Les Ukrainiens votent pour le changement

De l'Ouest nationaliste à l'Est russophone en passant par Kiev, les Ukrainiens... (Photo ALEXANDER NEMENOV, AFP)

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Olga SHYLENKO, Serguiï BOBOK, Vassyl TROUKHAN
Agence France-Presse
KIEV, Izioum, Lviv

De l'Ouest nationaliste à l'Est russophone en passant par Kiev, les Ukrainiens votaient dimanche dans l'espoir d'un changement avec l'arrivée de nouveaux visages pro-occidentaux, mais sans illusion concernant un retour rapide à la paix dans l'Est ravagé par des mois de conflit.

«Je n'attends pas de miracles dans l'Est et dans l'économie. Il nous faudra plusieurs années pour résoudre tous les problèmes», résume Natalia Bobyr, une comptable de 42 ans.

Cette Ukrainienne soutient le mouvement Front populaire du premier ministre Arseni Iatseniouk, intronisé sur le podium du Maïdan, haut lieu de la contestation pro-européenne dans le centre de Kiev, et «qui est efficace contrairement à ses prédécesseurs».

Optimistes comme Natalia ou pessimistes comme Igor Nepop, 32 ans, pour qui «rien n'a changé» après la chute du régime corrompu du prorusse Viktor Ianoukovitch, de nombreux électeurs interrogés par l'AFP souhaitent que de nouveaux hommes politiques arrivent au pouvoir à l'issue de ces législatives anticipées convoquées par l'homme d'affaires élu en mai à la présidence, Petro Porochenko.

«La guerre et la pauvreté, ça passera, mais notre problème, c'est qu'en politique ce sont toujours les mêmes qui se partagent tout. Je veux du changement», explique Evguen, un informaticien de 27 ans dans un bureau de vote du nord de Kiev.

«Adhésion à l'Otan»

Pour Irina Mikhaliouk, 38 ans, une électrice à Kiev, l'issue du conflit dans l'Est ne dépend pas de la composition du futur Parlement, mais «de ce que veut (Vladimir) Poutine», accusé par Kiev de soutenir financièrement et militairement les séparatistes en Ukraine.

«J'espère que les nouvelles autorités leur donneront la liberté: s'ils ne sont pas bien avec nous, cela ne vaut pas le coup de les retenir au prix de la vie de milliers de nos gars», explique cette Kiévienne à propos des régions rebelles de l'Est qui ont proclamé leur indépendance en avril et où le conflit armé entre militaires ukrainiens et combattants séparatistes a fait plus de 3700 morts en six mois.

Chose inédite jusqu'à présent, deux retraitées ont confié à l'AFP voir la solution dans l'adhésion de l'Ukraine à l'Otan.

«Auparavant je ne savais pas ce que [c'était] l'Otan et maintenant après l'agression de la Russie, c'est notre unique voie» vers la paix, estime Tamara Kovalko, 62 ans, qui a voté pour l'ex-premier ministre Ioulia Timochenko qui défend activement cette idée.

«L'essentiel est d'adhérer à l'Otan parce que nous avons désormais un ennemi pour toute la vie», renchérit Lidia Gordienko, 85 ans.

Mais Maria Mastepan, 72 ans, peste contre les pro-occidentaux qui «ont détruit le pays» et a voté pour le Bloc d'opposition composé d'ex-alliés du prorusse Viktor Ianoukovitch.

«Politique moins pourrie»

À Izioum, petite ville russophone à la frontière de la région séparatiste de Donetsk, le souhait de la retraitée Nadia Fedorivna, 75 ans est simple: «Je vote pour la paix».

Stanislav Lioubovyï, un homme d'affaires de 46 ans qui avait passé deux semaines en captivité chez les séparatistes, veut «un peu plus de stabilité», mais surtout que «la politique devienne moins pourrie».

Même son de cloche chez Nani Goguenko, institutrice dans une école maternelle de 27 ans qui vote pour que le pouvoir soit «honnête et transparente».

À Lviv, bastion nationaliste dans l'Ouest, près de la frontière avec la Pologne, les électeurs veulent également «la paix» à l'autre bout du pays et que des réformes soient menées.

«Je fais confiance aux gens avec qui nous avons manifesté sur le Maïdan, ils vont réformer l'Ukraine et la mener vers l'Union européenne», dit l'étudiant Andriï Ivanski qui a voté le Front populaire du premier ministre Arseni Iatseniouk.

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