Nucléaire iranien: les tractations pourraient se prolonger mercredi

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov... (PHOTO BRENDAN SMIALOWSKI, AFP)

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Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov (au centre) avait quitté la Suisse la veille, mais il est revenu en fin d'après-midi mardi retrouver ses pairs à Lausanne, où peu d'informations filtraient sur l'état d'avancée des discussions.

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Cécile FEUILLATRE, Siavosh GHAZI
Agence France-Presse
LAUSANNE

La date butoir fixée pour aboutir à un compromis dans les négociations sur le nucléaire iranien a expiré mardi à minuit, mais plusieurs délégations, notamment américaine, ont affirmé avoir fait suffisamment de progrès pour continuer les discussions mercredi et tenter de régler les derniers problèmes.

«Nous avons fait suffisamment de progrès au cours des derniers jours pour mériter de rester jusqu'à mercredi», a déclaré la porte-parole du Département d'État Marie Harf, ajoutant qu'il restait cependant toujours «plusieurs sujets difficiles».

«On avance mais c'est compliqué, c'est long, c'est difficile, et je crains qu'on y passe la nuit», avait déclaré un peu plus tôt le chef de la diplomatie française Laurent Fabius lors d'une pause après une séance plénière qui a duré cinq heures.

«Il n'est toujours pas clair s'il y aura un accord», a estimé de son côté un diplomate allemand, décrivant «une atmosphère changeante». «Toute la journée, il y a eu des négociations difficiles sur les questions décisives», a-t-il déclaré.

Les négociateurs s'étaient fixé la date du 31 mars pour parvenir à un compromis historique sur ce dossier du nucléaire iranien qui plombe les relations internationales depuis 12 ans.

«Nos experts et diplomates travaillent sans relâche pour voir si nous pouvons parvenir à un accord. Nous continuerons bien sûr à travailler si nous continuons à faire des progrès, y compris demain, si c'est utile», a ainsi déclaré en début de soirée un haut responsable du Département d'État.

Les pays du P5+1 (États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne) et l'Iran tentent de parvenir à un accord d'étape ou à une entente de principe pour pouvoir poursuivre les négociations sur les détails de l'accord.

Ce compromis, dont on ignore encore la forme qu'il pourrait prendre (déclaration politique, document partiellement publié..) constitue une étape fondamentale sur la route d'un accord final, avec tous les détails et annexes techniques, dont l'échéance a été fixée au 30 juin.

Toujours les mêmes points d'achoppement 

L'objectif de l'accord est de s'assurer que l'Iran, dont le programme nucléaire inquiète la communauté internationale depuis le début des années 2000, ne cherchera pas à se doter de la bombe atomique, en échange d'une levée des sanctions qui étranglent son économie.

Mais les points clés qui grippent la négociation depuis des mois ne sont toujours pas complètement résolus.

En premier lieu, la durée de l'accord. Les grandes puissances souhaitent un cadre strict de contrôle des activités nucléaires iraniennes, particulièrement dans le domaine de la recherche et du développement, sur au moins 15 ans, mais l'Iran ne veut pas s'engager au-delà de 10 ans. «la question de la recherche et du développement est toujours en discussion», a reconnu Hamid Baïdinejad, l'un des principaux négociateurs à la télévision d'État. Il s'agit pour Téhéran de pouvoir développer dans le futur de nouvelles centrifugeuses plus puissantes et plus modernes pour faire de l'enrichissement d'uranium.

De même, la question de la levée des sanctions de l'ONU est aussi, depuis le début, un gros point de blocage. Les Iraniens voudraient voir tomber, dès la conclusion d'un accord, ces sanctions économiques et diplomatiques, jugées humiliantes. Or les grandes puissances veulent une levée graduelle de ces mesures liées à la prolifération nucléaire et prises depuis 2006 par le Conseil de sécurité de l'ONU.

«Beaucoup de questions liées aux sanctions ont été réglées», a cependant assuré M. Baïdinejad.

«Le détails de cela a été rédigé, mais nous sommes dans la phase finale des négociations et quelques aspects limités liés aux sanctions et quelques autres questions, notamment celle de la recherche et du développement sont toujours en discussion», a-t-il ajouté.

Un échec dans les prochaines heures ne signifierait pas automatiquement la rupture et la fin de toutes les négociations, soulignent les protagonistes de part et d'autre.

Mais tous s'accordent à dire que la situation serait beaucoup plus compliquée et difficile, un échec des discussions de Lausanne ne pouvant que conforter les opposants à un accord, de Washington à Téhéran, en passant par Jérusalem ou Riyad.

Pour la troisième journée consécutive, le Premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, est monté au créneau, affirmant qu'un accord à Lausanne ouvrirait la voie à un Iran nucléaire, et jurant qu'Israël ferait «tout» pour défendre sa sécurité.

Le chef de la diplomatie saoudienne Saoud Al-Fayçal a pour sa part accusé les grandes puissances de «court-circuiter les intérêts des États de la région en faisant miroiter à l'Iran des bénéfices dont il ne pourra pas jouir sans qu'il coopère avec les pays de la région». 

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