance à la diplomatie.

«Annexion flagrante» selon Kerry 

Ereintée par la guerre, l'Ukraine a annoncé mercredi à Davos qu'elle avait demandé au Fonds monétaire international (FMI) la mise en place d'un partenariat à long terme, et qu'elle allait tenter de renégocier sa dette. La chute des prix du pétrole et les sanctions occidentales ont parallèlement durement frappé l'économie russe.

Mardi, Kiev avait accusé -pour la première fois depuis les accords de Minsk- l'armée régulière russe d'avoir directement attaqué ses troupes dans la région de Lougansk, qui a fait sécession, de même que celle de Donetsk, en avril.

Les troupes ukrainiennes s'y trouvaient mercredi toujours en position délicate autour de deux barrages qu'elles tenaient jusqu'alors.

A l'aéroport de Donetsk, les affrontements n'ont pas cessé non plus. Les insurgés ont fait exploser la piste d'atterrissage dans la nuit de mardi à mercredi, a indiqué le ministère ukrainien de la Défense, déplorant des «morts et blessés» dans ses rangs.

Les bombardements réguliers ont fait au moins six morts, dont cinq civils, selon l'administration régionale favorable à Kiev de Donetsk.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a accusé mercredi les séparatistes pro-russes en Ukraine de vouloir se livrer à une «annexion flagrante» d'une partie de l'est du pays.

Les États-Unis sont «particulièrement inquiets» des tentatives lancées par les rebelles de «prendre un important noeud ferroviaire» dans l'est de l'Ukraine en violation du cessez-le-feu signé en septembre, a déclaré le chef de la diplomatie américaine. D'après John Kerry, les rebelles sont parvenus à étendre d'environ 1300 km2 la zone qu'ils contrôlent.

L'Ukraine «est la ligne de front où l'on se bat non seulement pour notre intégrité territoriale, notre souveraineté et notre indépendance, mais aussi pour la sécurité européenne, pour les valeurs européennes», a lancé M. Porochenko de la tribune du Forum économique mondial de Davos, exhortant les pays occidentaux à maintenir leur soutien.

Montré du doigt par les Ukrainiens et par le président américain Barack Obama qui a déclaré mardi dans son discours sur l'état de l'Union que les «grandes puissances ne peuvent malmener les petits» et que la Russie était plus «isolée» que jamais avec une «économie en lambeaux», Moscou a durci son discours.

Aux accusations de Kiev, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a rétorqué mardi en conférence de presse par un lapidaire: «Où sont les preuves?».

Aux déclarations des États-Unis, il a répondu en fustigeant une volonté américaine de «dominer le monde». Le Kremlin a également accusé Washington de se servir du conflit en Ukraine et des sanctions économiques imposées depuis mars pour «asphyxier» l'économie russe et «renverser» le président russe Vladimir Poutine. 

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