Nouvelle réunion mercredi pour désamorcer les tensions

Lundi, après une dizaine de jours d'escalade dans... (Photo Oleksandr Stashevskiy, AFP)

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Lundi, après une dizaine de jours d'escalade dans les combats, les services de sécurité et le premier ministre ukrainiens ont affirmé que 700 soldats russes et du matériel militaire étaient arrivés dans l'est séparatistes de l'Ukraine.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Laetitia PERON, Simon VALMARY
Agence France-Presse
Kiev et DONETSK

Les chefs de diplomatie ukrainien, russe, allemand et français ont convenu de se réunir mercredi à Berlin face à l'urgence posée par le regain des combats dans l'Est séparatiste prorusse de l'Ukraine, qui alimente également les vives tensions entre Kiev et Moscou.

Cette réunion, décidée en fin de journée après de multiples discussions, «vise à empêcher une nouvelle aggravation de la confrontation militaire et une nouvelle escalade politique entre Kiev et Moscou», a précisé le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier.

Selon le chef de la diplomatie allemande, elle a été demandée par les Ukrainiens et les Russes, dont les relations houleuses se sont encore dégradées ces derniers jours.

Lundi, après une dizaine de jours d'escalade dans les combats, les services de sécurité et le premier ministre ukrainiens ont affirmé que 700 soldats russes et du matériel militaire étaient arrivés dans l'est séparatistes de l'Ukraine. Moscou a catégoriquement démenti mardi.

«Les accusations de Kiev hier (lundi) sur de soi-disant incursions de groupes de soldats russes par la frontière russo-ukrainienne ne méritent aucune réaction. C'est une absurdité totale», a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

Selon M. Konachenkov, ces «hallucinations» des autorités ukrainiennes ne visent qu'à susciter la sympathie de leurs soutiens occidentaux avant le Forum économique mondial de Davos (Suisse), qui se tient de mercredi à samedi et auquel participe notamment le président ukrainien Petro Porochenko.

Ces accusations alimenteront en tout cas les discussions de mercredi entre les ministres des Affaires étrangères des quatre pays du format dit «Normandie» (Ukraine, Russie, France, Allemagne) qui tentent depuis plusieurs semaines d'aplanir leurs différences pour permettre la tenue d'un sommet de paix constructif au Kazakhstan entre les présidents Poutine et Porochenko sous l'égide du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel.

Leur dernière réunion, le 12 janvier à Berlin, avait débouché sur un constat d'échec et le report sine die de ce sommet, initialement envisagé le 15 janvier.

Situation floue à l'aéroport

La réunion de mercredi s'annonce tout aussi difficile. «Pour le moment, la préparation d'un tel sommet ne semble pas possible, comme c'était le cas avant que l'Ukraine ne rouvre les hostilités», estimait le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par l'agence russe Interfax avant l'annonce du rendez-vous de Berlin.

L'Ukraine et les séparatistes prorusses s'accusent mutuellement du regain de violences observé depuis une dizaine de jours, qui a culminé ce week-end avec de féroces combats sur l'aéroport de Donetsk et l'arrivée de chars ukrainiens pour repousser une offensive rebelle.

Plusieurs ambassadeurs occidentaux à Kiev estiment toutefois qu'elles ont été initiées par les séparatistes. «Nous sommes inquiets de l'escalade des hostilités qui ont été provoquées par des proches de la Russie ces derniers jours», a ainsi déclaré l'ambassadeur américain Geoffrey Pyatt, en évoquant aussi «des centaines de pièces d'équipement militaire russe qui traversent la frontière internationale de l'Ukraine depuis l'automne».

Sur le terrain, la situation à l'aéroport, site en ruines, mais important stratégiquement, symboliquement et aussi possible monnaie d'échange dans des négociations, reste floue.

L'armée ukrainienne affirme depuis dimanche avoir «nettoyé» la zone. Mais les affrontements s'y poursuivent, de manière toutefois moins intense qu'en fin de semaine dernière, a indiqué à l'AFP un porte-parole militaire, Vladislav Selezniov.

«Les séparatistes ont compris qu'ils n'arriveraient pas à s'imposer directement (...) et ont donc commencé à tirer sur les localités où se trouvent les positions d'artillerie ukrainienne soutenant les soldats combattant à l'aéroport», a-t-il expliqué, citant les villages de Pisky, Avdiïvka et Tonenke.

Victimes collatérales des combats, deux habitants de Donetsk ont été tués et huit autres grièvement blessés mardi par un tir d'artillerie qui a touché un arrêt de bus, selon les autorités séparatistes locales.

Dans la région voisine de Lougansk, des tirs de mortier rebelles ont touché un immeuble d'habitation à Chtchastie, faisant plusieurs blessés, a indiqué le gouverneur pro-Kiev de ce territoire.

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