La communauté hispanique se mobilise contre Trump

Une piñata à l'effigie de Donald Trump décore... (ARCHIVES AP)

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Une piñata à l'effigie de Donald Trump décore un magasin de Las Vegas. Au Nevada, l'un des États clés de l'élection présidentielle de demain, le vote anticipé a vu une augmentation importante du vote latino, dont l'effet sur le résultat final pourrait être décisif.

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Jon Ralston, observateur aguerri de la scène politique du Nevada, s'est amusé samedi, sur Twitter, à modifier la déclaration incendiaire sur les Mexicains par laquelle Donald Trump a entamé sa campagne présidentielle en juin 2015 : «Ils apportent de la drogue. Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs. Et certains, j'imagine, m'empêcheront d'être président.»

Le même jour, Yvanna Cancela, directrice politique d'un important syndicat du Nevada, s'est servie du même réseau social pour ironiser aux dépens du candidat républicain à la présidence. «Tout indique que Trump aura son mur après tout. Un beau mur d'électeurs», a-t-elle écrit sous une photo montrant une longue file de personnes devant un bureau de vote de Las Vegas.

Ralston et Cancela réagissaient tous les deux au même phénomène : au Nevada, l'un des États clés de l'élection présidentielle de demain, le vote anticipé a vu une augmentation importante du vote latino, dont l'effet sur le résultat final pourrait être décisif. Augmentation relevée aussi dans d'autres États où les électeurs latinos sont nombreux, dont la Floride et l'Arizona.

Au Nevada, la participation massive des électeurs latinos du comté de Clark, qui comprend Las Vegas, a permis aux démocrates de prendre une avance de 73 000 bulletins de vote sur les républicains à la fin du vote anticipé. Ce nombre dépasse le total enregistré en 2012 quand Barack Obama a remporté cet État du Sud-Ouest avec une avance de 7 points de pourcentage.

Cette donnée a poussé Ralston à conclure que Trump aura besoin d'un «miracle» pour combler l'écart demain et vaincre Clinton au Nevada, un État qu'il peut difficilement se permettre de perdre, contrairement à sa rivale. Le candidat républicain a d'ailleurs laissé percer son irritation samedi soir en évoquant des irrégularités dans certains bureaux de vote du comté de Clark, dont les portes sont restées ouvertes vendredi jusqu'à 22 h pour permettre à tous ceux qui faisaient la queue de voter, plutôt que de fermer à 19h, comme prévu.

«C'est un système truqué. C'est un système truqué. Et nous allons le battre», a déclaré Trump lors d'un rassemblement à Reno, deuxième ville du Nevada.

La Floride, un État clé

Le magnat de l'immobilier peut encore moins se priver d'une victoire en Floride. Or, la participation des électeurs latinos de cet État a également été à la hausse durant la période du vote anticipé. Samedi, ceux-ci représentaient 14,1% des quelque 5,7 millions d'électeurs qui s'étaient déjà prévalus de leur droit de vote. En 2008, les électeurs latinos de Floride avaient déposé 9,6% des bulletins de vote lors de la période du vote anticipé.

Selon un sondage Univision publié la semaine dernière, Clinton jouit de l'appui de 60% des électeurs latinos de Floride, contre 30% pour Trump (l'écart est plus grand en faveur de la démocrate à l'échelle nationale). D'où cette déclaration de Daniel Smith, politologue de l'Université de Floride : «Si Clinton gagne la Floride, elle le devra à l'augmentation de la participation des latinos, pour autant que la tendance observée jusqu'à maintenant se maintienne [le jour du vote].»

À l'opposé du Nevada et de la Floride, l'Arizona est un objectif plus lointain pour les démocrates. Mais l'équipe de Clinton y a investi du temps et de l'argent pour mobiliser les électeurs latinos de cet État conservateur, dont plusieurs ont l'habitude de bouder l'isoloir. Résultat : le 1er novembre, le pourcentage de l'électorat latino ayant participé au vote anticipé avait doublé par rapport à la même période en 2012.

Et les électeurs blancs?

L'augmentation de la participation des électeurs latinos ne garantit pas à Clinton une victoire demain. Elle pourrait en fait être accompagnée d'une hausse aussi forte de la participation des électeurs blancs, qui tendent à favoriser Trump. Une telle hausse pourrait se manifester non seulement en Floride, mais également dans des États du Nord remportés par Obama en 2008 et en 2012. On pense notamment à l'Ohio et peut-être même à la Pennsylvanie ou au Michigan.

La hausse du vote latino ne serait pas, par ailleurs, le seul facteur crucial expliquant une victoire de Clinton. Le vote des femmes blanches ayant décroché un diplôme universitaire pourrait également s'avérer déterminant. En 2012, le candidat républicain Mitt Romney avait remporté ce groupe avec une avance de 6 points de pourcentage. Selon un sondage The Washington Post-ABC News publié hier, Clinton devance Trump de 16 points de pourcentage auprès du même groupe.

Mais la possibilité que Trump se bute à un mur latino est réelle. Et elle n'étonnerait pas le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham, qui a fait ce commentaire au New York Times, samedi : «L'histoire de cette élection sera peut-être la mobilisation du vote hispanique. Et [ces électeurs] se rendront aux urnes moins pour voter en faveur de quelqu'un que pour s'opposer à ce qu'ils considèrent comme du racisme. Trump mérite donc un trophée pour la participation des Hispaniques. Il les a mobilisés mieux qu'aucun démocrate n'aurait pu le faire.»

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