Gaza: Kerry veut relancer les négociations de paix

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Le secrétaire d'État américain John Kerry

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Offensive israélienne à Gaza

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Offensive israélienne à Gaza

L'armée israélienne mène l'opération «Bordure protectrice», la plus importante offensive militaire contre la Bande de Gaza depuis la sanglante et controversée mission «Plomb durci» lancée en 2008-2009, qui avait fait plus de 1400 morts. »

Jo BIDDLE, Jay DESHMUKH
Agence France-Presse
LE CAIRE

Le secrétaire d'État américain John Kerry a lancé dimanche un appel ferme aux Israéliens et Palestiniens à reprendre leurs négociations de paix, lors d'une conférence des donateurs pour reconstruire la bande de Gaza ravagée par la guerre cet été.

États-Unis en tête, des pays occidentaux ont commencé à promettre leur aide financière à l'occasion de la réunion du Caire plus d'un mois après la fin de la guerre de 50 jours qui a fait plus de 2100 morts dans l'enclave palestinienne et 73 côté israélien.

M. Kerry a ainsi annoncé le déblocage de 212 millions de dollars supplémentaires pour réparer les importantes destructions subies par la petite bande de territoire palestinien soumise à un blocus hermétique d'Israël ces huit dernières années.

Mais, a-t-il insisté, le plus important est de tenter de trouver une issue politique au conflit israélo-palestinien qui dure depuis près de sept décennies.

«Un cessez-le-feu, ce n'est pas la paix. Nous devons nous rasseoir à la table (des négociations) et aider les parties à faire des choix difficiles, de vrais choix», a lancé John Kerry, en faisant référence aux pourparlers indirects engagés ces dernières semaines par les deux camps.

«Ces choix dépassent un simple cessez-le-feu parce que même le cessez-le-feu le plus durable ne peut remplacer la paix, même le cessez-le-feu le plus durable ne peut remplacer la sécurité pour Israël et un État et leur dignité pour les Palestiniens», a ajouté M. Kerry dans un vibrant appel lancé devant une trentaine d'autres chefs de la diplomatie et représentants d'une cinquantaine de pays et organisations internationales.

Le chef de la diplomatie américaine avait tenté d'impulser en 2013 un nouvel élan aux négociations de paix avant qu'elles n'échouent en avril.

Après la dernière guerre, «Gaza reste une poudrière» et ses habitants «ont désespérément besoin de voir des résultats dans leur vie quotidienne» des nouvelles promesses financières de la communauté internationale, a averti pour sa part le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

«En 2009, la communauté internationale s'était déjà réunie» en Égypte pour la reconstruction de Gaza --dévastée par trois guerres ces six dernières années--, a rappelé M. Ban. «Nous avions promis notre soutien et nous étions convenus de reconstruire et, aujourd'hui, nous sommes à nouveau ici (...), le cycle construction-destructions se poursuit, il empire», a-t-il regretté.

Présent au Caire, le président palestinien Mahmoud Abbas a réitéré le besoin «d'une nouvelle solution pour établir un état palestinien avec Jérusalem-est pour capitale». Il a pressé la «communauté internationale de faire le maximum pour fixer une limite dans le temps afin de mettre un terme à l'occupation (israélienne, ndlr) et entamer des négociations sérieuses».

Mais la perspective d'une relance des négociations a été fraîchement accueillie par le ministre des Affaires étrangères d'Israël, qui n'avait pas été invité au Caire.

«Il faut voir dans quel cadre et sur quels points porteraient ces négociations. Si elles ne portent que sur les exigences palestiniennes alors c'est peine perdu», a tranché Avigdor Lieberman, dans un entretien à un site d'information.

Gaza est à genoux

La bande de Gaza est à genoux après trois guerres en six ans et un blocus israélien de huit ans. Son PIB devrait s'effondrer de 20 % au cours des neuf premiers mois de 2014 par rapport à 2013.

L'Autorité palestinienne a présenté un projet de reconstruction de Gaza de 76 pages, pour un montant de quatre milliards de dollars dont la plus grande partie est affectée à la construction de logements.

Si le besoin d'argent est énorme, les motifs de réticence sont considérables au sein de la communauté internationale.

La conférence pourrait produire un montant de promesses élevé, mais «un certain pessimisme est de rigueur, les gens en ont assez de payer sans horizon politique», affirmait récemment un diplomate sous couvert d'anonymat.

Les États-Unis ont pris un engagement pour verser «une aide immédiate» de 212 millions de dollars. Avec cette somme, les États-Unis auront contribué au total à la reconstruction de Gaza pour un montant de 330 millions de dollars depuis l'été et de 400 millions en un an, selon M. Kerry.

L'Allemagne a par ailleurs promis 63 millions de dollars et la Norvège 13 millions.

Une grande partie de la communauté internationale espère pouvoir miser à terme sur une plus grande stabilité politique à Gaza avec la réconciliation récente entre l'Autorité palestinienne, dominée par le parti nationaliste Fatah de Mahmoud Abbas, et le Hamas, qui contrôle l'enclave mais est considéré comme un mouvement terroriste par Israël, les États-Unis et certains pays européens.

Le gouvernement d'union palestinien s'est réuni dans la bande de Gaza jeudi pour la première fois depuis sa formation en juin, après des années de déchirements entre Hamas et Fatah.

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