Frappe aérienne à Donetsk, crainte d'une intervention russe

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Un soldat ukrainien monte la garde à un poste-frontière de l'est du pays.

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Anna MALPAS avec Oleksandr SAVOCHENKO
Agence France-Presse
DONETSK et KIEV

Les craintes d'une intervention russe dans l'est de l'Ukraine se sont accentuées mercredi et l'OTAN s'inquiétait de la «dangereuse» présence russe à la frontière alors qu'une frappe aérienne a touché pour la première fois Donetsk, fief des séparatistes.

Alors que son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen est attendu jeudi en Ukraine, l'Alliance atlantique a dit craindre que Moscou prenne «le prétexte d'une mission humanitaire ou de maintien de la paix pour envoyer des soldats dans l'est de l'Ukraine».

«Il existe théoriquement une menace d'intervention. Nous analysons tous les scénarios possibles», a confirmé à Kiev le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko.

La Russie réclame des mesures d'urgence face à la dégradation de la situation humanitaire alors que la situation ne cesse de se détériorer sur le terrain. Selon M. Lyssenko, l'armée a perdu 18 hommes en 24 heures dans des combats dans l'Est.

À Donetsk, la nuit de mardi à mercredi a été marquée par une frappe aérienne non loin du centre-ville, la première depuis les bombardements en mai de l'armée ukrainienne pour chasser les rebelles de l'aéroport international de la ville.

L'armée ukrainienne a rejeté toute responsabilité pour cette frappe en affirmant ne pas avoir «bombardé Donetsk».

Moscou riposte aux sanctions

Une journaliste de l'AFP sur place a vu de profonds cratères dans le bitume sur les lieux, où selon les habitants se trouve une des bases rebelles. L'explosion a soufflé les vitres de trois immeubles de bureaux à proximité.

«Ils nous ont survolés deux fois. Après les frappes aériennes, nous avons entendu ce qui aurait pu être un tir antiaérien», a raconté à l'AFP Vladik, un résident de 18 ans.

Cette frappe n'a «pas fait de victimes civiles», selon la mairie qui fait état de trois civils tués en 24 heures dans des tirs d'artillerie touchant d'autres districts de la ville.

En début d'après-midi mercredi, des journalistes de l'AFP dans le centre-ville ont entendu le bruit de nouveaux survols d'avions à basse altitude.

«Les troupes se regroupent et renforcent les barrages. Nous nous préparons à libérer les villes» tenues par les séparatistes comme Donetsk, Lougansk ou Gorlivka, a déclaré de son côté Oleksiï Dmytrachkivski, porte-parole de l'armée ukrainienne.

Les forces ukrainiennes resserrent leur étau sur Donetsk afin de couper la ville de la frontière russe par laquelle transitent, selon l'Ukraine et les Occidentaux, armes et combattants, ce qui explique les sanctions économiques sans précédent imposées à la Russie.

En riposte à ces mesures, Vladimir Poutine a ordonné des restrictions «pour un an» sur les importations de certains produits agroalimentaires en provenance des pays sanctionnant la Russie. Le gouvernement et l'agence responsables des produits agricoles ont dit qu'ils établiraient la liste des produits concernés dans les plus brefs délais.

20 000 soldats russes selon l'OTAN

La Russie avait fait monter la pression à la frontière lundi en y lançant des manoeuvres militaires impliquant une centaine d'avions de combat. Elles ont été dénoncées comme des «provocations» par Kiev et Washington.

Selon l'OTAN, le nombre de militaires russes à la frontière ukrainienne est passé de 12 000 à la mi-juillet à 20 000 créant ainsi une «situation dangereuse», ce que Moscou a démenti.

Même son de cloche en Pologne. «Les informations que je reçois depuis une douzaine d'heures nous permettent d'estimer que la menace d'une intervention directe russe est certainement plus importante qu'il y a encore quelques jours», a déclaré le premier ministre polonais Donald Tusk.

Au cours d'un Conseil de Sécurité de l'ONU mardi, la Russie a demandé en vain des mesures humanitaires d'urgence, l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine déplorant que Kiev «continue d'intensifier ses opérations militaires».

«Les succès de l'armée ukrainienne et l'accumulation de troupes russes qui en découle renforcent les chances d'une invasion russe», a estimé Cliff Kupchan, expert du centre d'analyse Eurasia Group.

«Si Poutine juge que l'armée ukrainienne s'apprête à battre les rebelles, il va refuser de perdre l'Ukraine» et ainsi son influence sur les régions de l'Est, a-t-il ajouté jugeant le scénario d'une intervention peu probable vu «l'énorme coût économique».




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